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Amour
et compassion
Lama
Guendune Rinpoché
Cette interview de
Rinpoché a été réalisée au
Bost en avril 1991 par des membres du KTT de Paris.
- Rinpoché,
quelle est la différence entre émanation, et réincarnation
?
-
La différence est fondamentale. Dans émanation il
y a sagesse, dans réincarnation il y a ignorance. Les êtres
ordinaires sont dans l'ignorance; à travers elle, ils accomplissent
des actes créant un poids karmique qui, arrivé à
maturité, conduit à une renaissance particulière
dans l'une des six formes d'existence, par contre, les êtres
réalisés, les bodhisattvas libérés
de cette ignorance et possédant la sagesse, ont le pouvoir
d'agir à leur guise, sciemment, dans le but d'aider les
autres. En essence, il n'y a pas de différence entre les
êtres et les bouddhas, les uns et les autres ayant cette
nature et cet éveil présents depuis le commencement.
La différence
réside dans la conscience ou l'ignorance de cela. Les bouddhas,
ayant réalisé cette conscience, peuvent développer
toutes les qualités qui l'accompagnent. Les êtres
ordinaires n'en sont pas conscients, cette vérité
leur est voilée et ils subissent le contrecoup de leurs
actions motivées par l'ignorance.
- On dit que son
Eminence Djamgoeun Kongtrul Rinpoché était la réincarnation
du premier Djamgoeun Kongtrul et que Kalou Rinpoché en
était l'émanation. Entre ces deux termes, quelle
est la différence ?
- "Emanation" et
"réincarnation" sont des termes occidentaux. En langue
tibétaine, on dit : trul pe ku signifiant "corps illusoire".
Il ne faut pas limiter l'action des bodhisattvas à notre
perception, celle-ci étant très limitée et
ordinaire. En fait le terme trul pe ku, "forme illusoire", peut
exprimer l'illusion des êtres qui ne comprennent pas le
fondement de la réalité, mais aussi une projection
miraculeuse ou une manifestation qui utilise cette irréalité,
cette illusion.
Ainsi, lorsque l'on
parle du corps d'émanation, il ne s'agit pas seulement
pas d'une personne mais, parallèlement à cette personne
reconnue par l'institution religieuse, de l'existence de centaines
de millions de manifestations similaires qui, sans être
forcément "officialisées", oeuvrent dans le même
sens que cette manifestation officialisée. Ces corps d'émanation,
ces formes illusoires se manifestant pour accomplir le bien des
êtres, sont le résultat de souhaits antérieurs
de grands maîtres, de bodhisattvas. Au cours d'innombrables
vies, ils ont désiré pouvoir aider les êtres
de toutes les manières possibles, réaliser tout
ce que les êtres peuvent souhaiter, ce dont ils peuvent
avoir besoin. Afin que spontanément tout cela arrive, une
infinité de formes et d'actions altruistes se manifestent
par la force des souhaits antérieurs.
C'est la conjonction
du besoin des êtres, de leurs souhaits, et de ceux formulés
par les bodhisattvas pour les aider.
- A travers cette
question, nous voudrions exprimer le souhait de beaucoup de disciples
de Rinpoché, ou de gens qui l'ont simplement rencontré.
Ce souhait, c'est avoir quelques indications sur le chemin qu'a
suivi Rinpoché qui possède deux transmissions Nyingmapa
et Kagyupa.
- Mon lama... c'est
Dordjé Tchang! Fondamentalement c'est ma voie. Qui est
en fait Dordjé Tchang ? C'est le dharmakaya Kuntou Zangpo.
Il est vrai que j'ai
reçu les transmissions de grands maîtres de traditions
qui véhiculaient une bénédiction immaculée,
sans la moindre faute, sans la moindre interruption. Que ce soit
Kagyu, Nyingma, il n'y a pas de différence. II y eut de
grands découvreurs de trésors spirituels cachés
par Gourou Rinpoché (tradition Nyingmapa) qui étaient
en fait des maîtres de la lignée Kagyupa, ces grands
maîtres Kagyupa possédant aussi des transmissions
Nyingmapa. Pour donner un exemple, on dit que Sa Sainteté
Karmapa est l'émanation de Gourou Rinpoché (pour
utiliser le terme que vous emploieriez pour désigner une
manifestation illusoire). II y a donc une profonde interpénétration
entre les deux lignées.
A différentes
époques de ma vie, j'ai rencontré plusieurs maîtres,
dont les trois lamas qui supervisaient l'éducation au monastère
où je résidais, ainsi qu'un grand ermite qui vivait
près de ce monastère et qui m'a donné beaucoup
d'enseignements. Ensuite, j'ai rencontré le précédent
Sitou Rinpoché, puis le précédent Djamgoeun
Kontrul Rinpoché, que j'ai considérés tous
deux comme mes maîtres. Enfin ce fut la rencontre avec Sa
Sainteté Karmapa qui était leur maître à
tous. Je me suis donc mis sous la bénédiction de
Sa Sainteté, le considérant comme le maître
même de mes maîtres précédents. Sa Sainteté
m'a dit : "A partir de maintenant, tu es mon disciple, tu recevras
beaucoup d'enseignements et d'instructions. Dans le futur, ce
sera ta charge de les transmettre et d'être le détenteur
de ma lignée".
J'ai tenté
de refuser en disant : "Je n'en suis pas capable, je ne comprends
rien, je suis comme un animal".
C'est presque contre
ma volonté que Sa Sainteté m'a confié cette
direction. Parmi les grands maîtres Nyingmapa les plus connus.
Sa Sainteté Dilgo Khyentsé Rinpoché m'a donné
de nombreux enseignements, et je me suis également appuyé
sur Sa Sainteté Dudjom Rinpoché que j'ai pourtant
rencontré beaucoup moins fréquemment.
- Au cours de
ses pratiques, Rinpoché a-t-il rencontré beaucoup
d'obstacles ?
- Comme je n'avais
pas de grandes capacités, j'ai laissé les choses
se faire naturellement et je n'ai jamais eu d'obstacles.
- Merci, cela
enseigne l'humilité et donne beaucoup de confiance.
- Je donne l'enseignement,
mais les disciples, par leur confiance, font eux-mêmes leur
chemin d'ouverture. C'est à travers leur dévotion
qu'ils verront leur progression. Leurs expériences et leur
compréhension seront à la mesure de leur ouverture.
C'est là leur travail.
- Pourquoi Rinpoché
est-il resté trente ans dans une grotte à méditer
?
(En nous répondant,
Rinpoché fait le geste très significatif de se recroqueviller
sur lui-même, comme un petit moineau devant un aigle fondant
sur lui!)
- J'avais très
peur de la mort, et surtout de ce qui allait suivre la mort. Je
croyais mon potentiel extrêmement négatif et pouvant
m'entraîner à renaître dans les mondes inférieurs.
Je cherchais un moyen de me libérer. Il ne faut pas croire
que je suis insensible à la peur, au contraire; j'ai fait
tout ce que je pouvais, et encore maintenant, pour me libérer
des conditions qui pourraient faire chuter. Ce fut donc la motivation
essentielle de ma pratique, la raison pour laquelle je suis resté
si longtemps en retraite.
- A quel moment
une personne peut-elle enseigner le dharma ?
- A partir du moment
où la personne a accompli toutes les pratiques à
faire et où elle a vu la nature de son esprit. Tant que
l'on n'a pas réalisé cela, on ne peut enseigner
la Voie.
- Dès le
début de la pratique, on développe le souhait d'aider
les êtres. A quel moment ce souhait devient-il actif ?
- En fait, cet esprit
de l'Eveil et ce souhait altruiste pour tous les êtres est
déjà présent. Il n'y a pas un moment où
on ne l'a pas et un moment où on l'aurait. Par la méditation,
il faut simplement s'ouvrir à cette réalité,
arriver à voir que depuis les temps sans commencement notre
nature primordiale est l'esprit de bouddha qui possède
toutes les qualités d'éveil. Si l'on perçoit
cela, il est possible aider les êtres, car les qualités
inhérentes à cette réalisation opèrent
spontanément. La base de l'ignorance est l'attachement
à l'identité d'un ego personnel et existant. Dans
l'état d'ignorance, nous restons motivés par le
bienfait de cet ego. Quand on est concerné uniquement par
"soi-même", il est très difficile de se tourner vers
le bienfait d'autrui. En fait, cela ne nous intéresse pas.
Nous ne pensons qu'à être bien et avoir tout ce qu'il
y a de mieux. A partir du moment où nous réalisons
la nature de notre esprit comme étant la nature de bouddha,
l'ignorance fondamentale est dissipée, l'attachement à
l'ego disparaît et, forcément, notre activité
devient altruiste. Tant que noue sommes fondamentalement égoïstes,
même si nous avons une intention altruiste, si l'on y regarde
bien elle reste teintée d'un intérêt personnel
; c'est moi qui ai aidé les êtres, c'est moi qui
ai fait tout cela pour les êtres.
Nous essayons, dans
toutes les actions, d'en récupérer une petite partie
pour nous-mêmes; l'esprit de profit est toujours là.
A partir du moment où l'on s'est libéré de
cet attachement égoïste, l'activité du corps,
de la parole et de l'esprit est uniquement dévouée
aux autres, il n'y a plus la moindre trace d'intérêt
personnel.
- A quel niveau
se situe l'expérience de la claire-lumière ?
- C'est seulement
au cours des expériences de la première terre de
bodhisattva que l'on commence à appréhender la claire-lumière
fondamentale. Si nous prenons la division des quatre phases du
mahamoudra (chaque phase ayant trois niveaux; petit, moyen et
grand) c'est entre le moyen et le grand niveau de la première
phase, tsé tchik, "en un seul point", que l'on commence
à avoir les expériences de la claire-lumière.
Mais il n'est pas intéressant de le comprendre intellectuellement.
Ce sont des sujets d'expériences plus que de réflexion.
- Nous parlions
de développer le souhait d'aider les êtres et d'atténuer
l'attachement égoïste, mais ce dessaisissement de
l'ego ne se fait-il pas de manière progressive ?
- Si. Par la force
de la méditation, progressivement, nous arrivons à
développer l'esprit de l'éveil et à lâcher
cette saisie de l'ego. Nous réalisons totalement ces deux
aspects grâce aux accomplissements de la méditation.
Et cela ne se passe que si nous méditons. Si nous ne méditons
pas, cela ne se fait pas tout seul, et nous continuons à
chercher notre intérêt personnel.
- En Occident,
nous avons peu de repères. En l'absence de maîtres
et sans l'aide de cette connaissance transmise par les monastères
et les textes, comment pouvons-nous reconnaître les différents
niveaux auxquels nous sommes parvenus ? Comment pouvons-nous savoir
exactement où nous en sommes ?
- Le niveau de la
méditation, c'est cela (Rinpoché montre le sol)
: on est assis sur le sol. Le fruit de la méditation est
la réalisation obtenue par cette assise. Même les
gens du monde peuvent le comprendre, le niveau fondamental de
la méditation, c'est le sol.
- Rinpoché
dirige depuis plusieurs années des retraites pour des gens
qui ont développé le souhait de poursuivre et d'approfondir
leur pratique. Comment perçoit-il cet effort ?
- Je pense qu'ils
pourront atteindre l'état de bouddha, en se développant.
Par la méditation, ils peuvent voir la nature de leur esprit,
s'habituer à cette réalisation et progresser dans
cette compréhension. Ainsi, petit à petit, ils arriveront
à l'état de bouddha.
- Rinpoché
pense-t-il que les gens qui ne font pas de retraites traditionnelles
peuvent parvenir à l'éveil dans une vie ordinaire,
mais cependant dirigée vers le dharma ?
- Peut-être
que petit à petit, ils arriveront à accomplir leurs
intérêts personnels. (rires) Si l'on veut progresser
sur les dix terres, à travers les cinq chemins, il est
bon au début d'avoir une connaissance intellectuelle des
différents aspects de la pratique, mais à partir
du moment où l'on a acquis ce bagage, il faut l'appliquer.
La réalisation, les fruits de la méditation ne viennent
que par la méditation et les réflexions ou les discussions
sur le dharma sont inutiles. Ce qui fait progresser, c'est la
méditation, uniquement. Le lama est essentiel dans cet
aspect. Un lama qui est un parfait bouddha peut conduire le disciple
à cet état de bouddha. S'il est un bodhisattva,
il le conduira à un état de bodhisattva, S'il est
un hippie, son disciple atteindra l'état de hippie ! (rires)
Si l'on est professeur, le mieux que l'on puisse faire c'est d'aider
notre élève à devenir professeur. On ne peut
donner plus que ce que l'on a.
- Malgré
tout, il y a des gens qui pratiquent dans la vie pas seulement
en discutant, mais en méditant réellement...
- On peut pratiquer
très bien dans la vie ordinaire. Il est important alors
de développer cet aspect altruiste, cette tendance à
souhaiter faire le bien des êtres en tout lieu et en toute
occasion, à renoncer à toute action négative
et à toute nuisance à l'encontre des êtres.
C'est en fait la
pratique de l'amour. En développant à l'intérieur
de soi la motivation de faire que tous soient heureux, qu'ils
aient les causes et les conditions du bonheur, de la joie et de
l'absence de souffrance, en le souhaitant profondément,
cela devient une éthique de vie.
Nous
essayons alors d'agir en toute occasion dans le sens du bienfait
des autres, et l'activité de l'amour est mise en action.
Cette pensée d'amour développée et devenue
la base de notre être, de notre motivation intérieure,
rejaillit à l'extérieur dans notre comportement
et notre activité quotidienne. La pratique, dans ce sens,
commence par soi-même. En prenant conscience de ce qui est
juste et de ce qui ne l'est pas, nous nous efforçons, tant
dans notre conduite extérieure que dans notre pratique,
de rejeter tout ce qui est action négative et d'accomplir
ce qui est positif pour les êtres. Quand cela devient un
mode de vie fondamental, nous pouvons alors l'enseigner aux autres.
Au travers de cette pratique de l'amour et de la compassion, nous
faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter le bonheur
et les causes du bonheur, et devenant un exemple vivant de ce
qui est à faire ou pas, nous montrons ce qui est juste
et ce qu'il faut abandonner. C'est une affaire de chaque instant...
Quand une émotion particulière s'élève,
de l'animosité envers les autres ou un esprit de malveillance,
il faut en être conscient et le transformer en un esprit
altruiste qui souhaite non plus un bonheur égoïste,
mais celui de tous. Alors la transformation se fait, d'instant
en instant, et nous sommes capables d'aider les êtres. Notre
activité, aussi bien au niveau de l'esprit qu'au niveau
de la manifestation, devient celle d'un bodhisattva. L'esprit
et l'action deviennent purs et, petit à petit, par cette
pratique, nous obtenons aussi les réalisations de méditation
qui sont inhérentes à ces qualités d'amour
et de compassion. Un signe qui montre que quelqu'un a vraiment
développé l'esprit de bodhisattva dans le courant
de son être, c'est qu'il souhaite aux autres le bien qu'ordinairement
nous aurions souhaité à nous-mêmes, et prend
sur lui, pour en libérer les êtres, les difficultés
qu'il voit chez autrui et que nous aurions souhaité éviter
d'habitude. D'une façon ordinaire, nous sommes toujours
préoccupés par notre intérêt personnel
; obtenir le meilleur pour nous-mêmes, éviter ou
sortir le mieux d'une situation inconfortable, quitte à
ce que cela retombe sur les autres, tromper les autres à
notre profit. Un bodhisattva a totalement inversé ce mode
de pensée. Il cherche à chaque fois comment il pourrait
aider les êtres, quitte à prendre sur lui les difficultés,
les pertes et les défaites, et à donner aux autres
la victoire et le bonheur. Là, on reconnaît vraiment
un bodhisattva, on le voit dans sa façon de penser et d'agir.
Si vous habitez une
grande ville, vous avez beaucoup d'occasions de pratiquer ce que
je viens d'enseigner, de développer l'esprit d'éveil
et de nombreux amis vous aideront à le faire ; tous ceux
qui vous agressent et vous ennuient sont autant d'amis sur cette
voie, à condition d'avoir la patience, car sans patience,
vous n'arriverez à rien. Ceux que l'on juge nos ennemis
en temps ordinaire dynamisent notre pratique; ils sont en fait
des amis spirituels qui enseignent comment développer cette
patience, l'esprit d'Eveil. Ils sont très précieux.
Dans toutes les grandes villes, nous pouvons souffrir, mais surtout
être en contact avec la souffrance des autres. Face à
elle, il faut se dire : tous ont été soit mon père,
soit ma mère dans une de mes nombreuses existences précédentes
et tous veulent le bonheur. Il faut trouver en soi les moyens
de les aider, faire que nos pensées ne soient plus égoïstes
et tournées vers nous-mêmes, mais au contraire tournées
vers leur bienfait, que notre action soit en accord avec le dharma
qui enseigne comment libérer les êtres de la souffrance
et leur apporter le bonheur et ses causes. L'existence peut nous
apporter des conditions de pratique idéales : sur le terrain
face à la souffrance des gens, face à notre souffrance,
face à l'agression que l'on peut rencontrer. Tout cela
doit devenir support de pratique.
- Nous vous remercions
Rinpoché de ces enseignements qui feront l'objet d'une
réflexion et remettront de nombreuses choses à leur
place.
- C'est une bonne
chose de mettre cela dans un journal, mais j'espère que
chacun le mettra dans sa pratique aussi. Si l'on fait une scission
entre ce qui est dit dans le journal et ce que l'on prend pour
soi-même, cela présage une pratique erronée!
(rires.)
- Au contraire,
c'est une très belle occasion de rassembler les choses,
de travailler avec tout.
- Et ensuite, il
faut le redonner aux êtres ! (rires) Cette vie est très
courte. Depuis que je suis né, les choses vont en empirant
physiquement. J'ai été très jeune, maintenant
j'ai les cheveux blancs, je suis vieux, ma vie arrive presque
à son terme; mais j'ai toujours été conscient
de la brièveté de cette existence humaine, de son
côté éphémère et dé l'importance
d'utiliser au maximum la potentialité que contiennent les
enseignements. On peut penser que l'on vit très longtemps,
mais il y a peu de temps en fait pour faire ce qu'il y a à
faire. Il est important d'oeuvrer dans le sens de la pratique,
d'arrêter de penser de façon égoïste,
car au moment de la mort, on se rendra compte de l'inutilité
de toutes les activités mondaines. A cet instant, les seules
choses utiles seront le bien accompli, ce que l'on aura appris,
la manière dont on aura trouvé un refuge auprès
d'un lama, des enseignements, des Trois Joyaux. Même si
l'on s'en rend compte au moment de la mort, il ne sera plus temps
de le pratiquer. Il faut profiter de cette existence humaine,
de chaque instant, pour mettre le dharma à profit. Dans
votre pays, on a la chance de rencontrer le dharma, de pouvoir
l'étudier et le comprendre. A partir du moment où
l'on a un très bon bagage intellectuel, il ne faut pas
se borner à cela mais l'expérimenter en soi-même.
C'est à cette condition qu'il deviendra utile, sinon cela
restera une forme de curiosité intellectuelle, d'érudition
qui n'apportera pas les fruits que font mûrir la pratique
et la méditation. Il y a une citation qui dit : "Si l'on
veut savoir quelles ont été nos actions dans les
vies antérieures, regardons notre condition présente,
Si l'on veut savoir les conditions de notre vie future, bonheur
ou souffrance, observons nos actes maintenant. Ils présagent
notre vie future".
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