Nous
allons commencer par une prière qui se compose
de trois invocations.
Dans la première, nous prenons refuge en tournant
notre esprit vers le Bouddha, le refuge ultime. Etre
"bouddha" signifie avoir réalisé la nature
fondamentale de son esprit ; jusqu'à l'obtention
de l'éveil ultime, nous nous dirigeons vers ce
but.
La deuxième invocation est la "prise de refuge
dans le Dharma" qui consiste à suivre les moyens
permettant d'atteindre l'état de Bouddha.
Enfin, avec la troisième invocation, nous prenons
refuge dans la sangha, la communauté, qui revêt
deux aspects :
-
La sangha extraordinaire se référant à
tous ceux du passé, qui, parvenus à l'éveil,
continuent de guider les êtres ; on les appelle
des bodhisattvas.
-
La sangha ordinaire constituée de moines et de
nonnes portant la robe du Bouddha. Comme nous, ils cheminent
sur la voie menant vers l'éveil, nous accompagnant
et nous aidant afin de nous empêcher d'errer dans
le samsara.
Prenant
refuge en les Trois Joyaux, il nous faut développer
une motivation correcte, parfaitement pure. Cette motivation
est "l'esprit d'éveil" ou bodhicitta. Rechercher
l'éveil dans un but égoïste ne mène
pas vraiment à la bouddhéité. Pour
atteindre l'état de Bouddha, s'oublier soi-même
et développer une vision altruiste - la bodhicitta
- sont nécessaires. Toutes nos actions devraient
tendre vers la cessation de nos souffrances et de celles
de tous les êtres sans exception.
Nous pratiquons le Vajrayana. Cela implique notre rattachement
direct à une lignée de transmission d'enseignement
totalement pure, depuis le Bouddha jusqu'à nos
jours. La transmission s'effectue de Maître réalisé
à Maître réalisé. Dans le
Vajrayana, il est nécessaire d'établir
ce lien d'une manière spirituelle, en se tournant
non seulement vers une lignée authentique de
transmission, mais aussi vers un maître réellement
présent. Cette troisième invocation consiste
en la pratique du Gourou Yoga, le lien au lama et à
la lignée de transmission.
Ces invocations sont écrites en tibétain.
Les personnes ne sachant pas lire cette langue peuvent
développer la motivation d'atteindre l'éveil,
et unir leur esprit à la lignée ou au
lama.
C'est l'attitude qu'il convient d'avoir.
Qu'entend-on
par méditation ?
C'est
un état de non-distraction, de parfaite vigilance
et de clarté, dans lequel l'esprit demeure fixé
sur un support de concentration. La méditation
dans l'action implique un entraînement de l'esprit
à un certain mode de fonctionnement.
Il existe deux sortes de méditation :
-
la méditation assise
- la méditation aux travers de nos activités
quotidiennes, qui consiste à y maintenir la vigilance
et une claire conscience, ce qui nécessite de
l'entraînement.
En
général, la méditation revêt
deux aspects que l'on poursuit conjointement :
-
un aspect vaste, la réalisation de toutes les
potentialités de la nature de Bouddha qui sommeillent
en nous ; pour accéder à cet état,
il est nécessaire de suivre une voie d'entraînement
progressif.
- un aspect de pacification, dans lequel on entraîne
son esprit à demeurer dans le calme et à
s'y maintenir.
Le
chemin de l'entraînement de l'esprit permet d'obtenir
certains résultats. Lorsqu'on parle de méditation
en action, on se trouve face à des résultats
très intéressants : le fruit de notre
méditation. Lorsqu'on parle de méditation,
on parle de clarté de l'esprit ; on voit les
choses et les phénomènes avec davantage
de netteté, avec une acuité plus grande
que notre vision actuelle. Développer et maintenir
cet état de clarté est important, non
seulement pendant la méditation, mais aussi dans
toutes les circonstances de la vie. Pendant la méditation,
on apprend à ne pas se laisser emporter et à
demeurer dans la non-production. Ce "non agir de l'esprit"
consiste en une parfaite attention n'intervenant absolument
pas dans les phénomènes. L'esprit perçoit
les situations et en prend conscience sans cependant
les altérer.
Une
fois développée cette conscience, il convient
de l'utiliser ensuite dans la vie quotidienne. Dans
l'état ordinaire, nous altérons constamment
les phénomènes en brouillant la réception
de ce que transmettent nos sens. En fait, nous ne voyons
pas les choses telles qu'elles apparaissent ; nous les
interprétons constamment en y ajoutant nos propres
messages.
Par
contre, en développant la limpidité de
l'esprit, on devient capable tout en marchant, parlant,
etc. de percevoir les choses telles qu'elles sont. Bien
entendu, un tel résultat ne s'obtient pas instantanément.
Comme toutes les choses de l'esprit, on doit développer
et ancrer ces habitudes de limpidité et de clarté
très profondément en nous.
En
atteignant le but ultime, on est capable de percevoir
le véritable aspect des phénomènes
au travers des illusions ; c'est ce qu'on appelle la
suprême connaissance. En attendant d'atteindre
ce but ultime, l'entraînement à la méditation
procure des bienfaits immédiats, perceptibles
par une diminution des tensions, une plus grande clarté
et limpidité d'esprit et un détachement
de beaucoup de choses, qui n'étaient que des
agitations superficielles de l'esprit. On peut enfin
s'appuyer sur des qualités profondes que l'on
développe pleinement. A partir de notre conception
dualiste, donc de la saisie égocentrique, une
forme de rapport entre moi et ce qui n'est pas moi (les
autres! s'établit. Mais ces rapports sont entachés
d'émotions ; ils sont chargés positivement
ou négativement, ou bien encore d'une manière
que nous appelons ignorance. Au travers de l'examen
de nos rapports à autrui, nous prenons conscience
des différentes émotions et de la façon
de les traiter, et notamment comment développer
les différents aspects de la suprême connaissance
depuis ces émotions. Nous verrons plus tard,
à partir de nos propres expériences, comment
adapter les émotions à la méditation.
Pour
obtenir un résultat correct, une méditation
claire et dépourvue de tout brouillage, il convient
de réunir six conditions impliquant des conséquences
du point de vue du méditant, mais aussi du point
de vue de l'objet de la méditation et des circonstances
extérieures.
Les
caractéristiques du lieu de méditation...>>>