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Quelques
aspects du sens du mot lama - Lama Guendune Rinpoché
Extrait du Tendrel n°5
II est dit
que même si l'on est érudit dans les Ecritures,
expert en philosophie, doué d'une intelligence aiguë,
doté de grandes capacités de compréhension
et d'analyse, aucune de ces qualités ne nous permettra
de réaliser l'état ultime, le Mahamoudra. La reconnaissance
du Mahamoudra est dite dépendre uniquement de la grâce
du lama.
Le lama n'est pas la personne ordinaire : intérieurement,
ensemble d'agrégats vénéneux, d'émotions,
enrobé de chair et d'os et recouvert au dehors d'ornements
et de soieries fines. Le lama auquel il est fait référence
décrit quelque chose d'inconcevable, dont la dimension
ne peut être appréhendée par la pensée
intellectuelle. C'est le cur de compassion, issu de la
nature de la vacuité, clarté et manifestation
inentravées ; c'est ce qui cause et inspire la prière
et par la prière individuelle est capable d'introduire
en chacun la grâce.
Le lama, c'est celui qui est capable de transférer aux
autres le Bouddha et la sagesse de la réalisation prenant
origine en Dordjé Tchang et transmise jusqu'à
ce jour par un rosaire d'or, courant de bénédiction
intact ; tout comme le contenu d'un vase est versé dans
un autre sans interruption, sans qu'aucun des liens sacrés
soit endommagé.
Pour prier le lama, il est nécessaire de développer
un état de vision pure où le lama n'est plus considéré
comme un être ordinaire, mais comme un véritable
bouddha. Même si son lama est une personne commune, le
disciple qui prie vers lui avec une grande foi, parfaitement
convaincu qu'il est un vrai bouddha, par la puissance de sa
conviction, toutes les bénédictions des Bouddhas
s'uniront en ce lama et il recevra leur grâce.
Lorsqu'on prie ou médite son lama-racine, on doit l'imaginer
sous la forme de Dordjé Tchang. Pourquoi est-ce nécessaire
? Si chacun méditait son lama sous sa forme humaine,
il risquerait de le considérer comme un homme ordinaire
et par cette vision ne pourrait recevoir que l'influence spirituelle
d'un ami spirituel, pas celle d'un bouddha. En représentant
le lama sous l'aspect du dharmakaya Dordjé Tchang, la
pensée que le lama est une divinité, un bouddha,
crée une aspiration spirituelle chez le disciple, lui
permettant de s'ouvrir à la grâce.
Même si le disciple est en présence d'un lama qui
a développé une sagesse et une réalisation
égales à celles d'un bouddha, s'il l'invoque comme
un être ordinaire, il ne recevra que la bénédiction
d'un conseiller spirituel, pas la grâce d'un bouddha.
Nombre de gens se disent : " Il me faut savoir qui
est mon lama-racine ; comment le trouver ? ". En fait ,
cette décision est l'affaire personnelle de chacun. Le
lama qui nous enseigne, celui avec qui on est en relation, celui
qui fait naître en nous la joie, c'est le lama de connexion
karmique et c'est souvent le signe que nous l'avons déjà
rencontré en des existences antérieures. Le mieux
à faire est de trouver le lama avec qui on a une telle
connexion et de le considérer comme son lama-racine.
Si le lama affirmait : "Je suis votre lama, vous êtes
mon disciple ", il se pourrait qu'il cherche un profit
pour lui-même, un succès personnel. C'est pourquoi
c'est au disciple qu'il convient de choisir. Comme il est dit:
" Le lama est le lama de tous, par la dévotion individuelle,
il devient son lama . "
Une erreur courante consiste à penser qu'il faut demeurer
tout le temps auprès du lama. Si la foi est absente,
même en restant avec lui, c'est comme s'il n'était
pas là. Mais si foi il y a, là où est la
foi, là est le lama. Tout comme la lune se reflète
dans l'eau, où qu'on imagine le lama, il est clairement
présent. Si on pense que le lama réside au sommet
de sa tête, il y est, ou qu'il demeure dans la gorge ou
dans le cur, il y est. Où que vous l'imaginiez,
il est présent. C'est ce qu'explique le terme "
inconcevable ". Lorsque la lune est dans le ciel, toutes
les étendues d'eau en reflètent l'image ; quelqu'en
soit le nombre, toutes en portent le reflet. Il faut aussi éviter
de vénérer un lama en rejetant tous les autres.
Quand vous priez votre lama-racine, pensez qu'il est indifférencié
de tous les autres : " Dans l'espace de la connaissance,
tous les bouddhas sont un. "
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