Les
6 paramitas
Lama
Guendune Rinpoché
Attitudes
au niveau du corps, de la parole et de l'esprit
Quelles
que soient les circonstances, le bodhisattva ne doit pas laisser
décroître sa motivation, sa joie intérieure
et son élan enthousiaste vers l'accomplissement du bienfait
des êtres. Il doit être vigilant par rapport à
son corps, sa parole et son esprit, afin de pouvoir rejeter du
courant de son être toutes les intentions ou les conceptualisations
impures qui peuvent apparaître, et de s'appuyer fermement
sur des intentions pures, de telle sorte qu'il puisse demeurer
un objet de confiance de la part d'autrui.
A - ATTITUDES
DU CORPS
Se mettre
à sauter, à courir, avoir sans raison une expression
corporelle agitée, créant une source de trouble
et de perturbation pour les autres, est une attitude incorrecte.
Il faut, au contraire, être pondéré et calme,
avoir une attitude souriante, douce et réconfortante pour
les autres. "En toutes circonstances, on devra rester maître
de soi et exprimer une attitude souriante et avenante. On devra
abandonner toutes formes de courroux qui défigurent l'aspect
physique, et établir au contraire une attitude amicale
et ouverte envers tous les êtres."
C'est en s'appuyant
sur les rapports avec les autres que l'on développe les
moyens de l'Eveil. On doit sans cesse être conscient de
cela dans la relation à autrui, ce qui est comme un rappel
pour l'obtention de l'Eveil. Avec cette conscience, on aborde
les autres dans un état d'esprit franc et empli d'amour.
Lorsque l'on est assis, on doit avoir les jambes croisées
(sans les étendre). On n'entrecroise pas les mains ni les
bras. On demeure dans la posture de méditation de façon
extrêmement détendue.
Lorsque l'on
mange, on doit éviter de se remplir complètement
la bouche, de faire des bruits en mâchant ou d'avoir la
bouche béante - toutes sortes d'attitudes impropres.
Cela signifie
que l'on doit avoir une attitude correcte, car celle-ci n'est
pas seulement liée au fait que "l'on mange", mais elle
est un reflet de la pratique, un reflet de la voie spirituelle
que l'on suit et développe. Pour les autres c'est important,
car cela leur permet, d'une certaine façon, de juger la
valeur de l'enseignement. L'attitude que l'on développe
à ce moment-là peut donner confiance ou au contraire
interdire toute forme de confiance en l'enseignement. Si l'on
a une attitude positive, cela pourra amener les êtres vers
le Dharma et être pour eux un facteur d'accumulation positive.
De la même
manière, dans l'action, le mouvement, on ne doit pas avoir
une attitude agitée, mais au contraire rester calme.
Dans toute forme d'activité, on appliquera un type de contrôle
de soi-même.
Au moment
de dormir, l'attitude juste est de prendre la même posture
que le Bouddha Sakyamouni à sa mort (posture du lion) :
couché sur le flanc droit, la main gauche sur le flanc
gauche, la main droite sous la joue droite, le pouce pressé
en dessous de l'oreille et l'auriculaire bouchant la narine droite.
On s'endort ainsi.
B - DEUX ATTITUDES
INCORRECTES DE LA PAROLE
(1) Parler
beaucoup.
(2) Parler
sous l'emprise de l'attachement ou de l'aversion.
Toutes
les négativités qui naissent du fait de parler trop
ou à tort et à travers sont expliquées dans
un texte du Bouddha : "Les fous, les gens puérils qui parlent
trop endommagent complètement leur pratique du Dharma,
qui se détruit chaque jour davantage. Le résultat
est que leur esprit devient de moins en moins souple et de plus
en plus rigide et grossier. Par cette attitude, ils s'éloignent
des qualités de la méditation, comme la stabilité
mentale ou la vision supérieure."
Telles sont les principales négativités associées
aux bavards.
En traitant
le lama de manière irrespectueuse, on habitue son esprit
à des conversations impures et on commence à y prendre
plaisir ; parce que l'on demeure dans cette attitude frivole,
on perd toutes les qualités de conscience transcendante
et de compréhension supérieure.
En ce qui
concerne les négativités naissant des paroles incisives
et agressives adressées aux autres, même si quelqu'un
nous trouble, on ne doit pas considérer son attitude comme
négative en soi, car si l'on réagit par une autre
attitude négative, un type de fruit semblable à
celui qui a été créé sera expérimenté.
On doit considérer que celui qui parle ou agit ainsi est
tout simplement sous l'influence de l'ignorance, et développer
soi-même une attitude consciente sans répondre à
l'ignorance par la stupidité.
Dans un Soûtra
où le Bouddha exprime comment tous les phénomènes
sont dépourvus d'origine, il est dit : "le bodhisattva
à qui l'on cause du tort ne devra pas répondre par
une attitude négative, car ceci l'éloignerait complètement
de l'Eveil. Tant qu'un bodhisattva transgresse l'esprit d'Eveil,
il s'éloigne de l'Illumination."
Même si les autres ont envers nous une attitude impropre
et agressive, cette attitude ne doit pas être la cause d'une
manifestation négative de notre part.
Si l'on doit
s'exprimer, on le fait de façon attrayante et agréable
pour les autres et de manière cohérente, c'est-à-dire
en relation avec la situation. On exprime le sens de façon
très claire, significative, dans une attitude libre de
toute forme d'attachement ou d'aversion. On parle de façon
douce et modérée.
C - DEUX ATTITUDES
INCORRECTES DE L'ESPRIT
- L'attitude
basée sur l'attachement et le désir d'acquérir
des biens, de la renommée, du pouvoir.
- L'attitude
basée sur l'attachement au sommeil ou à l'indolence
et la paresse.
- Les négativités
s'élevant de l'attachement aux honneurs et aux biens
Dans un Soûtra
de l'exhortation à la pensée supérieure de
l'Eveil, le Bouddha explique cela en s'adressant à Maitreya
:
"Maitreya, le bodhisattva doit examiner son esprit et réaliser
ce qui se passe lorsque s'élève l'attirance pour
les biens matériels ou la renommée... En examinant
son esprit, il prendra conscience que, de l'attachement aux biens
et aux honneurs, s'élèvent la haine, la limitation
mentale, la tromperie - et toutes autres formes d'émotions
négatives - et il s'apercevra qu'il est désapprouvé
par tous les Bouddhas."
Toutes les
vertus sont détruites par cette saisie. S'attachant aux
biens et aux honneurs, le bodhisattva se trompe lui-même
; ces richesses et cette célébrité sont comme
une courtisane perfide. Même s'il parvient à ses
fins, possédant des richesses et étant honoré,
il ne se sentira pas satisfait pour autant. "Tout comme l'eau
qui apparaît en mirage ne saurait étancher la soif,
les qualités et obtentions issues du désir ne sauraient
apporter satisfaction."
En réfléchissant
à ceci, on réduira ses désirs et on développera
un état de contentement, de modération et de satisfaction.
- Les négativités
provenant du fait de se complaire dans l'oisiveté ou le
sommeil
"Celui
qui se complaît dans le sommeil, l'indolence, l'oisiveté
verra sa capacité de conscience éveillée
se réduire et devenir extrêmement faible ; à
cause de cela son intellect s'amenuisera de plus en plus. Même
les qualités primordiales de sagesse de l'esprit s'épuiseront
petit à petit."
"Celui qui se réjouit dans le sommeil ou la somnolence
sombre dans la paresse, l'ignorance et l'indifférence ;
à cause de cela, toutes ses capacités de connaissance
discriminante supérieure sont endommagées. En dépendance
de cette faiblesse de l'esprit, il devient la proie de toutes
les forces négatives et, en particulier, des forces non-humaines
et invisibles. Etant devenu un terrain se prêtant à
l'attaque des forces négatives, sa vie est sans arrêt
tourmentée et il rencontre des obstacles et des difficultés."
Pour cette raison, on abandonnera les attitudes impropres de l'esprit
et on développera les attitudes correctes, basées
sur la foi, l'aspiration et la confiance, telles qu'elles ont
déjà été exposées auparavant.
La façon
d'accroître la conduite juste
Par la sagesse
primordiale
Par la conscience discriminante
Par la dédicace
La façon
de purifier l'éthique
Par la vacuité
Par la compassion
C'est par
la compréhension de ces deux aspects que la conduite éthique
est rendue parfaitement pure.
Le fruit de
la conduite juste
1 - DU POINT
DE VUE ULTIME
Par la pratique
de l'éthique, on obtient l'insurpassable Eveil. Dans les
"Terres de bodhisattva", il est dit : "Le bodhisattva qui s'exerce
et qui atteint la perfection de vertu transcendante de la conduite
juste, obtient manifestement et complètement l'Eveil insurpassable.
Il devient véritablement un Bouddha."
2 - DU POINT
DE VUE RELATIF
Le
mûrissement de la conduite juste est l'obtention de toutes
les conditions excellentes dans le monde - bonheur, bien-être,
jouissances et situations favorables - sans que l'on ait besoin
de les rechercher.
Le Bouddha
s'adresse à Sharipoutra, lui disant : "Sharipa, si un bodhisattva
observe une éthique parfaitement pure, de ce fait il n'est
aucune des qualités ni aucune des excellences des dieux
ou des hommes qui ne devienne sienne. Bien qu'il jouisse de toutes
les facilités dans le monde, le bodhisattva ne sera pas
dominé par elles, il aspirera au chemin de l'Eveil et s'y
acheminera sans cesse."
Celui qui
possède une éthique parfaitement pure sera honoré
et vénéré par les êtres humains et
non-humains.
"Le bodhisattva qui possède parfaitement le corps de l'éthique
sera sans cesse honoré par les dieux, il sera adulé
par tous les mages, loué par tous les gardiens des trésors
et sera l'objet des offrandes et de la vénération
des mangeurs d'odeurs (esprits)."
"Dans le monde humain, il sera sans cesse loué et demandé
par des brahmines, par des êtres de condition supérieure,
par les maîtres de maison."
"Il sera également toujours en accord avec tous les Bouddhas
et sans cesse honoré par tous les êtres divins et
mondains."
La
patience
|