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MEDITATION SUR LES DIVINITES,
MEDITATION SUR LESPRIT
Lama Guendune
Rinpoché
La méditation
sur les divinités est parfois mal comprise. Il n'est,
en effet, pas évident de comprendre comment de telles
pratiques sont un moyen de transformation intérieure
et permettent la reconnaissance de la nature de l'esprit.
Lors d'un enseignement donné à Dhagpo Kagyu Ling
au début des années 80, Cuendune Rinpoché
transmit quelques instructions qui permettent de mieux comprendre
ce qu'on appelle la vision pure.
Lorsque
nous nous engageons dans une action en relation avec le dharma,
avec la pratique spirituelle, nous ne devons pas le faire en
visant à obtenir un résultat mondain, à
trouver des conditions favorables associées à
une condition humaine supérieure, à une condition
divine ou autre, mais avoir pour unique aspiration d'accomplir
quelque chose qui soit utile pour tous les êtres considérés
comme étant nos pères et nos mères. C'est
ce type d'intérêt qu'il convient d'adopter.
Toutes les
conditions heureuses que l'on peut expérimenter dans
le monde à l'état d'être humain ou divin
sont marquées par l'impermanence : tous ces bonheurs
ne durent qu'un temps et cessent le moment suivant; en cessant,
ils font place à la souffrance, à la frustration,
à l' insatisfaction, et le cycle recommence. Par contre,
l'état d'éveil, l'état de bouddha représente
un état de félicité immuable et définitif,
éternel et donc permanent. Et, lorsqu'on réalise
cet éveil et cette félicité immuable, on
a toute latitude pour accomplir le bienfait des êtres
et les amener au même état, à la même
libération, au même éveil.
Pour cette
raison, lorsqu'on s'engage dans des méditations telles
que celles basées sur la pratique d'une divinité
ou celles du mahamoudra sans référence spécifique,
l'attitude juste consiste à ne pas tomber dans une vision
extrême qui saisit tout ce qui se manifeste comme étant
réel, ni dans un autre extrême qui consiste à
appliquer la vacuité à tout et à nier complètement
toute forme de manifestation. On doit développer une
autre conscience, qui est la vision correcte des choses et qui
repose sur ce qu'on appelle la conscience de sagesse parfaitement
pure ou la vision pure. Cette vision pure est la conscience
que tout ce qui apparaît est pur en essence. On pratique
ces méditations non pas pour réaliser un aspect,
mais une totalité, celle-ci remplaçant une conscience
impure et limitée par une conscience pure et intégrale.
Que signifie remplacer une conscience impure par une vision
pure ? Cela consiste à s'entraîner à abandonner,
à travers ces méditations, la perception ordinaire
des choses, la relation grossière que l'on entretient
avec les phénomènes et les êtres, pour la
remplacer par une conscience de sagesse ou une conscience de
la manifestation pure, c'est-à-dire une manifestation
dans son état primordial de pureté. Par exemple,
on imagine que le champ que l'on expérimente, la sphère
de manifestation, n'est pas un lieu grossier, ordinaire, mais
une Terre pure du corps de perfection de l'éveil, et
on développe la conscience que tous les êtres apparaissant
dans ces Terres pures sont des êtres de sagesse, c'est-à-dire
qu'on ne perçoit pas les êtres avec qui on est
en contact comme des personnes ordinaires, mais on développe
la conscience qu'ils sont des êtres de sagesse, des dakas
et des dakinis. On développe aussi la conscience que
le lieu où l'on se trouve n'est pas un bâtiment
ordinaire, mais le palais manifesté de l'éveil,
de l'obtention de la bouddhéité. Ainsi donc, on
déplace sa conscience et on remplace la conscience ordinaire
par la vision pure de tout ce qui apparaît. Cette vision
ne laisse aucune place aux perturbations mentales, source de
conflit. En effet, étant donné que tout apparaît
comme primordialement pur, il n'y a plus d'objet ni de lieu
pour que les émotions se manifestent, il n'y a plus rien
sur quoi elles peuvent se fixer.
On ne cherche
pas à faire disparaître en tant que telle la manifestation
dans son aspect impur ou grossier, mais on développe
la conscience de la manifestation pure. Par exemple, lorsqu'on
médite le corps d'une divinité, cela ne signifie
pas qu'on remplace son propre corps par un autre corps, mais
qu'on développe la conscience de tout ce qui est physique,
de tout ce qui est manifestation, de toutes les formes comme
étant formes pures. On fait la même chose en ce
qui concerne la parole. La parole signifie le son, la vibration,
et on remplace toutes les formes de conscience associées
aux sons et aux vibrations impurs comme manifestations ordinaires
par la conscience du mantra, la conscience que toute vibration
est pure. On fait la même chose en ce qui concerne l'esprit,
en remplaçant la saisie que l'on fait sur toutes les
manifestations mentales comme étant un processus grossier
et ordinaire de l'esprit, par la conscience du dharmakaya (1),
c'est-à-dire la conscience que toute manifestation mentale
est l'essence de sagesse et la sagesse s'élevant spontanément.
De cette manière, on établit sa conscience dans
la dimension de pureté, ce qui fait que, lorsque cette
pureté s'établit et se répand, il n'y a
plus de place pour la perception impure, qu'il n'est donc pas
nécessaire d'éliminer ou d'abandonner en tant
que telle. Elle devient d'elle-même caduque par l'établissement
de la conscience pure.
Quand on accomplit ce processus, ce n'est pas une espèce
de truc ou d'artifice que l'on utilise, dans lequel, tout d'un
coup, on laisse quelque chose pour quelque chose d'autre, on
fabrique quelque chose de nouveau qui sera plus joli et plus
satisfaisant. Ce n'est pas dans ce sens là qu'on médite.
Cela signifie que l'aspect pur est l'aspect primordial présent
depuis toujours, l'aspect originel. Cet aspect ne va pas, tout
d'un coup, être créé comme un nouvel objet
mais, au contraire, on va aider à le rendre évident,
manifeste, parce qu'il est déjà là. C'est
ce qu'on appelle la clarté propre de l'esprit, la radiance
inhérente à l'esprit dans son état fondamental.
Au niveau ordinaire, cet aspect fondamental de l'esprit nous
est étranger parce que voilé par les impuretés
et les souillures qui le recouvrent. Il s'agit donc de dissiper
ces souillures, et la méthode la plus efficace pour le
faire est justement de méditer dans cette conscience
primordiale qui, par sa radiance et sa capacité de connaissance,
a le pouvoir d'éliminer complètement toutes les
impuretés.
Par exemple,
au moment où l'on a la capacité d'établir
de façon continue son esprit comme étant dans
le dharmakaya, sa parole comme étant le mantra et son
corps ordinaire comme étant le corps d'une divinité,
cela signifie que cette conscience de tous les plans de la totalité
inclut l'ensemble, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de place
pour autre chose et que la manifestation impure ne peut plus
être opérante, puisque la conscience pure est totale
et globale. C'est quelque chose qui n'est pas inventé,
qui est là, c'est un simple changement dans la perception
de ce qui est. Si vous avez un espace, vous le percevez, il
est vide en tant que tel et, tant que la vision est impure,
on peut dire que c'est un espace qui est dans les ténèbres.
A partir du moment où le soleil s'élève,
les ténèbres cessent, la lumière se répand
et tout d'un coup illumine l'espace, permettant de voir tout
ce qui est dans cet espace. Cela ne veut pas dire pour autant
que ce n'était pas là auparavant; cela veut dire
simplement qu'on ne pouvait le percevoir et que maintenant c'est
devenu possible. Dans ce sens, l'état fondamental de
l'esprit, le dharmakaya, est toujours présent mais, à
cause des impuretés qui sont comme les ténèbres
de l'esprit, on ne peut le percevoir. L'éveil est la
capacité qui permet de dissiper ces impuretés
et révèle d'une façon manifeste à
l'esprit ses qualités, comme la lumière permet
de percevoir tout ce que contient l'espace. Mais l'espace en
lui-même n'a pas changé, il est immuable et représente
simplement le réceptacle des ténèbres ou
de la lumière. Lorsque la lumière est là,
tout ce qui est dans cet espace est spontanément connu
et se révèle.
Le point
de départ revient à prendre conscience que l'esprit
comporte beaucoup d'impuretés causées par les
habitudes mentales. Beaucoup d'obscurcissements ont été
créés à travers cela et il est donc nécessaire
de les dissiper. Pour ce faire, on utilise le moyen qu'est l'établissement
de la conscience pure par la méditation: il faut reprendre
encore et encore cet esprit qui dévie, qui a tendance
à reproduire un modèle confus, pour remplacer
celui-ci par une perception juste, une perception correcte et
pure. On a souvent tendance à s'imaginer qu'il d'agit
d'un processus qui demande beaucoup de temps et nous reste totalement
étranger jusqu'au moment final où cette réalité
se révèle à nous. Ce n'est pas comme cela
que les choses se passent, parce que le développement
de l'esprit impur vers l'esprit pur n'est pas un processus linéaire
qui a une certaine durée dans le temps. C'est bien plutôt
la conscience immédiate de l'immédiateté
de l'esprit. L'esprit se manifeste d'instant en instant, il
n'a pas de durée en tant que tel, simplement une succession
d'instants. Il s'agit de placer sa conscience dans l'instant,
de remplacer à l'instant même une conscience impure
par une conscience pure et de reproduire ce processus pour chacun
des instants par l'entraÎnement, par la méditation.
Par cette répétition, on transforme progressivement
l'esprit. Le moule des habitudes mentales qui perçoivent
les choses de façon grossière est remplacé
par une perception pure, et celle-ci représente un travail
de tous les instants, qui peut s'établir et se révéler
à chaque instant. C'est pour cela que l'esprit est présent
sous sa forme pure et peut donc se révéler spontanément
dans l'instant, dans l'instantanéité même.
Ce nest pas quelque chose qui serait créé
ou fabriqué, comme le résultat d'un long processus.
Il faut
bien comprendre ce processus de l'instantanéité
de l'esprit : dans le même instant, on peut expérimenter
l'esprit comme étant impur ou comme étant pur;
chaque instant, en fait, recèle en lui une potentialité
de confusion et une potentialité d'éveil.
Tout est en effet impermanent.
La nature
ou la dimension de l'esprit est l'impermanence; I'esprit n'est
donc pas défini une fois pour toutes, il est simplement
le reflet de la manière dont on entre en relation avec
lui.
Nous faisons
l'erreur de saisir l'esprit comme étant permanent, comme
étant une espèce d'entité continue, très
lourde à changer ou à transformer, alors qu'il
est beaucoup plus mobile que cela et est simplement une succession
d'instants. L'apparence ou la manifestation, c'est-à-dire
tout ce que l'on rencontre et expérimente, n'est que
le reflet de cette projection de l'esprit. On se trompe en saisissant
l'esprit comme étant permanent, parce qu'on établit
par là-même la relation aux choses comme une relation
permanente, c'est-à-dire grossière et impure parce
qu'erronée. Toute la manifestation n'est là qu'en
dépendance de l'esprit et il n'y a pas, dans cette manifestation,
d'existence réelle ni davantage de permanence qu'il n'y
en a dans l'esprit. Le procédé consiste donc à
éliminer cette tendance à la croyance en la permanence,
qui saisit l'esprit comme une espèce d'entité
dans la durée, alors qu'il n'est que succession d'instants.
Dans la
méditation, nous faisons l'erreur d'être complètement
subjugué par cette conscience qui dit qu'il faut que
tout se manifeste comme pureté, sagesse, etc. En opposition
à cela, on classe les pensées et tout ce qui s'élève
dans l'esprit pendant la méditation comme étant
impurs, et on dit que cet état d'agitation des pensées
est mauvais, qu'il ne devrait pas être là. On nourrit
l'espoir que cet état cesse, qu'un jour on se sente différent,
parce que les pensées ne seront plus là et qu'on
sera bien tranquille et que tout sera pur. Cet espoir a de fortes
chances d'être toujours déçu, parce qu'on
n'est pas dans la perspective juste de la méditation,
mais dans un principe de durée. On invente une espèce
de réalité, de durée, on pense que d'un
point on arrivera à un autre, alors que la réalité
de l'esprit est là, dans le moment, dans l'instant ou
dans l'immédiateté. La conscience pure est simplement
la conscience qui se détache de l'apparence impure, qui
ne s'attache à aucun aspect de l'esprit, qui ne saisit
aucun des instants de l'esprit pour lui donner une plus grande
durée, qui ne cherche pas à faire quelque chose
des pensées ou de l'esprit lui-même, mais qui demeure
simplement détachée du processus mental lui-même.
C'est une conscience qui, lorsqu'elle regarde l'esprit dans
son essence, les pensées dans leur essence, s'aperçoit
que la pensée n'est rien en tant que telle, qu'elle n'a
pas de couleur, pas de forme, pas de caractéristique,
pas de réalité. La pensée n'est pas significative,
la pensée est inexistante, elle est un instant de l'esprit
et ne va pas au-delà de cet instant. Il ne faut donc
pas s'attacher à la succession des pensées pour
former une espèce de chaîne mentale, mais rester
dans la conscience de l'instant. L'apparence pure prend place
naturellement dans cette conscience de l'instant, il n'y a pas
besoin d'être déprimé par l'apparence impure,
par les pensées qui s'élèvent, etc., parce
que c'est cet attachement à la manifestation impure qui
la fait exister.
Si l'on
est dans cet état de conscience directe et claire, toutes
les émotions, toutes les manifestations et perturbations
qui s'élèvent dans l'esprit, sont connues dès
qu'elles apparaissent, mais l'esprit ne doit pas s'arrêter
dessus, de même q'on ne doit tenter de les faire cesser.
D'ailleurs, quand on est dans cet état de conscience,
qui ne juge pas mais voit la totalité de l'esprit, voit
cette succession d'instants, cette succession de tendances,
cette succession d'états qui apparaissent les uns après
les autres, on est conscient du tout et on n'est dominé
par rien, on est emporté par rien. Puisqu'on voit l'impur,
on voit le pur; puisqu'on voit le négatif, on voit le
positif. La conscience est extrêmement discriminante,
très claire, mais elle n'est pas attachée aux
processus mentaux. Elle demeure simplement dans l'instant, dans
la conscience de l'essence: chacune de ces manifestations n'est
qu1un instant, qu'un moment de l'esprit qui disparaîtra
et fera place à un autre moment de l'esprit. On demeure
sans saisie, sans attachement vis-à-vis de ce qui apparaît,
de ce qui se manifeste dans l'esprit. C'est ce qui permet au
mouvement de l'esprit d'être complètement libre,
complètement naturel et inobstrué et, ainsi, les
pensées s'élèvent et se libèrent
simultanément.
Dans notre relation ordinaire au monde et aux autres, nous voulons
toujours changer quelque chose à l'extérieur de
nous-mêmes. Nos espoirs sont souvent déçus,
car nous n'avons pas la possibilité de modeler les situations
à notre volonté, et c'est pour cette raison qu'intérieurement
nous sommes dans un état de souffrance et d'insatisfaction.
Cela vient du fait que cette insatisfaction se déplace
et se développe selon trois polarités: d'abord,
en fonction de ceux qui nous sont chers, que l'on peut appeler
nos amis ou nos proches, avec qui on voudrait rester pour toujours;
ensuite, soi-même qui veut aussi se transformer et connaître
un état de satisfaction en relation avec ces proches;
enfin, les autres qui sont considérés comme des
menaces pour soi-même, comme des ennemis, que l'on voudrait
ne jamais rencontrer et repousser lorsqu'ils sont là.
Nous avons cette volonté très forte qui s'attache
ainsi, de manière partielle, à travers ces différentes
relations. Nous voulons garder ce qui nous plaît, nous
voulons repousser ce qui ne nous plaît pas, nous avons
peur que ce qui nous plaît disparaisse, nous avons peur
de ne pouvoir empêcher des conditions non désirables
de se manifester. Cette peur est effectivement fondée,
dans le sens où l'on ny peut rien, car cela se
manifeste quand même. Aucune situation n'est définitive,
mais elle se transforme et change, marquée par limpermanence.
D'un côté, nous avons cette saisie très
forte qui veut fixer les choses une fois pour toutes telles
qu'elles sont, sans jamais qu'elles changent. D'un autre côté,
les choses changent tout le temps et par là-même
nous échappent sans cesse. Alors, bien entendu, si l'on
saisit les choses, on est toujours en train de souffrir, car
on n'est jamais satisfait puisque les choses se transforment.
Il faut comprendre qu'il en est ainsi, qu'on ne peut rien retenir,
parce que tout est impermanent et que tout change, et que c'est
cela qu'on ne peut pas changer justement. La seule chose qu'on
puisse changer est sa propre saisie, sa propre relation aux
choses. Cette volonté de fixer une fois pour toutes ce
qui est bien et ce qui est mal, le bonheur et la souffrance
est complètement vaine et insensée. Si, au contraire,
on accepte les choses telles qu'elles sont, les amis deviennent
des ennemis, les ennemis deviennent des amis, on s'aperçoit
que tout se transforme, que rien ne dure, I'ami d'un jour peut
être I'ennemi du lendemain, etc. Il n'y a donc pas de
raison de s'accrocher à cela, de se fixer là-dessus;
il faut laisser les choses se transformer et les accepter telles
qu'elles sont. De cette manière, on se libère
de la souffrance, parce que la souffrance est celle qui n'accepte
pas le changement.
Si l'on
abandonne cette volonté qui veut changer les choses à
I'extérieur de soi-même, une espèce de détente
s'opère tout d'un coup et, simultanément, un espace
s'ouvre, comme une dilatation qui fait que l'on pénètre
dans une dimension semblable à un grand espace. Celui-ci
a pour qualité d'être félicité, sensation
de bien-être et de bonheur se situant au-delà de
toute conceptualisation, parce qu'on ne peut rien ramener à
un processus intellectuel. En abandonnant cette volonté,
les choses se détendent et cette ouverture est génératrice
de bienêtre, de bonheur, de satisfaction réelle.
On comprend alors que la racine de toute cette lutte et de toute
cette insatisfaction est la saisie d'un soi, la conception du
«je». C'est en relation avec moi que les autres
ou les situations extérieures existent, parce que lorsqu'il
y a moi, il y a ce qui n'est pas moi, ce qui en est différent,
et alors prend place le processus d'attraction vers ce qui est
plaisant et de répulsion vers ce qui ne l'est pas. L'origine
de toute l'insatisfaction repose donc sur cette conscience d'un
soi. On s'aperçoit que toutes les manifestations qui
en émanent sont simplement les produits d'un état
d'ignorance, qui est l'ignorance de l'absence d'existence, de
l'irréalité de cet ego. Si on comprend cela, si
on peut apercevoir cette ignorance, on aura en même temps
la perception de ce qu'est la sagesse, de ce qu'est la conscience
juste. On peut alors réaliser la vérité
de la sagesse par la compréhension de l'irréalité
de l'ignorance.
(1) Le dharmakaya
est l'esprit illuminé de tous les bouddhas, inconditionné
et non formel, illimité, semblable à l'espace.
C'est l'esprit primordial qui est réalisé, actualisé
dans l'éveil.
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