Approfondir
le sens du dharma
Dans l'état intermédiaire, après le moment
de la mort, l'expérience est complètement solitaire;
nous sommes seuls, dans la confusion et il n 'y a personne pour
nous aider. C'est pour cela que les grands maîtres du passé nous
ont expliqué combien il est important de nous connaître
nous-mêmes et d'appréhender le chemin par nous-mêmes.
Nous serons toujours aussi seuls, mais c'est une solitude assumée
qui nous permettra de continuer le chemin de façon moins
confuse. Ensuite, si nous agissons négativement, nous
générons des causes de souffrance: c'est un processus
parfois difficile à percevoir. Même si nous sommes
d'accord avec l'enseignement, nous ne sommes pas lucides au point
d'être constamment conscients de ce qui se passe. Par exemple,
les vaches sont malades et il faut faire attention à la
viande que nous mangeons si nous ne voulons pas devenir malades
nous aussi. Nous faisons bien le lien entre la maladie de la
vache et la viande et nous pouvons décider d'arrêter
d'en manger. Dans de telles circonstances, nous sommes lucides
sur le lien entre la cause et l'effet. Cependant, alors que nous
pensons qu'il faut faire attention à ne pas produire de
karma négatif pour éviter de générer
de la souffrance, nous n'arrêtons pas pour autant d'agir
négativement car nous n'avons pas encore intégré le
lien entre la cause et l'effet.
La seule façon d'intégrer la connexion entre ce
que nous expérimentons et la cause créée
antérieurement, est d'approfondir encore le sens de l'enseignement
en y réfléchissant. De même, ce n'est pas
facile de définir ce qu'est une action positive. Observant
le type d'actions que nous exprimons à travers le corps,
la parole et l'esprit, nous allons être de plus en plus
sincères.
Le samsara n'est pas quelque chose d'extérieur à nous-mêmes,
il est en nous. C'est nous qui le générons à travers
nos actions et si nous ne sommes pas conscients de ce qu'est
le cycle des existences, nous ne pourrons pas nous en libérer.
Nous
pourrions utiliser le dharma pour aménager notre
vie dans le samsara chaque fois que se présente une difficulté ou
un problème, alors que si nous prenons conscience du type
d'actions que nous accomplissons, nous devenons de plus en plus
clairs, lucides et sincères sur nous-mêmes et nos
choix. C'est ce qu'ont fait les grands bodhisattvas. Ils ont été conscients
des effets de leurs actions et ont transformé leur attitude.
Cette sincérité va nous amener à nous ouvrir
aux autres. Conscients du fonctionnement du samsara, nous reconnaissons
la situation de l'autre, comment est produite la souffrance de
l'autre: la bienveillance s'élève naturellement
et une attitude d'amour et de compassion prend place dans l'esprit.
L'état d'esprit juste est fondé sur la compréhension
de notre propre situation et elle se développe avec la
vigilance. Si nous voulons nous libérer de la confusion,
il est nécessaire de développer cette compréhension
de nous-mêmes qui induit une réelle bienveillance,
sinon nous allons tourner en rond dans le samsara.
Avec
le développement de la compassion, il est beaucoup
plus aisé de rencontrer nos émotions et de les
utiliser sur le chemin. De plus, au-delà des émotions,
la compassion nous permet de dissiper l'ignorance et de mieux
comprendre sa nature. Par exemple, du point de vue de la valeur,
il y a une différence entre l'humain et l'animal. Mais
du point de vue de l'expérience personnelle, il n'y a
pas de différence entre les deux: l'expérience
de la souffrance est la même.