Deuxième
chant
le chant
qui montre comment comprendre l'essence de cette précieuse
existence humaine, si difficile à obtenir.
"Bien qu'il
y ait de nombreuses ères cosmiques, parmi toutes
ces ères il est extrêmement rare d'en voir
une où le Dharma est présent et peut se
répandre ; bien qu'il existe un nombre immensurable
d'univers, rare est le monde dans lequel un Bouddha
est apparu.
Si un Bouddha
apparaît, il est extrêmement rare que son
enseignement demeure présent ; si cela est le
cas, il est extrêmement rare d'obtenir, parmi
les six classes d'êtres, une naissance humaine.
Et même
si l'on obtient cette naissance humaine, il est encore
plus rare de pouvoir naître sur le continent sud,
Djamboudvipa.
Et sur ce
continent, rares sont les pays où le Dharma est
connu et répandu."
Rinpoché
explique que, parmi toutes les formes d'existence qui
peuvent être expérimentées, l'existence
humaine est particulièrement rare et précieuse
car c'est la seule base qui permette d'entrer en contact
avec l'enseignement du Dharma. Encore faut-il que cette
existence humaine soit expérimentée dans
un monde favorable, c'est-à-dire sur cette terre.
En effet, c'est seulement sur cette terre que l'on peut
rencontrer l'enseignement. On peut obtenir une existence
humaine dans d'autres mondes où l'on jouira de
formes matérielles, de possessions, humaines
ou divines, plus développées que celles
que nous connaissons sur cette terre ; mais, dans tous
ces mondes, le Dharma est absent.
C'est seulement
ici, en cette existence humaine, sur cette terre, que
l'on peut rencontrer et pratiquer le Dharma. Et on s'aperçoit
que, sur cette terre, les pays où le Dharma est
connu et accessible sont l'exception. De plus, il faut
avoir créé les conditions suffisantes
pour éprouver de la confiance dans le Dharma
et voir cette confiance se matérialiser par la
rencontre d'un ami spirituel.
"Même
s'ils sont nés dans un pays favorable à
la pratique du Dharma, très rares sont ceux,
parmi les êtres humains de ce pays, qui disposent
de toutes leurs facultés physiques et mentales
pour pouvoir pratiquer. Et parmi ceux-ci, peu nombreux
sont ceux qui ont la conscience suffisante et la volonté
nécessaire pour accomplir le Dharma de façon
parfaitement pure.
Parmi ceux
qui aspirent ainsi à la pratique du Dharma, rares
sont ceux qui peuvent rencontrer un ami spirituel véritablement
qualifié et compétent. Et si on le rencontre,
il est extrêmement rare et précieux de
pouvoir obtenir de lui des instructions de pratique.
Si l'on a
rencontré cet ami spirituel et reçu de
lui des instructions, il est encore plus difficile de
recevoir complètement les initiations qui font
mûrir les transmissions scripturaires et tous
les commentaires détaillés nécessaires
à la pratique. Et même si on a réuni
ces deux aspects essentiels des instructions et des
initiations, il est encore plus rare et plus difficile
de pouvoir les pratiquer et les réaliser, de
pouvoir en reconnaître l'essence."
Nous-mêmes
avons la chance, en ce moment, de détenir ces
circonstances favorables et de trouver tout cela naturellement
devant nous. Mais ce n'est pas parce que c'est là
présent, apparemment sans effort, qu'il s'agit
du fruit du hasard, d'une simple chance. La présence
de ces conditions réunies est le signe d'une
activité antérieure positive : ceux qui
réunissent ces conditions ont déjà
commencé antérieurement à purifier
les voiles de leur esprit, à pratiquer les accumulations,
à se tourner vers le Lama et, en particulier,
ont fait des prières de souhaits afin de pouvoir
rester en contact avec cet enseignement. Dans cette
existence où nous avons la chance d'avoir réuni
toutes ces excellences, nous devons faire effort sur
nous-mêmes - le texte dit : "Efforce-toi de te
défaire du samsara ; si tu ne profites pas de
cette occasion, tu seras semblable à celui qui
est allé dans l'île au trésor en
ignorant qu'un trésor s'y trouvait : il est revenu
les mains vides." - sinon, incapables de voir le trésor
qui est dans nos mains, nous ne tirerons aucun bienfait
ni aucun profit de cette existence humaine.
On doit véritablement
se poser la question : "sera-t-il encore possible dans
l'avenir de réunir de telles conditions ?"
En
particulier, nous devons nous demander si nous aurons
de nouveau la chance d'être en relation avec les
enseignements du vajrayana, les enseignements insurpassables
du Véhicule de Diamant ; car il est dit dans
les enseignements que, du Bouddha Maitreya jusqu'au
millième des Bouddhas, ils ne seront plus disponibles.
Il n'y aura donc plus aucun espoir de les obtenir à
nouveau. Alors, c'est maintenant, puisque nous avons
la chance de posséder ce précieux corps
humain si difficile à obtenir, que nous devons
nous décider sans délai et nous concentrer
uniquement sur l'accomplissement de ce qui est bénéfique,
la vertu, car nous n'aurons pas beaucoup de temps pour
le faire : le moment où nous devrons laisser
ce corps n'est pas loin. Il ne sera bientôt plus
que de la nourriture pour la vermine. Il faut donc se
réveiller dès maintenant et accomplir
sans délai ce qui a un sens, sinon nous passerons
à côté de l'essentiel. En particulier,
il faut garder parfaitement purs tous les liens, les
samayas, tous les engagements et tous les voeux que
l'on a reçus, par exemple en pratiquant les Nye-Nés
les jours de pleine lune, de nouvelle lune et le huitième
jour du mois (tibétain).
Comment
peut-on encore agir de façon utile ?
On doit utiliser
ses mains et s'exercer à accomplir sans répit
des prosternations ; on doit utiliser ses jambes et
s'exercer à faire des circumambulations autour
des supports sacrés ; on doit utiliser sa langue
et réciter des textes de prière : en particulier,
on s'applique à réciter le mantra de six
syllabes. On doit utiliser ses biens, ses possessions,
ses richesses pour créer des accumulations de
mérite en faisant des offrandes aux Trois Joyaux
et en pratiquant la générosité
envers ceux qui sont démunis. On doit exercer
son esprit en méditant sur la Vacuité
et sur la Compassion.
Le corps
humain que nous utilisons est illusoire et simplement
emprunté aux quatres éléments ;
nous devons pouvoir supporter avec patience d'avoir
à le restituer. Il faudra avoir suffisamment
développé la patience pendant cette existence
humaine pour qu'au moment de la mort elle soit stabilisée
dans l'esprit, afin que nous ne souffrions pas de la
séparation d'avec ce corps et que nous soyons
pourvu de tout ce qui est nécessaire. Il est
dit : "Celui qui veut s'engager dans un voyage, s'il
possède un cheval excellent et bien chargé
de tout le nécessaire, s'il emporte avec lui
le viatique suffisant, est assuré défaire
un très bon voyage, car, toutes les provisions
étant réunies et toutes les nécessités
présentes, il ne connaîtra aucune souffrance
et n'aura rien à redouter." Il se passera la
même chose pour le voyage qu'il faudra faire au
moment de la mort.
Ceci conclut
le deuxième chant qui explique la valeur de l'existence
humaine et la difficulté à l'obtenir.
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