Science de l'esprit  

Biographie du 16e Karmapa

POEME 1

Hommage au maître spirituel !

O mon père et maître, foyer des Trois Racines,
Au centre de mon cœur d'où se déploie l'espace- des pures pensées,
Vous êtes la constante essence des Trois Corps
Et de la triple foi est faite ma dévotion pour vous.
Cependant notre manie éternaliste installe sa machinerie perfide
D'où les trois sphères ne sont point déracinées.
Et c'est sur cette base que les êtres vivants et moi-même
Nous nous enfonçons dans les ténèbres de l'ignorance
Que seule l'habileté des maîtres spirituels peut disperser.

Voici mon corps, cet excellent support doté de huit libertés et de dix richesses,
Mais il n'est pas moins éphémère qu'une bulle sur l'eau.
Nous en sommes bien persuadés mais notre sauvagerie ne cesse de croître.
0 père et maître, que votre compassion
Brise notre ignorance, la mienne et celle des autres êtres sensibles !

Les causes et les effets du Karma ne trompent pas, et nous l'éprouverons,
II mûrit conformément aux actes vertueux ou pêcheurs par nous adoptés ou rejetés.
Oh, quand j'y pense, combien mes parents sont malheureux !
Et nôtre-manie éternaliste issue de l'ignorance, combien persiste-t-elle !
Nous voici comme enchaînés à nos différentes actions,
Dans les geôles des distinctions entre le noir et le blanc :
Chacun, pour sûr, récoltera ce qu'il a semé…
0 mes vieilles mères, pensez-y bien, êtres sensibles,
Et ne vous méprenez pas sur la variété des causes et des effets !

Retirez-vous dans la liberté d'un lieu triplement désert
Et appliquez-vous à unir les pratiques méritoires du corps et de la parole :
Vous saurez alors que la Compassion de votre glorieux
Maître spirituel ignore toutes les distances.

Puisqu'à telle cause correspond tel effet,
Quand vous réaliserez le sens profond des deux vérités,
Les êtres sensibles qui peuplent les trois mondes
Ne se distingueront plus de cette réalisation.

Notre propre conscience absolue est perfection instantanée, sans artifice,
Et sa radieuse clarté démêle le filet du triple monde.
Cet état naturel que n'altère aucune raison intellectuelle
Est l'espace qui se déploie de lui-même ; le Corps du maître spirituel.

Sans attachement aux extrêmes du vide ou de la luminosité,
II se parfaira instantanément en substance des quatre Corps
Et nous ferons l'expérience de « notre maître spirituel et de notre propre esprit »

Mais cela n'est encore qu'une dénomination
Et l'on n'aura Jamais l'occasion de montrer qu'il s'agit d'un extrême
De là Jaillit une pure ferveur
Qui arrache nos mères des abîmes du cycle aux trois domaines.

Que les mille, deux Bouddhas des trois aspects du temps
Rendent manifeste, par le pouvoir d'un vœu prononcé
Sans support objectif, la capitale
Du Corps Absolu qui dépasse tout entendement
Et en cet absolu délivrent tous les êtres vivants !

POEME 2

Ho ! Vadjadhara, Corps Absolu, foyer de tous les Refuges
Dont mon maître spirituel n'est ultimement pas distinct,
Voici un chant né d'une intolérable ferveur,
Qu'une intolérable dévotion a fait jaillir de mon esprit :

L'état naturel, l'aise originelle, est fait de transparence et de clarté,
Mais, je ne me laisse point couler dans cette absolue trouée
Et je chois dans l'illusion d'analyser intellectuellement mes pensées qui fluctuent :
C'est alors que je me rappelle la tradition Karma kagyu.

Je passe au-delà, dans le lieu propre de la Base où ma conscience absolue et la Vacuité ne font qu'un.
Cet instant présent de conscience ordinaire,
Je ne le conçois guère plus né que libéré
Et ne l'interprète point, dans son invincible éclat, comme un objet extérieur :
Simultanément apparaissent tous les événements du cycle et de dépassement.

Telle est la merveilleuse Mahâmoudrâ, la méthode sans effort
Qui dévoile le vrai visage de ma conscience absolue, base qui d'elle-même existe,
Qui permet la maîtrise Naturelle des mouvements du cycle et de son dépassement.

Jusqu'à ce que les apparences fallacieuses du triple domaine s'effacent dans l'espace,
Jusqu'à ce que j'atteigne le Triple Corps qui de lui-même existe.
A quoi serviraient les bons souhaits pour le futur !
Tel est l'enseignement spécial des Kagyupas,
Et-en le contemplant, je continue l'oeuvre de mes précurseurs.

POEME 3

O vous qui me suivez, ô mes disciples,
Ne vous attachez pas à cette vie, songez à la prochaine !
Extérieurement la robe safran, vous pare comme les nuées de l'aurore
Mais à l'intérieur de vous-mêmes, les permissions et les interdits des trois vœux ressemblent à des cornes de lièvre.
Comme il est triste que vous ne méditiez pas sur les deux phases de la voie !
Quand demain il vous faudra mourir,
Combien les ténèbres des remords vous oppresseront-elles !

Concentrez-vous donc sur l'étude, la réflexion et la méditation
Et dressez au sommet du monde la bannière de victoire de l'école de la Pratique !
Et que les circonstances favorables à cette réalisation,
Les maîtres spirituels, les glorieux Protecteur et Protectrice, avec leurs assemblées
Contribuent à la constante réalisation de vos souhaits !

Sarvasiddhirashi !

 

<<<
Fin

La science de l'esprit > Le chemin > Le Lama > La lignée : biographie du 16e Karmapa


 

contact