Science de l'esprit  

L'expérience de la méditation inspirée par Milarépa.

Lama Khedroup

Le lama

La lignée Kagyu n’est pas non plus centrée uniquement sur les pratiques tantriques. Il nous faut avoir une compréhension de ce qu’est le bouddhisme d’une manière large. Il nous faut nous pencher sur notre souffrance. Il nous faut trouver la motivation juste. Il nous faut toucher les subtilités de la vie. Ce sont les trois yanas. Le Hinayana consiste à regarder la souffrance et à trouver une discipline en y faisant face. Ensuite, il y a la recherche de la motivation élevée du bodhisattva. C’est le Mahayana. Et enfin, il s’agit de rechercher les subtilités de la vie. C’est le Vajrayana, la discipline, tantrique qui consiste à reconnaître l’essence de nos expériences. La lignée Kagyu englobe tous ces types d’approches. L’accent est particulièrement mis sur l’ami spirituel, ou ce qu’on appelle le lama. L’attitude Kagyu face à lui comprend trois facettes.

Au départ, au niveau du Hinayana, le lama est un guide. C’est quelqu’un qui est plus sage, plus développé que nous, qui a travaillé sur lui-même et qui s’est développé au travers de sa pratique. C’est pourquoi il peut nous aider. C’est quelqu’un qui n’est peut être pas encore éveillé, mais s’étant profondément remis en question, ayant traversé de nombreuses situations, c’est quelqu’un qui peut répondre à de nombreuses questions.

Ensuite, il y a l’approche du Mahayana, où le lama est alors un ami spirituel. A ce niveau, il a une communication directe avec nous. Ce peut être quelque chose de difficile à traverser. C’est quelqu’un qui s’occupe de nos affaires pour nous. Il nous renvoie nos névroses en miroir plutôt que nous donner un sédatif.

Au niveau du Vajrayana, l’ami spirituel devient un maître guerrier. Nous sommes alors des guerriers en train de s’entraîner. Ceci ne signifie pas que nous allons vaincre des ennemis et que nous allons devenir vainqueurs sur nos difficultés. Ceci signifie que nous allons nous exercer à une attitude de bravoure. C’est ce qui va nous amener à faire face aux situations telles qu’elles sont. Ceci aura pour conséquence un travail total et correct sur nous-mêmes. Et ainsi, nous pourrons voir tous les tenants et les aboutissants de la vie de façon très claire.

La tradition kagyu englobe ces trois approches. Au niveau du Hinayana, on a une attitude de confiance, au niveau du Mahayana il s’agit d’une attitude d’amitié et au niveau du Vajrayana on peut parler d’une attitude de guerrier. Les trois sont ramenés sur un seul chemin. Dans les trois cas de figure, nous sommes totalement impliqués dans la relation au lama. Sans lama il n’y a pas de cadeau spirituel. C’est quelqu’un qui nous permet de comprendre le processus Jetsun Milarepaspirituel. C’est grâce à lui que de telles opportunités et situations se présentent à nous. Si nous ne sommes pas conscients de notre souffrance et de notre confusion, c’est le travail du lama de nous le montrer. Si nous n’avons pas assez de confiance c’est son travail de la développer en nous. C’est le meilleur ami possible pour trancher avec notre saisie égoïste. Si nous avons perdu la foi dans les subtilités de nos expériences, le lama nous les représente à notre conscience.

La vie de Milarépa

Milarépa a eu une vie difficile. Son père meurt lorsqu’il est encore très jeune. Avant de mourir, il laisse sa femme et ses deux enfants aux bons soins de membres de la famille. Ils sont très avides. Ils s’approprient tous les biens et les propriétés que le père leur a laissé en garde. La mère et les enfants deviennent leurs serviteurs. Dans les peintures sur lesquelles cette histoire est racontée, on peut voir Milarépa agenouillé, les mains à plat par terre, servant de marchepied à son oncle lorsque celui-ci monte à cheval et de tabouret à sa tante lorsqu’elle trait les vaches. Il est facile d’imaginer à quel point ceci suscita d’émotions en la mère de Milarépa  ! En effet, ils menaient une vie fort agréable jusqu’à la mort du père. Ils jouissaient du bien-être qu’apporte l’aisance matérielle. Ils mangeaient bien, ils avaient un environnement agréable, étaient bien vêtus, ils vivaient dans une ambiance familiale chaleureuse. Et les voici du jour au lendemain réduits à l’état de serviteurs au sein même de leur foyer. Il leur fallait servir des gens qui les méprisaient. Comment ont ils réagi  ?

La soif de vengeance de l’ego


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