Science de l'esprit  

Le lama, le disciple et le lien entre les deux

Gyatrul Rinpoché

Les qualités du disciple à l’intérieur des différentes écoles

Il y a trois catégories de disciples : ceux du Theravada, du Mahayana et du Vajrayana.

En ce qui concerne le Theravada, il s’agit d’avoir du respect pour le kalianmitra, le maître que l’on décide de suivre. Cela nécessite d’être prêt à préserver ses vœux, à pratiquer la méditation et à réciter et lire des soutras. On est quelqu’un qui est très organisé et à la fois très calme. La patience est une autre des caractéristiques d’un tel disciple.

Pour ceux qui pratiquent le Mahayana, le respect, la compassion, la sagesse de l’étude, la patience, sont parmi les qualités requises. Penser à ce qui peut être bénéfique pour autrui et pour soi, avoir de l’intérêt à écouter et réfléchir au sens de la vacuité font partie des préoccupations d’un tel disciple.

Pour les pratiquants du Vajrayana, un des éléments les plus important est la dévotion envers le maître. Il faut être capable de garder des secrets, avoir un grand cœur, être patient et compassionné. Il lui faut aussi être diligent à pratiquer.

Il est difficile de rassembler toutes ces qualités. Mais, comme pour le maître, si l’on possède la plupart de ces qualités, on est alors qualifié. Si l’on est prêt à s’améliorer, à suivre les instructions du maître, si l’on a une forte dévotion envers le maître, alors on est un disciple qualifié.

Dans le passé, les maîtres testaient les disciples durant trois années, voire plus. Mais les disciples faisaient de même, pendant un temps identique. Un jour, un empereur dans l’empire Mongol reçut la visite d’un maître spirituel. Durant trois ans, ils se sont éprouvés l’un l’autre. Ceci montre combien il est difficile de trouver un maître et d’accepter quelqu’un comme disciple. Cette histoire est connue car le disciple en question est un empereur. L’histoire est faite par les gens connus.

S’en remettre à un maître spirituel et établir la connexion

Il y a deux aspects : les actions mentales et les actions physiques. Lorsque l’on va à la rencontre du maître spirituel, lorsqu’on apprend à ses côtés, on doit avoir une attitude mentale pure et juste. Nous pouvons comparer cela au fait d’aller voir le médecin lorsque nous sommes véritablement malades. Personne n’a pu nous aider à guérir jusque-là. Imaginez le type d’espoir que vous avez au cœur. Il s’agit du même type d’attitude d’esprit lorsqu’on va voir un lama. Il nous faut savoir que nous l’approchons afin d’apprendre à purifier les voiles qui sont cause de souffrance. Il nous faut donc le voir comme un médecin et nous considérer comme malades. Il nous faut comprendre la souffrance comme étant la maladie issue des trois poisons.

Trois façons de faire

Dans la pratique du vajrayana, cela se manifeste sur le plan physique dans trois domaines. Il y a tout d’abord l’offrande matérielle. Il est important de s’occuper des besoins matériels du maître. Il ne s’agit pas tant de donner ce qui nous appartient. Cela va bien au-delà de cela. Nous offrons tout, y compris notre corps, notre parole et notre esprit. On pourrait croire qu’il est nécessaire de tout offrir au maître spirituel parce que celui-ci le veut. Ce n’est pas une façon juste de voir et de concevoir l’offrande. Elle permet au disciple de réduire l’attachement et le désir qui habite son esprit. Naropa a demandé à son disciple Marpa de lui offrir de l’or. Si celui-ci avait eu une vision erronée, il aurait été perturbé et cela l’aurait empêché d’avancer sur le chemin. Marpa plein de confiance a donné son or à Naropa. A ce moment-là, celui-ci a jeté cette poudre d’or au quatre vents. Faisant l’offrande de son corps, de sa parole et de son esprit, l’étudiant se prépare à aller plus loin sur le chemin.

Ensuite, il y a le service. Ce point est important pour ceux qui sont aisés. Il leur est facile de donner des biens mais plus difficile de servir. C’est pourquoi il est important de le pratiquer. Grâce à cela il est possible de réduire l’orgueil.

Puis, il y a la pratique. Il s’agit de se souvenir de ce qu’a dit le maître et de le mettre en pratique. S’il quitte son corps, il nous est difficile de faire l’offrande et de servir. Mais il nous est possible de mettre en œuvre ses instructions. Par exemple, lorsque nous commençons à nous sentir en colère. Si nous agissons négativement, nous nous souvenons du lama et de ses paroles. Cela nous aide à garder la connexion avec le maître spirituel et ainsi d’arrêter les paroles ou les actes négatifs. Au moment de quitter son corps, le Bouddha avait tous ses disciples auprès de lui. Les arhats présents lui demandèrent qui allait prendre soin d’eux une fois qu’il serait parti. Ils l’interrogèrent pour savoir comment rester proche de lui. Le Bouddha leur dit qu’il leur laissait ses enseignements. Il leur dit d’agir en les utilisant comme guide. Il leur demanda de ne pas le considérer comme un guide personnel. Ni de faire d’offrandes d’encens et de lumière, mais bien plutôt celles de la pratique. Les représentations du Bouddha ont été très tardives. Au départ, il n’y avait que l’empreinte de son pied et l’arbre. Le premier représente sa venue en ce monde et l’arbre, son Eveil.

La dévotion


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