Le
premier des préceptes liés aux vux de bodhisattva
consiste à toujours garder notre confiance dans le maître
spirituel qui nous a conféré ces voeux et ce,
en toutes circonstances. Nous sommes conscients d'appartenir
maintenant à la famille des pratiquants du mahayana.
Nous apprenons les enseignements du grand véhicule et
nous les mettons en pratique afin que cet engagement se concrétise
dans notre entraînement spirituel.
Les préceptes des vux de bodhisattva consistent
à ne pas s'engager dans quatre types d'actions ou d'activités
néfastes qui endommageraient ces voeux.
En premier lieu, évitons de tromper notre ami spirituel.
Il arrive que nous soyons emportés par des pensées
négatives. Nous devons faire en sorte que notre esprit
ne soit pas envahi par une motivation négative envers
un être spirituel, que ce soit celui qui nous a donné
les voeux de bodhisattva ou tout autre ami spirituel qui nous
a transmis le Dharma. Cela équivaut à s'abstenir
de toutes formes de relation mensongère avec l'ami spirituel.
Essayons donc d'être conscient de notre état d'esprit
et de notre motivation.
La deuxième action néfaste qui doit être
abandonnée est celle qui consiste à faire obstacle
d'une manière ou d'une autre à la pratique du
Dharma ou à l'activité d'un bodhisattva. Si nous
voyons quelqu'un qui pratique la générosité,
que ce soit la générosité matérielle
ou la générosité spirituelle, c'est-à-dire
la transmission du Dharma, n'essayons pas de le critiquer ou
de le pousser à regretter son activité spirituelle.
Le meilleur moyen de prévenir cela est de se réjouir
de toutes les activités positives accomplies par les
autres et en particulier par ceux qui pratiquent le mahayana.
Nous-mêmes, ne ménageons pas nos efforts pour créer
quelque chose de bénéfique pour les autres, en
particulier à travers les différentes formes de
générosité.
Troisièmement, dénigrer ceux qui ont développé
l'attitude du bodhisattva, du fait de la rivalité ou
de l'aversion qui peuvent s'élever dans notre esprit,
endommage notre engagement. Le meilleur antidote consiste à
toujours se réjouir de tout le bien et de tout le mérite
créé par tous les bodhisattvas ou apprentis bodhisattvas.
Dédier continuellement notre pratique personnelle, faire
des offrandes et louer les qualités des bodhisattvas
est la meilleure manière de prévenir toute tendance
négative, d'être digne du mérite créé
par les autres et de participer de ce courant de mérite.
La quatrième action négative à éviter
est le fait de nuire à un être vivant quel qu'il
soit ou de le faire souffrir. Le meilleur moyen de prévenir
ce type d'action est d'être toujours préoccupé
du bonheur des autres et de nous efforcer d'accomplir le bienfait
des êtres.
L'engagement des voeux de bodhisattva consiste à toujours
garder en mémoire ces préceptes et à les
appliquer. Pour ne pas aller contre cet engagement, il s'agit
de ne jamais oublier l'esprit d'éveil, de ne pas le laisser
décroître mais au contraire de le cultiver et de
l'enraciner en nous pour qu'il se développe de plus en
plus.
D'une façon générale nous devons nous efforcer
d'entretenir continuellement dans le courant de notre esprit
une attitude de générosité, de dédicace
permanente, quelle que soit la forme de bienfait que nous puissions
accomplir. Nous devons toujours garder présente à
l'esprit la motivation d'aider les autres, puis de toujours
dédier ce que nous avons fait pour que cela aboutisse
réellement à quelque chose de bénéfique
pour tous les êtres.
Du point de vue de l'engagement pratique, nous devons veiller
à nous tenir à l'écart de toutes formes
d'actions négatives qui peuvent nuire aux êtres,
même si elles nous semblent mineures ou négligeables.
En prenant conscience du moindre acte quotidien, nous allons
développer petit à petit la conscience juste du
bodhisattva. Accomplir des actes positifs, apparemment de peu
d'importance ou négligeables, n'est pas dérisoire.
C'est de cette façon que nous gardons et que nous entretenons
les voeux de bodhisattva dans le courant de notre être.
A chaque fois que nous accomplissons une pratique spirituelle,
même la plus simple comme réciter un mantra, visualiser
une divinité, faire des prosternations ou des circumambulations
autour d'un stupa, l'important est d'avoir toujours présent
à l'esprit la bodhicitta et qu'elle soit le coeur qui
anime véritablement notre pratique.
Gardez présent à l'esprit la nécessité
de ne jamais oublier les êtres, de ne jamais les abandonner.
Essayez de reprendre régulièrement les voeux de
bodhisattva et d'entretenir l'esprit d'éveil, dès
que vous avez la possibilité de le faire, même
si vous n'avez que peu de temps.