2ème
partie
INSTRUCTIONS
DE RECONNAISSANCE DE L'ESPRIT BASEE SUR LE MOUVEMENT
(1) MENTAL
Méditez
d'abord sur les Préliminaires, de façon
concise, puis, prenez la posture physique essentielle
et accomplissez les méditations pour l'établissement
du Calme Mental et de la Vision Profonde, telles qu'elles
ont été données précédemment,
cela afin de les garder en mémoire.
Laissez la
conscience se détendre dans son état naturel
et s'y établir. Une fois parvenu à ce
stade, observez directement l'essence de cette conscience.
Ensuite, créez un mouvement dans l'esprit : visualisez
une forme ou une autre, le Djowo de Lhassa ou le Lhatchen
de Tsourphou(2), par
exemple, jusqu'à ce que cette forme (du Bouddha)
apparaisse clairement et distinctement à l'esprit.
Puis, observez et demandez-vous quelle est la différence
entre l'esprit qui crée ce mouvement et l'esprit
au repos. Observez et demandez-vous quelle est la différence
entre l'esprit en mouvement et l'esprit qui l'observe.
Ayant ainsi fait, le mouvement de l'esprit se libérera
de lui-même. (3)
A nouveau,
observez et voyez si la statue qui apparaît comme
objet de l'esprit, et l'esprit qui la fait apparaître,
sont un, ou bien deux choses distinctes. S'ils sont
un, examinez pour savoir si c'est l'esprit qui est venu
à la statue ou la statue à l'esprit. Si
vous pensez qu'ils sont distincts, déterminez
si la vision que vous avez de la statue est la statue
véritable elle-même ou une autre.(4)
De la même
manière, observez comme auparavant pour savoir
si la forme perçue par l'œil et la conscience
visuelle sont une seule et même chose ou non.
Observez de même pour un son perçu par
l'oreille, une odeur par le nez, un goût par la
langue, et une sensation tactile par le corps. Par ce
type d'examen, sera réalisée la libération
de toutes fabrications mentales telles qu'identité,
différentiation, etc... Toutes ces notions seront
connues comme le déploiement magique de l'esprit.
Lorsque le
mouvement se libère lui-même, puisque la
reconnaissance s'élève, il convient de
préserver cet état méditatif.
Reconnaissance
particulière à travers les émotions
Imaginez
clairement quelque chose qui plaise à l'esprit
et contemplez-le jusqu'à ce que la joie soit
sans limite. Puis, créez mentalement quelque
chose de déplaisant et entretenez cette pensée
jusqu'à ce que le dégoût vous possède.
Quelle est la différence d'essence des deux ?
Quelle différence
y-a-t’il entre l'esprit joyeux, l'esprit mécontent
et l'esprit du début qui était calme ?
Ensuite,
projetez l'esprit, autant que vous le pouvez, dans toutes
les directions à la fois, et comparez-le avec
l'esprit antérieur qui était au repos.
Ayant observé ainsi, on en vient à la
compréhension que "deux pensées ne peuvent
apparaître simultanément ; la multiplicité
ne peut être produite dans un même instant."
Toutes les pensées sont réalisées
comme le jeu (5) du
calme et du mouvement du seul esprit.
Ainsi, on
connaît que le mouvement, les multiples états
de conscience, sont, dans leur éclat et leur
essence, d'une seule saveur, comme de l'eau versée
dans de l'eau.
A nouveau,
si l'on porte un regard direct sur l'essence de toute
pensée lorsqu'elle s'élève, sans
la saisir comme un objet réel, elle apparaît
comme clarté/vacuité. Quand cela se produit,
il n'est plus nécessaire de rejeter la pensée
comme étant mauvaise ni de chercher le moyen
de la contrer par des antidotes.
"Les liens
de l'objet et du sujet,
Une fois
reconnus en leur essence, sont libérés.
La réalisation
de ce chemin exceptionnel,
Conduit au
lieu de l'Eveil, en cette vie même. "
Ayant imaginé
un objet attrayant, développez-le jusqu'à
ce que le mental soit complètement dominé
par l'attachement. Ensuite, produisez l'aversion en
relation avec un objet déplaisant, et comparez
ces deux états.
Puis, au
moment où vous vous endormez, observez l'essence
de l'esprit qui devient endormi. Observez de même
l'essence de l'orgueil, de la jalousie et de la convoitise.
Faites s'élever l'un de ces poisons, puis, l'ayant
établi, observez-le intensément, aiguisant
votre conscience connaissante dans l'analyse. Ne développez
pas la pensée antérieure et ne l'interrompez
pas non plus par une autre pensée. Si l'observation
dure trop peu de temps, la reconnaissance ne s'élèvera
pas. Aussi, divisez la journée en dix sessions,
et, à chacune, efforcez-vous de produire avec
vigueur votre conscience connaissante analytique.
Spécialement,
quelle que soit l’émotion qui est produite, (désir/attachement,
etc...), sans vous laisser aller à la suivre,
regardez directement son essence. Demeurant sans distraction
dans cette contemplation, les cinq poisons apparaissent
sans fondement ni racines.
Pour cette
raison, les émotions telles le désir/attachement,
etc, sont purifiées, sans qu'il soit besoin de
les abandonner. Elles sont appelées "auto-libérées",
ayant une liberté naturelle.
Il est fait
référence à la relation qui unit
les Cinq Emotions, les Cinq Sagesses, et les Cinq Familles
de Tathagatas. Ainsi l'émotion du désir/attachement
(dans sa forme libre) est connectée à
la Sagesse qui connaît chaque chose distinctement
et au Bouddha Amitabha, et ainsi de suite.
Ceci est
appelé : "les instructions-clef qui prennent
les cinq poisons comme chemin", en effet, quelle que
soit la pensée qui s'élève, observant
directement son essence et demeurant dessus, elle se
libère elle-même dans son absence de nature
propre.
Comme il
est dit :
"II existe
des instructions qui prennent les cinq poisons comme
chemin ;
Tout comme
il existe des mantras pour neutraliser les poisons".
Essence
des pensées
En résumé,
par les manifestations de sa faculté d'expression
naturelle, l'essence de l'esprit s'élève
en une multitude d'aspects : vertueux, non-vertueux
et neutres. Cependant, si l'on s'abstient de les nier
ou de les établir, tous ces aspects se révèlent
d'une saveur unique. Par conséquent, sans chercher
ailleurs un antidote, quoiqu'il apparaisse dans l'esprit,
il faut observer directement son essence et préserver
cette présence, sans distraction, durant les
quatre différents types d'activité de
la vie quotidienne. (6) Ils
vont se révéler nûment, sans fondement
et sans racines, dépourvus de nature propre et
de réalité objective.
Ayant produit
réellement la Sagesse Primordiale auto-connaissante,
la confusion de la saisie dualiste se libérera
en elle-même.
Tchenrézi
:
" Tout ce
qui est produit est l'état de nature ;
Conscient
de tout ce qui s'élève,
Y demeurer,
ainsi, dans la pure vacuité,
Etre, sans
aucun doute, le roi des yogis." (7)
Yéshé
Kandroma :
" L'obtention
de cette Sagesse Primordiale auto-connaissante
Est comme
le flamboiement d'une torche qui dissipe l'obscurité
d'un éon ;
C'est comme
écraser définitivement la confusion du
karma,
C'est comme
un homme qui s'éveille. "
L'Incomparable
Gampopa :
"Les pensées
Dharmakaya,
Sont là,
dans la main,
Sont là,
non réifiées par des antidotes,
Sont là,
dans l'état de la clarté connaissante.
"
Le Vénérable
Maitreya :
"En ceci,
il n 'y a plus rien à clarifier,
II n 'y a
plus rien à établir,
C'est la
vision juste de l'essence juste ;
Par ce regard
juste, tout est libéré. "
Gyalwa Gueutsangpa
:
"Aussi, lorsqu'une
pensée est produite,
Ne la voyez
pas comme un défaut,
Laissez-la
telle quelle, dans la conscience de sa vacuité,
Elle s'élèvera
comme l'expression du Dharmakaya."
Nécessité
des pensées
Puisque de
multiples autres attestations expliquent ce point de
manière identique, il faut le préserver.
Lorsqu'il y a reconnaissance, la pratique devient facile.
Avant, vous ne saviez pas méditer sur l'absence
de pensées ; maintenant, vous savez méditer
sur les pensées. Jusque là, tout comme
l'œil qui ne peut se voir lui-même, la pensée
se voilait elle-même, et la radiance de la faculté
créatrice n'était pas vue. (8)
Maintenant,
l'irradiation mentale est vue dans son essence, ce qui
fait des pensées le cœur de la méditation.
Quelle que
soit la pensée qui s'élève, elle
est perçue telle qu'elle est.
Demeurant
dans l'essence des pensées, dans la présence
nue de la clarté/vacuité, sans réification,
sans espoir ni crainte, la pensée se libère
elle-même. Dans l'essence de la pensée
est réalisée la simplicité de la
clarté/vacuité.
Selon les
paroles du Seigneur Gampopa :
" Vois la
nécessité des pensées, vois leur
grande bienveillance, vois combien elles sont chères
au cœur, vois combien leur absence est préjudiciable.
De la sorte, toute manifestation devient signifiante,
parce qu'elle est l'état de nature. Sans pensée,
pas de Dharmata. Aussi, vois combien les pensées
sont nécessaires.
Précédemment,
parce que la nature des pensées n'était
pas connue, tu errais dans le samsara. Maintenant
que
tu sais demeurer sans recherche sur toutes les pensées
qui sont produites, et qu'elles sont clairement perçues
comme étant le Dharmakaya, vois leur bienveillance,
vois combien elles sont chères à ton
cœur, cette crispation sur tout ce qui apparaît
dans l'esprit n'est plus nécessaire. Nul
besoin de voir les pensées comme un défaut
et de chercher à les supprimer. "
Gampopa s'adressa
ainsi à tous ses moines rassemblés, lors
de son voyage du Gampo au Haut Dhagpo (9)
:
"Grands méditants,
vous souhaitez un état sans pensées, mais
il n'est pas possible de les faire cesser. C'est de
là que viennent toutes vos difficultés,
grands méditants. Eh bien, de même que
plus vous aurez de combustible et plus grand sera le
feu, plus vous aurez de pensées et plus s'accroîtra
la Sagesse Primordiale non-duelle. Demeurez fermement
dans la contemplation des cinq poisons et des pensées,
tels qu'ils sont, sans rien nier ni établir,
sans rien fabriquer. Ceci est la Conscience Primordiale
même, esprit de tous les Bouddhas des trois temps.
L'Eveil que nous n'arrivons pas à reconnaître
est cela et vraiment cela. Il n'existe aucun Eveil autre
que cela même. "
Phagmo Droupa
:
"Au sujet
des pensées et de la conscience connaissante,
elles doivent être connues de l'homme saint comme
étant les Trois Portes de la Libération.
(10)
Les pensées
sont particulièrement bienveillantes, car elles
donnent la perception de la grande joie. Puisque les
pensées sont l'esprit lui-même, si on veut
les supprimer, il en vient davantage. Etant non-produites,
il n'est pas nécessaire de les faire cesser.
"
Et encore
:
"Lorsque
des pensées apparaissent, reconnais-les distinctement
comme ton Lama. Vois leur bienveillance, produis la
certitude stable qu'il n'y a pas la moindre différence
entre le Dharmakaya et les pensées; elles sont
le Lama infaillible. Connaissant les pensées
comme l'esprit, connais l'esprit comme non-produit ;
ne rejette pas les pensées, et ne crée
pas une sagesse non-conceptuelle. La multiplicité
des pensées est comme le sel fondu dans l'eau.
Ceci est le Lama qui démontre que pensée
et vacuité sont non-duelles, c'est le Lama qui
ouvre la porte de la connaissance transcendante (prajna)."
On pourrait
citer d'innombrables autres textes.
Le Grand
Accompli Orgyenpa :
"II n 'est
nul besoin de rechercher délibérément
la non-conceptualité ni de voir les pensées
comme défectueuses. Ne laissez pas votre pratique
aller à la famine, mais soyez plutôt détenteurs
d'une récolte royale. Sans rechercher une stabilité
stable, une clarté claire, une félicité
heureuse,(11) quoi
qu’il s’élève, il faut en jouir de façon
équanime sans le refuser ni l'adopter."
Quelle que
soit la pensée qui apparaît, voyez
son essence telle quelle, sans supprimer ou établir,
sans créer un artifice. Laissez l'esprit
se poser de lui-même, de façon naturelle, ébahi,
ouvert. Tout comme la lune dans l'eau n'est pas
au-delà
de l'eau, tous les états de conscience et les
pensées sont seulement l'esprit. Bien qu'étant
l'esprit, ils sont clarté/vacuité,
semblables
à une image reflétée. La regardant
directement dans cette dimension, la production de
pensées
est inobstruée et reconnue comme sans fondement
ni racines, transparente.
Ceci est
la reconnaissance du Dharmakaya. Pour donner un exemple,
exactement de la même manière que les vagues
ne sont pas autre chose que de l'eau, bien que de multiples
pensées apparaissent de l'état de nature,
clarté/vacuité, ultimement elles ne sont
pas des objets différents.
Citation
du Hévadjra Tantra :
"Ceci est
nommé samsara, ceci est nommé nirvana
; en abandonnant le samsara pour obtenir quelque chose
d'autre, le nirvana ne sera pas réalisé.
"
Aussi, faites
comme il est dit : reconnaissez les états de
conscience et les pensées comme étant
l'esprit et maintenez vos efforts jusqu'à ce
qu'apparaisse l'absence de fondement et de base.
Questions
du Lama au disciple :
"Ainsi,
observe comment est cet esprit, assis, marchant,
dans l'activité,
et rapporte-moi, dans quelques jours, la façon
dont il fonctionne."
Une fois
revenu, le disciple dit : "cet esprit ne fait rien du
tout ; il est là, immobile."
Alors : "veux-tu
dire que, depuis l'autre fois et jusqu'à maintenant,
tu n'as pas eu l'idée de manger, de t'habiller,
d'aller dormir ni de venir ici, et que tu n 'as pas
non plus la moindre idée de te trouver devant
ton Lama ? Tu es donc au repos, l'esprit parfaitement
immobile !"
S'il dit
: "Non, ce n'est pas comme ça."
-"Eh bien
alors, ce que tu dis est en contradiction avec ce que
tu affirmais jusqu'à présent : que l'esprit
demeurait simplement immobile, au repos, etc. Il te
faut observer ton esprit avec plus d'attention."
Il revient
plus tard, tel un grand disciple expérimenté,
disant : "l'esprit demeure immobile dans l'état
de nature, non-réifié, libre de toute
élaboration et de tout artifice."
Dans ce cas
: "Je t'avais dit, la dernière fois, de m'apporter
une conscience simple, qui ne soit pas influencée
par des vues théoriques ni transformée
par des antidotes. Tu me rapportes un discours emprunté
qui n'est, en fait, que
fabrication
mentale. Observe encore attentivement et reviens."
Il se peut
encore qu'il se mette à déclamer, de façon
docte, toutes sortes de citations des Soutras, Tantras,
etc, sans en avoir aucune réalisation, sans en
connaître le sens réel, les utilisant pour
faire des comparaisons avec ses "découvertes".
Si tel est
le cas : "Comme je te l'ai déjà dit l'autre
jour, tu n'as pas besoin de me rapporter des paroles
creuses, des extraits stériles pris dans les
textes. Je t'ai dit de revenir lorsque tu aurais observé
ton esprit sans te laisser
troubler
par des théories philosophiques. Aussi, tes
citations sont inutiles. Continue tes recherches
et observe
encore plus attentivement."
Le disciple
peut en arriver à faire cette observation
: "L'esprit
ordinaire, lorsqu'il n'est pas influencé par
des théories, ni transformé par des
antidotes, cet esprit, tel quel, ne reste pas le
même un
seul instant ; quelquefois il produit des pensées,
et parfois aucune ; à certains moments il est
actif, à d'autres non. "
Répondez
alors : "Tu as commencé à faire, maintenant,
ce qui doit l'être dans la méditation.
Effectivement c'est ainsi, l'esprit n'est jamais le
même. "
A nouveau,
dites-lui : "II va falloir que tu observes l'esprit
avec acuité, jusqu'à ce que tu voies
toutes les divisions entre désir et aversion,
joie et souffrance, amis et ennemis, monde animé et
inanimé,
etc. Est-ce qu'elles viennent d'un créateur
extérieur
à sa création, est-ce qu'elles sont créées
par l'esprit ou est-ce qu'elles sont l'esprit lui-même
? Observe bien, puis reviens. "
De nouveau
questionné : "II semble que l'univers ait été
créé par Tcha, Ishvara ou Brahma, "l'Ancêtre
du monde", etc... "
Demandez-lui
alors où ils demeurent, quand la création
a commencé, d'où a été créé
le monde et de quelle manière il l'a été.
S'il dit
qu'il ne sait pas, répliquez : "Alors, tu prétends
que le monde est l'oeuvre d'un créateur, et tu
ne sais pas comment ! En matière spirituelle,
il ne faut pas mentir ; quand on affirme quelque chose,
il faut qu'il y ait une certitude. N'écoute pas
les superstitions des hétérodoxes et les
fables du monde. Il n'y a rien de sûr là-dedans.
Maintenant, il faut que tu examines ce qu'il en est
réellement jusqu'à obtenir une conviction
définitive. "
Le disciple
revient avec une réponse : "Le créateur
de tout cela c'est l'esprit. Si l'esprit est immobile,
il n'y a rien du tout. Lorsqu'il se meut, tout est créé.
"
Demandez-lui
alors : "Cet esprit créateur et sa création,
sont-ils un ou sont-ils distincts ?"
S'il dit
qu'ils sont distincts, demandez-lui : "Lorsque tu penses
à un pilier, cette pensée du pilier, c'est
l'esprit. Existe-t'il aussi, au même instant,
un autre pilier, quelque part ailleurs ?"
S'il répond
qu'il n'y en a pas deux au même instant, c'est
qu'il y a eu reconnaissance. Il faudra ensuite, par
des méthodes habiles telles que celles-ci lui
faire reconnaître la nature de l'esprit confus.
Réponses
En ce qui
concerne ces instructions de reconnaissance elles-mêmes,
dites-lui : "Au moment où tu disais : "cet esprit
qui est ce qui est en train de faire, qu'il fasse ou
ne fasse pas", (12) c'était
une fixation conceptuelle. Il est ce qui fait apparaître
et disparaître instantanément, soumis à
l'influence de ses tendances habituelles. Ainsi, il
se manifeste en une multitude de phénomènes
tels que l'apparence confuse des six mondes avec leurs
couleurs, configurations, formes, sons, odeurs, saveurs
et sensations tactiles. Cet esprit confus qui fait tout
apparaître et
cesser, tu
en as acquis la compréhension et la reconnaissance.
C'est ce qui est appelé "le créateur",
ce qui fait apparaître et disparaître instantanément
tous les phénomènes. Ce n'est rien d'autre
que l'esprit, en dehors duquel aucun phénomène
ne peut exister. Et si l'esprit confus est impermanent,
la manifestation phénoménale ne peut que
l'être aussi... Comment peut-il en être
autrement. Voilà ce qu'il te faut comprendre.
Ainsi, quand
tu dis : "tous les créateurs sont dans l'esprit,
il n'en existe aucun autre ; lorsque l'esprit est immobile,
il n'y a rien du tout, lorsqu'il est en mouvement, tout
est produit", c'est exactement cela.
Cependant,
l'esprit créateur et sa création ne sont
pas deux. C'est pour cela que, comme tu le disais à
propos du pilier, "la pensée du pilier n'est
que l'esprit et il n'y a pas d'autre pilier". Effectivement,
toutes les manifestations sont l'esprit."
Il est dit,
dans les chants de Vadjra :
"En dehors
de ce précieux esprit,
II n'y a
ni Bouddha, ni être ordinaire.
Les phénomènes,
appréhendés par la conscience,
Ne lui sont,
en rien extérieurs."
Saraha, le
Grand Brahmane, dit :
"L'esprit
est, seul, la graine de toutes choses.
En lui se
déploient samsara et nirvana.
Il est ce
qui donne le fruit désiré.
Je rends
hommage à l'esprit, semblable à un joyau
Qui exauce
tous les souhaits.
Quelles que
soient les manifestations qui s'élèvent,
pures ou impures, elles ne sont que l'esprit lui-même,
elles n'ont pas, en dehors de lui, la moindre existence
autonome. Sois en sûr et certain. "
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NOTES
1
- Mouvement : terme technique signifiant
: pensée,
mouvement conceptuel, en opposition au calme : état
de l'esprit dépourvu de pensées, immobile,
au repos. Ces deux états sont la base de la
distinction entre les pratiques de Chiné (Calme
mental) et de Lhaktong (Vision profonde). Retour
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2
- Ce sont les deux objets les plus connus du Tibet.
Le premier, appelé le Djowo, est une statue du
Bouddha Sakyamuni qui se trouvait au Djokhang, temple
de Lhassa. Le deuxième, nommé Lhachen,
"Grande Divinité", est une statue du Bouddha
érigée à Tsourphou, siège
des Karmapa, par Karmapakshi. On peut prendre pour support
tout objet que l'imagination reproduit facilement ;
pour un français, cela pourrait être la
Tour Eiffel, par exemple. Cependant, la statue du Bouddha
véhicule une grâce particulière
puisqu'elle est un support spirituel. Retour
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3
- C'est-à-dire se résorbera, cessera en
la conscience qui l'observe. Retour au
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4
- les deux objets peuvent-ils subsister simultanément,
l'un comme objet extérieur réel et l'autre
comme objet imaginaire intérieur ? Retour
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5
-Jeu : signifie ici alternance, transformation,
succession des états momentanés du même
esprit. Retour au texte
6
- Quatre types d'activité : en fait, terme
qui induit toutes les activités, à travers
les quatre attitudes du corps : assis, debout, en mouvement,
couché. Retour au texte
7
- Sans aucun doute ; sens généralement
admis de l'expression "gdon-mi-za", qui littéralement
signifie "ne pas être mangé par les démons",
ceux du doute qui altère l'expérience
spirituelle. Retour au texte
8
- L'esprit discursif se trouvait aveuglé par
son propre discours, sa propre irradiation, sans percevoir
sa qualité essentielle de clarté connaissante.
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9
- Régions du Tibet méridional dont le
nom est identifié à celui du Maître.
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10
- Les Trois Portes de la Complète Libération
: la base "comme Vacuité", la pratique, "absence
de caractéristiques", le fruit, "sans espoir
d'un résultat." Retour au texte
11
- C'est-à-dire une fausse représentation
de ces qualités naturelles à l'esprit.
Retour au texte
12
- L'agent, qu'il soit actif, c'est-à-dire créant
des pensées, ou passif, lorsqu'il ne crée
pas de pensée. Retour au texte
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