Ne
pas être submergé par les pensées
demande un petit peu de méthode. Dans la méditation,
on a besoin d'un support, d'un point de référence.
Le Bouddha en a donné plusieurs. Le plus aisé
à utiliser est la respiration ; on suit simplement
le mouvement de la respiration, expiration, inspiration...
Ne faisant qu'un avec sa respiration, avec le mouvement
de l'air qui entre et qui sort, on se défait
peu à peu de la saisie, et l'esprit peut prendre
son mouvement propre. De toute façon, nous ne
sommes pas propriétaires de nos pensées
et les laisser aller là où elles veulent,
c'est les laisser. En pratiquant de cette façon,
on sera à même d'abandonner progressivement
les différents supports et artifices pour utiliser
la pensée elle-même comme support. Le mouvement
de la pensée nous ramènera à la
méditation. Et d'instant en instant, à
chaque fois qu'une pensée s'élèvera,
on s'en dessaisira et elle se libérera d'elle-même.
De pensée en pensée, on laissera l'esprit
se libérer, et cet esprit détendu, sans
saisie, se pacifiera de lui-même.
Posture
Une
position juste du corps est nécessaire également.
L'essentiel est d'avoir le dos bien droit, les épaules
détendues,
tirées ni trop en avant, ni trop en arrière,
la tête dans le prolongement du dos, le visage
détendu,
car il est le lieu de bien des tensions,
les yeux dirigés vers le bas.
Si l'on peut s'asseoir en tailleur, c'est parfait,
sinon on s'asseoit sur une chaise et c'est parfait aussi.
L'essentiel est d'être à l'aise, la main
droite posée sur la main gauche dans le giron.
Etablissant
le corps dans la position juste et l'esprit dans la
détente vigilante, conscient de ce qui se passe
au moment où cela se passe, on a tout ce qu'il
faut pour pacifier l'esprit et retrouver sa clarté.
Si
l'on souhaite obtenir des fruits dans la méditation,
il est nécessaire de s'y entraîner avec
régularité, il faut chaque jour retrouver
son coussin de méditation, regarder l'esprit
et son mouvement. Il ne s'agit pas de méditer
longtemps mais souvent ; le matin, le soir, régulièrement.
Une trop longue période de méditation
pour un débutant ne ferait que renforcer la volonté
et la distraction. De courtes sessions permettent de
trouver la fraîcheur et la nouveauté de
l'esprit.
Un
esprit méditant est un esprit neuf. Il est dit
que le méditant est comme un berger idiot, car
il est là, assis, à regarder ses moutons
et il ne fait rien, tout heureux de les voir gambader.
Le méditant est le berger idiot de ses pensées,
il les regarde aller de-ci, de-là, il ne fait
rien, il les laisse. L'esprit du méditant est
comme un enfant qui entre dans un temple pour la première
fois, il est face à beaucoup de couleurs et de
formes, et il est ébahi. On devrait être
étonné à chaque pensée !
Sans jugement, sans intervention, l'esprit du méditant
est comme l'espace, totalement inentravé ; tout
peut y prendre place parce que tout est là, tout
est en nous.
On ouvre et on détend l'esprit, on le simplifie.
Tout va alors s'élever, prendre place et ainsi
se libérer.