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Conseils aux pratiquants
Tobga
Rinpoché
Voici un extrait dune intervention
faite lors de la rencontre des centres Kagyus en 1997 à
Dheli. Rinpoché donnait divers conseils aux pratiquants ;
ici il explique ce que sont les enseignants.
Beaucoup
de lamas ou de khenpo tibétains enseignent le bouddhisme,
de même que beaucoup d'étrangers. Il est très
important qu'il n'y ait pas de malentendus entre ces deux groupes.
Et pour qu'il n'y en ait pas, il faut dompter son propre esprit.
Dire, par exemple, que les lamas
occidentaux ou ceux qui ne sont pas tibétains ne peuvent
pas développer les mêmes qualités que les
lamas tibétains n'est pas vrai. Le bouddha historique,
de ce point de vue, était un étranger : il était
indien. D'un autre côté, certains étrangers
déclarent que les lamas tibétains ne possèdent
absolument aucune qualité. Cela non plus n'est pas vrai.
Il y a des lamas tibétains qui ont des qualités
et il y a des lamas tibétains qui n'en ont pas. Cela dépend
de leurs antécédents, de leur éducation,
de leur pratique, etc., mais affirmer catégoriquement que
les lamas tibétains n'ont pas de qualités est faux.
Il s'agit de suivre les lamas tibétains qui ont des qualités
et déviter simplement ceux qui n'en ont pas. Il n'est
pas nécessaire d'insulter les lamas qui ne possèdent
pas certaines qualités.
Quand je regarde toutes les personnes
rassemblées ici, je vois beaucoup de Tibétains ;
il y a des lamas, des khenpos, des rinpochés, etc. je vois
aussi beaucoup d'étrangers, parmi lesquels certains enseignent
le dharma ; il est très important que de bonnes relations
s'établissent entre ces groupes. Il est extrêmement
difficile de trouver une personne ne possédant aucun défaut.
Il s'agit de déceler les bonnes qualités de chacun.
Si l'on parle sans cesse des mauvaises qualités des autres,
si l'on ne voit que cela, c'est probablement parce que l'on a
une intention spécifique en agissant ainsi. En tant que
bouddhiste, cela ne sert pas à grand-chose de parler d'une
manière de vivre non-violente. Il faut adopter un mode
de vie non-violent. On pourrait s'attendre à ce qu'une
conférence bouddhiste telle que celle-ci traite de l'adoption
d'un mode de vie non-violent et de l'obtention d'un état
de bien-être dans le but de pratiquer le saint dharma, etc.
A l'institut
Karmapa, les enseignements sont donnés par différents
professeurs et les étudiants ont ainsi la possibilité
d'apprendre le bouddhisme. Quand vous communiquerez par la suite
cette connaissance aux autres, il est important de ne pas dépasser
vos propres limites. Cela signifie qu'il ne faut pas chercher
à parler de choses que l'on n'a pas parfaitement comprises.
Il faut essayer de transmettre ce que l'on a compris. Il est impossible
à une personne de comprendre l'ensemble de l'enseignement
du bouddha, tout simplement parce que la sagesse du bouddha est
inconcevable. Par conséquent, quand il y a quelque chose
que l'on n'a pas la capacité d'aborder, on ne doit pas
tenter de le faire. Il vaut mieux essayer progressivement d'accroître
ses propres connaissances et d'améliorer sa pratique, et
l'on découvrira alors que ce processus est sans fin.
La nature de la réalité
est inconcevable. Lorsqu'on étudie la nature de la réalité
selon la philosophie bouddhiste, on peut avoir l'impression qu'il
existe des contradictions. A certains moments, les enseignements
parlent de vacuité, à d'autres de l'existence de
la sagesse, etc. Ces différents aspects peuvent sembler
contradictoires, pourtant ce n'est pas le cas. Ce sont simplement
différents aspects de ce qui, en réalité,
est inconcevable et ne peut être exprimé par des
mots. Gardez cela présent à l'esprit.
Quand on parle de diffuser le bouddhisme,
cela ne veut pas dire diffuser le bouddhisme sur un large territoire
couvrant une grande partie de la surface de la terre ; mais
cela signifie enseigner le bouddhisme ; présenter lenseignement
du Bouddha aux gens de sorte qu'il devient partie intégrante
de leur esprit.
Il est important d'avoir l'esprit
large plutôt qu'étroit. Avoir un esprit large signifie
qu'on accédera à un état d'esprit paisible,
ce que l'on tente de faire par la pratique du bouddhisme. Il faut
aborder ce processus en étudiant le bouddhisme et en domptant
son propre esprit, ce qui a pour résultat l'obtention d'un
état paisible.
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