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L'essence
de l'esprit #4
Kunzig
Shamar Rinpoché
La
nature de Bouddha
La
nature de bouddha est en chacun d'entre nous, elle est dans notre
esprit, et possibilité d'éveil n'est pas ailleurs
qu'à l'intérieur de notre propre esprit. possibilité
d'éveil ne peut pas venir de l'extérieur et ne doit
pas être cherchée' l'extérieur de nous-mêmes.
La nature de bouddha, l'éveil, est la nature de notre propre
esprit. Si l'on n'a pas compris cela, on peut faire beaucoup de
choses, mai passer vingt ans dans des grottes à essayer
de méditer comme Milarépa, ou aller voir les plus
grands maîtres et en recevoir toutes sortes d'enseignements,
ne sert à rien et ne permettra jamais l'éveil. Il
faut bien savoir, comprendre et réaliser que cet éveil
n'est pas ailleurs qu'au sein même de notre propre conscience.
Le chemin qui mène de l'état ordinaire, de l'illusion
du cycle des existences à l'éveil qui est la libération
de toute illusion et de toute souffrance est extrêmement
vaste. Les enseignements concernant ce chemin constituent le dharma;
c'est quelque chose d'énorme et on peut en apprendre beaucoup,
mais il est difficile de tout en connaître. Par contre,
le moyen même de cette libération, c'est la contemplation
de l'esprit par lui-même et c'est ce qui en constitue la
pierre de touche. Cet immense corpus des enseignements vient prendre
effet dans cette contemplation de l'esprit par lui-même.
C'est de cette contemplation que dépend réellement
la progression vers l' éveil. Cette progression se fait
graduellement et dépend de deux choses: d'abord, de la
qualité de la contemplation, qui doit être une pure
prise de conscience, et puis de la persévérance
que l'on y apporte, car cette contemplation doit être appliquée
petit à petit et sans interruption, ce qui permet une progression
régulière et aisée vers l'éveil. Sans
ces deux choses: la qualité de contemplation qui soit vraiment
la contemplation dépourvue de phénomènes
mentaux, et la mise en application régulière, on
ne peut pas parler d'une véritable progression vers l'
éveil.
L'esprit
auto-connaissant
On
répète qu'au fur et à mesure que la méditation
progresse et s'approfondit, on développe la sagesse, mais
ce terme de développer la sagesse n'e"t peut-être
pas très approprié. En fait, on ne construit rien
du tout et on ne développe rien. La suprême connaissance,
que l'on appelle yéshé, ne s'acquiert ni ne se construit.
C'est quelque chose qui est là de toute éternité;
c'est une qualité de l'esprit inhérente à
la nature fondamentale de cet esprit, et tout ce que l'on fait
au fur et à mesure de la contemplation, c'est simplement
de prendre conscience de cette qualité, de la laisser apparaître.
La contemplation dévoile, révèle cette qualité
de suprême connaissance qui se trouve déjà
complète et sans limites dans l'esprit.
On fait les prosternations, on pratique le guru-yoga, l'offrande
du mandala, des récitations de mantras, etc., et tout cela
est extrêmement important et utile, parce que cela dissout
des voiles qui recouvrent effectivement notre esprit, mais des
voiles extérieurs que l'on appelle les voiles ou impuretées
karmiques. Si l'on s'arrête à ces pratiques sans
rentrer ensuite dans la contemplation de l'esprit par lui-même,
on finit par s'enfermer dans une pratique purement émotionnelle.
On pratique le guru-yoga d'une manière un peu exaltée,
mais ce n'est pas le but recherché. Le but recherché
est l'éveil ou l'illumination, et celle-ci se fait au travers
de la révélation de la suprême connaissance,
qui est inhérente à la nature de l'esprit, dans
la contemplation de la nature de cet esprit. Et cette contemplation
doit se taire d'une manière continue. A chaque fois que
je contemple, je m'imprègne de cette suprême connaissance
qui augmente la puissance et la finesse de ma contemplation, qui,
elle- même, va dissoudre encore ce qui empêchait cette
suprême connaissance de s'actualiser. C'est un processus
qui s'auto-entretient à condition que la contemplation
soit continue.
Lorsqu'on s'établit dans cette contemplation de l'esprit
ou, plus exactement lorsque l'esprit prend conscience de sa propre
nature, notre perception du monde devient une perception pure.
Si l'on développe de la compassion, il s'agit alors de
la vraie compassion, pure et dépourvue de toute connotation
sentimentale. Lorsqu'un être ordinaire développe
de la compassion, il y a de la souffrance à l'intérieur:
il souffre avec; alors que l'esprit conscient de sa nature développe
une compassion dépourvue de toute connotation émotionnelle.
De la même manière, si l'on possède la ferveur
envers le Bouddha, il s'agit de la véritable ferveur, de
la véritable aspiration, et non plus de ce que nous développons,
qui est un mélange extrêmement émotionnel
d'aspiration et d'amour. Il n'y a qu'au sein de cette prise de
conscience de l'esprit intrinsèque qu'il est possible de
développer réellement l'amour et la compassion,
ou la ferveur.
Au sein de cette prise de conscience de l'esprit par lui-même,
il est possible de développer une véritable foi
en le dharma et en les trois Joyaux. Sinon, lorsque nous développons
de la foi en le dharma, cela peut très bien devenir du
sectarisme.
Mode d'action
d'un bodhisattva
Un
bodhisattva est un être qui a réalisé la nature
illusoire des phénomènes et qui est vraiment engagé
dans cette voie. Il oeuvre essentiellement par la puissance des
souhaits, toutes ses actions ont un aspect immédiat, pourrait-on
dire. Par exemple, si un bodhisattva pratique la générosité
et le don, il les pratique comme n'importe lequel d'entre nous
peut le faire, mais il a en plus développé la force
des souhaits. Cette force est un état d'esprit qui fait
que la vertu qu'est le don et l'action qu'accomplit le bodhisattva
vont avoir un résultat immédiat et visible, et la
résultante karmique qui sera alors développée
ne s'arrêtera pas là; elle continuera à augmenter,
à se répandre, non pas au profit du bodhisattva
qui n'a pas d'ego ou de moi, mais pour tous les êtres. A
chaque fois qu'un bodhisattva accomplit un acte positif, le résultat
bénéfique de cet acte ne s'arrête pas à
la personne qui l'accomplit, mais se répand sur tous les
êtres. Tel est le mode d'action d'un bodhisattva.
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