La
soif de vengeance de l’ego
La
mère de Milarépa
avait une idée de revanche
derrière la tête.
Elle voulait retrouver son foyer,
sa famille, elle souhaitait
rétablir la situation,
telle qu’elle était auparavant.
Elle poussa Milarépa
à étudier la magie
noire. C’est ce qu’il fit. Il
était bon étudiant,
studieux, sérieux et
devint apte à mettre
ce pouvoir en pratique. Un jour,
l’oncle et la tante donnaient
une fête chez eux. Il
y avait là de nombreux
amis et connaissances. Milarépa
fit apparaître d’énormes
scorpions et serpents. Alors
que la fête battait son
plein, les animaux arrachèrent
le pilier central de la maison.
La conséquence en fut
que dix huit
personnes
moururent. La tante survécut.
Nous
avons là dépeint
l’ego en plein travail, un ego
manifesté dans toute
sa dimension émotionnelle.
Nous pouvons voir à quel
point l’oncle et la tante étaient
avides et haineux. Ils se sentaient
tellement menacés par
le fait que Milarépa
allait grandir, ils avaient
tellement peur qu’il devienne
fort et prenne le dessus sur
eux, qu’ils le réduirent
à l’état d’escabeau.
La haine de la mère et
sa réaction au mépris
de l’oncle et de la tante, l’entraînait
à vouloir les tuer. Milarépa,
quant à lui, travailla
dur afin de vaincre l’oncle
et la tante et de satisfaire
le désir de vengeance
de sa mère. Bien que
cette histoire se déroule
au quatorzième siècle,
il s’agit de la façon
dont l’ego de tout un chacun
fonctionne encore aujourd’hui.
Il suffit de nous regarder.
Nous n’agissons pas de manière
aussi excessive, à savoir
en massacrant nos proches, mais
lorsque nous sommes en colère,
nous avons de nombreuses pensées
négatives. Nous avons
alors le souhait de faire du
mal aux autres. Lorsque quelqu’un
nous prend un objet, nous nous
demandons comment le récupérer.
Ou bien nous nous demandons
comment leur extorquer un objet
à notre tour. C’est le
jeu de l’ego qui tente de prendre
sa revanche sur les autres,
de les dépasser et de
les vaincre.
Milarépa
a traversé trois étapes
dans sa vie. Nous venons de
parler de la première
étape, celle de la manifestation
de l’ego dans toute sa puissance.
Il y a eu deux autres étapes
Dans la seconde, il a regretté
ce qu’il a fait, il a travaillé
sur ses tendances. La troisième
étape concerne sa réalisation.
C’est une étape où
il a pu aider de nombreuses
personnes. Nous voyons donc
que les tendances les plus négatives
de l’ego, quelles qu’elles soient,
peuvent être purifiées.
Un
profond sentiment d’échec
Milarépa
a donc tué dix huit personnes.
C’est une victoire totale. Il
avait de fortes attentes en
terme de bonheur. Il a réussi
à commettre son forfait.
Mais ce succès l’a t’il
rendu heureux, comme il s’y
attendait ? Il voulait
être fort et puissant.
Il pensait que ce type d’actions
lui procurerait beaucoup de
bonheur. Or, il s’est senti
abattu, désolé.
Il avait donné libre
cours à son ego. Nous
essayons d’être quelqu’un
de fort, plein de connaissances.
Nous pensons qu’avoir une bonne
éducation nous rendra
heureux, ou que rencontrer l’amour
de notre vie nous permettra
de l’être. Lorsque, enfin,
nous atteignons le but que nous
nous sommes fixé, nous
serons heureux pour un moment.
Mais très vite, dès
que nous réalisons nos
rêves, nous en cherchons
de nouveaux. En fait, cela ne
nous amène pas le bonheur
recherché. Milarépa
était dans cet état.
Il était vraiment abattu.
Il n’obtenait pas le respect
attendu. Les gens autour de
lui étaient effrayés.
Habituellement les voyous se
retrouvent en clan. Or, pour
ceux qui pratiquent la magie
noire il n’y a pas d’appartenance
à un groupe. Sa mère
ne lui donnait pas de soutien.
Elle a cousu un peu d’or dans
la doublure de sa veste, tout
en lui enjoignant de partir.
Milarépa
commençait à se
sentir malade. Il voyait que
ses ambitions et ses tentatives
pour atteindre le bonheur ne
donnaient pas de résultat.
C’est le début du renoncement.
Au départ l’ego perd
de sa saisie. C’est un sentiment
d’impuissance qui s’installe.
Quoiqu’on essaie, quoiqu’on
fasse, cela ne marche pas. C’est
là que l’ego commence
à vaciller et que s’enclenche
le processus de renoncement.
Il y a encore un petit espoir,
celui qui consiste à
croire qu’il y a une porte de
sortie.
A
la recherche d’un maître