La
pratique du Dharma induit diverses possibilités. La façon
dont ces potentialités évoluent en situations
vivantes pour le pratiquant, et ce qu'il est possible de faire
au sein même de ces situations, dépend de la capacité
de chaque individu. Cela dépend des enseignements auxquels
chacun peut se référer, comme le Mahayana ou le
Hinayana. En ce moment particulier de notre vie, la pratique
des enseignements du Mahayana est possible. C'est extrêmement
précieux et extrêmement rare. Concernés
par notre évolution et conscients de notre responsabilité,
nous en sommes arrivés au point où nous pouvons
intégrer la valeur et la rareté des enseignements
du Mahayana dans nos vies. Grâce à eux, nous avons
la possibilité de faire l'expérience du non-retour
dans le samsara et celle de la félicité ultime
qui d'elle-même est connaissance, et dans laquelle il
n'y a pas de place pour le doute.
Empêtrés
dans les errements de notre esprit, nous allons parfois jusqu'à
penser que, pratiquant ou non le Dharma, il sera toujours à
notre disposition. Si vous partagez ce genre d'idée,
c'est une grave erreur. Le plus petit moment, la moindre occasion
qui s'offre à nous de pratiquer le Dharma, doit être
saisi. Si l'on ne prend pas cette décision responsable
et que l'on ne témoigne pas d'un respect sincère
pour les enseignements du Mahayana et du Vajrayana, il y a de
grandes possibilités pour que nous soyons cause de souffrance,
tant pour nous-mêmes que pour les amis spirituels auxquels
nous sommes liés. Un manque d'attention en ce qui concerne
les responsabilités du sentier du Mahayana constitue
un manquement aux principes du Samaya (1) ; aussi, de quelque
façon que ce soit, on doit s'en tenir aux enseignements
avec la plus grande sincérité.
Si
vous considérez les enseignements comme négligeables,
par votre attitude, cela se manifestera comme tel dans la réalité,
pour votre plus grand préjudice.
En fait, l'essence des enseignements est complètement
occultée par votre état d'esprit, aussi, vous
ne pouvez pas faire de spéculations pertinentes à
leur sujet. D'autre part, la validité des enseignements
a été reconnue par leur efficacité à
travers les temps depuis l'époque du Bouddha jusqu'à
nos jours. C'est un fait sur lequel on peut s'appuyer. Vous
devez réaliser le caractère sacré des enseignements
au point de prendre conscience qu'il n'y a rien, actuellement,
de plus important que la pratique du Dharma, pour cette vie
et les vies à venir.
Dans
les situations habituelles de la vie mondaine, nous savons que
l'homme d'affaires, avant de réaliser un projet, le planifie,
calcule son coût (peut-être un million de dollars)
et en examine chaque détail avec le plus grand soin.
Dans ce monde des affaires, l'attention apportée à
ce genre de projet est d'une importance capitale et, pour mener
à bien sa réalisation, une énergie énorme
est dépensée. Le fait est que si l'on est capable
de consentir un tel effort pour un résultat de nature
aussi précaire, pourquoi ne pas en dépenser au
moins autant pour un but dont le bénéfice est
non seulement temporaire mais également ultime. Que vous
receviez une initiation ou des explications, si vous êtes
capable d'avoir ou de développer ce sens de l'importance
du Dharma, alors il y a matière pour votre relation aux
enseignements du Mahayana, et il y aura aussi accomplissement.
S'il y a engagement authentique envers l'enseignement, vous
serez à même de développer une foi et une
confiance directes et significatives envers les enseignements,
et une compassion sincère envers tous les êtres.
Une vraie compréhension de l'action du Karma, la loi
universelle de cause à effet, se fera jour.
Les
souhaits et les actions du Bodhisattva sont puissants car, dès
qu'il entreprend son voyage sur le sentier de la Bodhi, son
aspiration est tournée vers le bienfait et la libération
de tous les êtres vivants avec une intention parfaitement
pure et une forte détermination. Par la résolution
sincère qui est au coeur même de cette aspiration,
toutes les actions positives nécessaires au bienfait
et à la libération des êtres sont accomplies
avec puissance, inlassablement. S'étant engagé
sur ce profond sentier par la vertu d'une motivation altruiste,
à mesure que le Bodhisattva en franchit les étapes
successives, sa faculté de secourir un nombre toujours
croissant d'êtres vivants se révèle à
lui peu à peu. C'est ainsi qu'il commence à fouler
le sentier.
Lorsque le Bodhisattva travaille au bien de tous les êtres
avec une motivation et une action adéquates, l'accomplissement
est total. Cet accomplissement est approprié car aucun
sentiment égoïste n'y est mêlé, tel
que désir, doute, espoir, attachement ou aversion quant
à d'éventuelles pertes ou profits. Le Bodhisattva
est complètement pur et sans tâche ; il dépense
sans compter une activité incessante et pleine d'amour
pour le bienfait de tous les êtres. Il n'a pas un seul
moment de doute ou d'hésitation puisque ces obstacles
ont été transcendés. Les manières
d'un Bodhisattva sont douces, car il a renoncé à
toutes les actions négatives et à toute indulgence
à son égard. Par sa vie consacrée à
la Bodhicitta, il a complètement éliminé
les tendances malsaines, et par son renoncement il a également
détruit les causes de situations douloureuses ultérieures.
Ce travail est accompli uniquement dans un but altruiste, non
seulement par des actes aux conséquences directes mais
aussi en posant les fondations de bienfaits futurs. Lorsque
les Bodhisattvas entreprennent cette tâche, ils ont alors
la capacité d'accomplir pour les êtres, un bienfait
incommensurable, par la manifestation de leur indéfectible
générosité dépourvue de tout espoir
et de toute crainte, comme le fait le grand Bodhisattva de la
Compassion Infinie, Tchenrézi, ou comme le Bodhisattva
au Pouvoir Illimité, Vajrapani, etc.
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