| |
Histoire
de la reconnaissance de Thayé Dordjé
Shamar
Rinpoché
Rencontre
avec Chobié Tri Rinpotché
En
1986, je supervisais la construction du KIBI (Karmapa International
Bouddhist Institut) à New Delhi. Durant cette période,
je reçus la visite d'un grand maître Sakya,
Chobjé Tri Rinpoché, dont le monastère
se trouve à Katmandou au Népal. J'ai une grande
considération pour ce lama qualifié qui est
un maître de haute réalisation spirituelle.
De plus, beaucoup de personnes appartenant aux différentes
écoles du bouddhisme tibétain considèrent
Chobjé Tri Rinpoché comme un saint. Sa Sainteté
le Dalaï-Lama le tient en haute estime, ainsi que le
faisait le seizième Karmapa. J'ai moi-même
beaucoup de respect et de dévotion pour Chobjé
Tri Rinpoché, qui m'a de même montré
énormément d'affection.
Chobjé
Tri Rinpotché, après avoir écourté
une visite à un monastère Sakya à Moussurie,
est venu à New Delhi pour me rencontrer. Il voulait
me voir au plus vite pour me dire : "Peu
de temps avant que le dernier Karmapa, Rangjoung Rigpai
Dordjé, ne quitte son corps, j'ai eu un rêve,
très tôt le matin. J'ai rêvé que
Karmapa, vêtu des robes du dharma, circumambulait
le stoupa de Bodnath ; il semblait fragile et faible. Dans
le rêve, cela m'attrista et je criai. Peu de temps
après, le Karmapa nous a quittés."
Chobjé Rinpoché était venu afin de
me raconter un autre rêve, qu'il avait eu du Karmapa
tôt le matin, quelques jours avant de venir à
Delhi :
" Le Gyalwa Karmapa était habillée avec les
robes jaunes du dharma et circumambulait un stoupa. La couleur
de ses robes était claire, étincelante. Il
portait la coiffe de Gampopa et il était très
souriant. "
A midi, le jour même où il eut ce rêve,
Chobjé Tri Rinpoché reçut la visite
d'un proche venu de Lhassa qui apportait une photographie
d'un jeune garçon réputé dans la région
de Lhassa pour avoir dit : " Je suis Karmapa. " C'est pour
cela que Chobjé Tri Rinpoché était
venu me voir à Delhi.
J'ai
senti alors qu'il fallait que je me renseigne sur ce jeune
garçon pour établir une connexion avec lui.
Chobjé Tri Rinpoché me dit également
:
" Ne prenez pas de décisions sur la base de ce que
je viens de vous raconter. Les décisions doivent
être fondées sur les instructions transmises
et sur les visions et expériences de maîtres
spirituels qualifiés. Néanmoins, il me semblait
nécessaire de venir vous dire tout cela, parce que
vous êtes le Shamarpa. Dans l'histoire de la lignée
Karma Kagyu, il est bien connu que les lamas Shamarpa et
les lamas Karmapa sont considérés comme inséparables.
"
Le garçon sur la photographie était très
jeune, il avait environ trois ans. Je ne parlai de toute
cette histoire à personne.
La
visite de Lopeun Sétchou à Lhassa
Début
1987, Lopeun Sétchou Rinpoché devait partir
à Lhassa, en tant que représentant de l'Association
Népalaise Bouddhiste ;
je lui ai alors demandé de se renseigner sur l'enfant
de la photographie, ceci sans que quiconque ne soit mis
au courant de cette démarche.
Le garçon habitait à Lhassa avec ses parents
dans un quartier appelé Bakhor. Son père était
un lama Nyingma appelé Mipham Rinpoché, qui
avait deux fils, tous deux considérés comme
extraordinaires par les habitants de ce quartier.
J'ai donc demandé à Lopeun Sétchou
Rinpoché d'essayer de rencontrer la famille sans
que quiconque puisse connaître le but de sa visite.
Il revint avec des informations sur le nom de la famille,
sur les lieux et les dates de naissance des fils, etc.
Mipham
Rinpoché, le père, est la réincarnation
d'un grand maître Nyingmapa qui est également
lié à la lignée Kagyu. Lopeun Sétchou
Rinpoché découvrit que celui-ci possédait
des objets religieux ainsi qu'une lettre du précédent
Mipham Rinpoché.
Dans cette lettre, il était expliqué que sa
prochaine incarnation aurait un fils nommé Rigpai
Yéshé Dordjé.
La partie du nom Rigpai Dordjé est connectée
au dernier Karmapa, Rangjoung Rigpai Dordjé. Mipham
Rinpoché ne voulant pas se séparer de la lettre,
Lopeun séchou Rinpoché contacta un autre lama,
ami proche de Mipham, pour
convaincre celui-ci de l'autoriser à copier la lettre
à la main. L'original a donc été conservé
par Mipham Rinpoché, et j'en détiens une copie
manuscrite.
Lopeun séchou a été la première
personne que j'ai contactée pour s'informer sur le
garçon. Il n'est pas un représentant officiel,
que j'aurai mandaté pour rechercher le Karmapa,mais
comme il allait de toute façon à Lhassa et
qu'il est digne de confiance, je lui ai demandé de
rassembler des informations. Lorsqu'à son retour
il m'a fait part de ce qu'il avait découvert, je
n'ai manifesté aucune réaction. J'ai gardé
tout ceci pour moi.
D'autres
envoyés à Lhassa...
|