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Lodjong
- Kunzig Shamar Rinpoché
" Aisés à expliquer,
mais très difficiles à réaliser "
Les "Sept Points de l'Entraînement de l'esprit"
sont au cur de l'enseignement des soutra et des tantra dans
la tradition du Mahayana ; ce sont les moyens habiles à
mettre en pratique. Le texte fut composé par le sage indien,
Atisha, puis introduit au Tibet où il se répandit
largement et devint l'instruction essentielle pratiquée
par tous les lamas. Quelle que soit notre pratique, cet entraînement
de l'esprit consiste en conseils qui permettront de l'approfondir
toujours davantage. Que nous méditions selon la tradition
du Mahamoudra ou celle du Dzogchen , ou sur des yidams tels que
Dordjé Pagmo ou Khorlo Demtchok. - en fait toute pratique
tantrique de quelque tantra que ce soit (charya, kriya, yoga ou
anuttarayoga), notre pratique n'a pas de signification sans l'entraînement
de l'esprit. Un tel entraînement de l'esprit est essentiel
lors d'une pratique tantrique, puisqu'il assure la levée
des obstacles le long du chemin.
Quels sont les sept points ?
LES PRELIMINAIRES
Cela signifie réfléchir sur les quatre pensées
qui tournent l'esprit vers l'éveil. Il n'est pas nécessaire
de développer ce point puisque vous êtes probablement
déjà familiarisés avec ces pensées.
ENTRAINEMENT AUX DEUX BODHICITTAS
Les deux bodhicittas sont l'une ultime et l'autre relative, elles
représentent l'union de la sagesse et des moyens habiles.
BODHICITTA ULTIME
Pour la développer, on doit méditer. La méditation
elle-même comporte trois phases : l'introduction, le corps
de la pratique et la post-méditation.
L'INTRODUCTION
Songez d'abord que vous êtes vraiment en présence
de votre lama ou de votre divinité de méditation.
Si vous êtes dans un temple, il y aura des statues de Bouddha
sur l'autel en face de vous. Pensez que tous les bouddhas et bodhisattvas
apparaissent en face de vous et offrez-leur une prière
à sept branches. Ensuite redressez le corps et installez-vous
dans la posture en sept points. Laissez votre esprit se poser
sur le mouvement de la respiration, pendant vingt et une respirations
complètes, pour le calmer et le stabiliser.
LE CORPS DE LA PRATIQUE
Pensez que tous les évènements de la manifestation
et les mouvements de l'esprit sont illusoires ou de la nature
du rêve, irréels et erronés. Par exemple,
quand nous sommes endormis, notre rêve nous semble vrai,
mais il est complètement irréel : s'il était
réel, alors il aurait réellement lieu. De la même
façon, notre monde et la grande diversité d'êtres
qui le peuple procèdent dans tous leurs aspects de la manifestation
illusoire de l'esprit. Tant que l'illusion est présente,
elle est " réelle ", mais en essence, elle est
irréelle, tout comme le rêve. Considérez ainsi
tous les phénomènes comme étant sans signification,
semblables au rêve, et pendant un moment, laissez votre
esprit reposer sur cette perspective.
Il peut arriver que vous vous demandiez ; " L'esprit lui-même
est-il réel ou ne l'est - il pas ? ". C'est votre
propre expérience qui vous conduira à le reconnaître.
Il faut que vous méditiez sur l'esprit et que vous vous
posiez la question : quelle est sa couleur ? Quelle est sa forme
? D'où vient-il ? Quel est son but ? Est-il intérieur
ou extérieur au corps ? Que se passe-t-il quand il expérimente
la chaleur ou le froid ? Etc. Réfléchissez en ce
sens. Il se peut que vous en arriviez à la conclusion que
l'esprit défie toute détermination : ceci est l'essence
de l'esprit, et on doit méditer sur ce point.
Dès qu'une pensée s'élève, regardez-la
directement et posez-vous la question : quelle est sa véritable
nature ? Demeurez dans la compréhension "qu'elle n'est
rien". Il est dit que toutes les pensées demeurent
dans l'alaya. L'alaya est l'esprit non-conscient, le penseur est
le mental confus, celui qui court après les sons, les formes,
les odeurs, les goûts et les sensations. l'esprit devient
visible quand on demeure dans un état où on ne court
plus après quelque chose. Par exemple, quand on a un travail
à faire, l'esprit suit cette idée et pense ; "Que
vais-je faire à manger aujourd'hui ? Qu'elle pièce
vais-je nettoyer ?"... Quand l'esprit ne poursuit pas de
telles pensées, c'est l'alaya. Le corps de la pratique
consiste à demeurer dans cette sorte de méditation
aussi longtemps que possible. En fait, c'est une méditation
semblable à celle de la voie du Mahamoudra.
POST-MEDITATION
Dans votre vie quotidienne, exercez-vous à reconnaître
toute chose comme illusoire et irréelle.
BODHICITTA RELATIVE
L'entraînement à cet aspect de la bodhicitta consiste
en " tonglen " (envoyer - prendre). C'est une pratique
très importante car elle permet de purifier nos obscurcissements
et d'approfondir notre capacité d'absorption méditative.
Nous devons nous accoutumer à pratiquer l'échange
de soi avec les autres. Par-là, nous tranchons entièrement,
à la racine, la saisie de l'ego. D'abord, nous réfléchissons
sur les défectuosités de la fixation égoïste.
C'est à cause de la saisie égoïste que nous
faisons l'expérience des cinq émotions perturbatrices.
A partir du moment où il y a "je", nous nous
mettons à aimer et à détester. Nous nous
attachons à ce que nous aimons et nous rejetons ce que
nous n'aimons pas. Cette interaction dualiste est le cur
de tous nos problèmes, et continuera à en créer
si nous ne mettons pas fin a la saisie de l'ego.
L'étape suivante consiste à s'exercer à pratiquer
la compassion envers les autres.
Nous pouvons commencer par nous prendre nous-mêmes comme
sujets de réflexion.
Que ressentons-nous quand nous avons chaud, froid, faim, soif
ou quand nous sommes malades ?
C'est la même souffrance que tous les êtres vivants
éprouvent. Quand nous développons la compassion,
qu'elle soit aussi dirigée vers les animaux, pas uniquement
vers les humains. Les animaux souffrent en effet beaucoup plus
que les êtres humains, principalement du fait de leurs propres
incapacités. Certaines souffrances proviennent des humains.
Les poissons sont parfaitement heureux dans l'eau, sans nuire
aucunement à l'homme, cependant, pour le sport, l'homme
les prend à l'hameçon et les laisse mourir sur le
sable. Que ressentirions-nous si on nous faisait la même
chose ? Si quelqu'un meurt de faim et a besoin de poisson pour
se nourrir, il y a une raison à son action - elle reste
négative mais excusable -. Récemment, je suis allé
me reposer au bord de la mer. Tous les gens y étaient bien
habillés et loin de mourir de faim, pourtant c'était
pour eux une source d'amusement de ferrer des poissons, de les
jeter sur le sable et de les piétiner jusqu'à ce
qu'ils meurent.
Pensez aussi aux homards, à la façon dont ils sont
plongés vivants dans l'eau bouillante dans les restaurants.
Que ressentirions-nous si nous étions un homard ? C'est
par de telles réflexions que l'on développe la compassion.
Le chagrin éprouvé au souvenir du nombre de personnes
tuées dans les deux guerres mondiales, est de la compassion
mais elle doit être étendue aux animaux également.
On les tue chaque jour et chaque nuit. La compassion envers les
humains uniquement n'est pas compassion véritable, mais
une forme d'attachement.
Sur quoi devons-nous réfléchir quand nous pratiquons
le don et la prise en charge ? Nous devons nous poser la question
de ce qui se passerait si nous expérimentions personnellement
toute la souffrance de tous les êtres vivants. Cette réflexion
doit être pratiquée dans une disposition d'esprit
détendue sans commettre l'erreur de penser : "Oh,
je vais peut-être connaître effectivement cette souffrance
! ", et se laisser gagner par l'anxiété. Il
n'est pas nécessaire d'appeler la souffrance, il suffit
d'y réfléchir. Ainsi notre attitude s'améliorera.
Pour l'instant, nos esprits sont confus et obtus, faisant de nous
la proie de l'orgueil. Cet orgueil doit être dominé
et la façon d'y parvenir est de penser à la souffrance
des autres.
La souffrance émotionnelle fait également partie
de l'expérience de tous les êtres vivants. De nos
jours, nombreux sont ceux qui souffrent de troubles mentaux causés
par l'activité des émotions : orgueil, colère,
jalousie, désir et ignorance, En outre, les émotions
conditionnent le monde que nous expérimentons. De quelle
manière ? Le monde où nous vivons n'est rien d'autre
que l'apparence illusoire de notre esprit confus. Cette apparence
est produite par notre karma. Comment le karma est-il créé
? Par le mouvement des émotions dans l'esprit.
Lorsqu'on développe la bodhicitta, on crée une manifestation
illusoire qui est positive. Par exemple, lorsqu'on est dans les
enfers, on peut s'éveiller de cet état et naître
parmi les êtres humains. Tous les êtres humains connaissent
les émotions de l'orgueil, du désir, de la colère,
etc., et à travers elles, accumulent un karma négatif
illimité ; donc l'être soumis à ces émotions
devra expérimenter dans le futur la condition négative,
forme sous laquelle se manifestera la maturation de ses actes.
Il est donc nécessaire de développer la compassion
à l'égard de tous les êtres.
L'enfer n'est pas un lieu, - il en existe de nombreuses sortes
-. Le mot tibétain pour enfer signifie simplement "
souffrance "; l'enfer est " un monde de souffrance ".
Les autres mondes manifestés sont des endroits où
bonheur et souffrance alternent, par exemple notre monde. Il existe
aussi des mondes qui ne connaissent que le bonheur : ils sont
le produit d'êtres au karma complètement positif.
Ne croyez pas que ces mondes purs, tels Déouatchène,
soient imaginaires, comparés à notre monde "
réel " : c'est la même chose.
Ainsi pratiquer le don et la prise en charge, c'est penser à
toute la souffrance de toutes les formes d'êtres vivants.
Pour vous familiariser avec cette pratique de la compassion, vous
pouvez utiliser une autre méthode - vous concentrer sur
votre respiration -. Elle a deux avantages : votre pratique du
calme de l'esprit va s'améliorer et votre compassion s'accroître.
Pour cela, asseyez-vous dans la même posture que précédemment
et laissez votre attention se poser sur votre respiration. Quand
vous expirez, pensez que vous envoyez votre bonheur à tous
les êtres vivants et qu'il les pénètre. Quand
vous inspirez, prenez en vous leur souffrance. Faites cela aussi
longtemps que vous le pouvez. Lorsque vous éprouvez une
souffrance mentale à penser ainsi à la souffrance
d'autrui, utilisez la pratique de la bodhicitta ultime que vous
avez apprise auparavant : regardez directement cette idée
que la souffrance des autres vous pénètre et réalisez
que cette pensée n'a pas d'existence réelle. Vous
entrez alors dans la méditation de la Bodhicitta ultime.
Développer alternativement la Bodhicitta ultime et relative
comporte des bienfaits sans limites.
Ceci est le corps de la pratique. Ensuite, dans notre activité
quotidienne, il nous faut nous rappeler ceci : " Puissent
tous les êtres vivants être affranchis de toutes les
émotions perturbatrices sous toutes leurs formes ; puisse
la souffrance issue de l'activité basée sur ces
émotions mûrir sur moi plutôt que sur eux."
TRANSFORMER TOUTES LES CIRCONSTANCES
ADVERSES EN CHEMIN DU BOUDDHA
Cela consiste à prendre conscience de ce qu'est le karma,
la loi de cause à effet (bodhicitta relative), et à
utiliser ces obstacles comme objet de méditation, de la
même façon que vous l'avez fait avec les pensées
de l'esprit (bodhicitta ultime) ; vous pouvez ainsi transformer
toutes les circonstances négatives en quelque chose de
positif.
Engendrez la bodhicitta relative quand vous rencontrez des difficultés
; tout d'abord reconnaissez que celles-ci ne sont pas causées
par la faute d'autrui mais qu'elles sont créées
par votre propre ego. Si vous êtes sans attachement à
l'ego, alors aucune difficulté ne peut avoir de mauvais
résultats pour vous. Lorsque des problèmes physiques
apparaissent tels que des maladies ou quelqu'un qui essaie de
vous nuire, reconnaissez qu'ils ont été créés
par votre propre karma, et qu'en le laissant arriver à
maturité dans cette vie, vous n'aurez pas à expérimenter
par la suite, un plus grand fruit karmique. Cette transformation
s'appuyant sur une solide pratique de la bodhicitta permet à
tout le karma négatif d'être épuisé
en supportant de petits désagréments dans cette
vie. Par exemple, juste avant d'atteindre l'illumination, un Arhat
souffre souvent de maux de tête ou d'estomac. En effet,
le pouvoir de sa méditation transforme complètement
le mauvais fruit de son karma négatif antérieur
en petits ennuis qui y mettent fin.
Si vous pratiquez le don et la prise en charge chaque fois que
vous avez des difficultés, en pensant que les souffrances
des autres se dissolvent dans vos propres expériences,
cette activité basée sur une bonne intention peut
réellement les purifier, ce type de motivation pure crée
une énergie qui est même plus grande que celle de
l'Arhat.
La transformation basée sur la bodhicitta ultime signifie
utiliser la réalisation que vous avez obtenue en appliquant
la bodhicitta ultime face à vos difficultés. Chaque
fois qu'elles apparaissent, essayez de reconnaître que leur
essence n'est pas liée aux pensées qu'elles engendrent.
Essayez de réaliser que l'essence de la souffrance est
complètement indépendante de la sensation de souffrance.
Une autre méthode spécifique pour transformer toutes
les conditions adverses en chemin du Bouddha comporte quatre étapes
:
Chaque fois que vous êtes confronté à des
difficultés, réalisez qu'elles sont produites par
le karma négatif que vous avez créé auparavant,
et ceci vous poussera à accumuler davantage de karma positif.
Eprouver de la souffrance vous fait reconnaître la nécessité
de purifier votre karma négatif, sinon il y en aura davantage
dans le futur.
La vie humaine est plus précieuse que les autres formes
de vie, aussi quand vous rencontrez des difficultés même
dans cette bonne vie, cela signifie que vous en aurez encore plus
dans le futur si vos actions négatives ne sont pas purifiées.
Vous devez faire des pratiques de purification comme Dordjé
Sempa.
Adressez une fervente prière à tous les Bouddhas
pour recevoir leur bénédiction et être capable
de faire mûrir tout le karma négatif de tous les
êtres vivants face à leurs difficultés.
Chaque jour, pratiquez en récitant les prières :
" Puisse toute la souffrance des êtres vivants venir
en moi. " N'hésitez pas à vous charger de la
souffrance des autres. Habituez-vous à cela.
LA PRATIQUE CONDENSEE DE L'ENTRAINEMENT
DE L'ESPRIT EN LES CINQ FORCES
Promettez très fermement de vous conformer à la
Bodhicitta jusqu'à l'éveil.
Entraînez-vous à la bodhicitta, en toute occasion.
Puisque le plus grand obstacle à la bodhicitta est la saisie
égoïste, dès que vous la rencontrez, reconnaissez-la
et combattez-la jusqu'à la destruction.
Priez pour réussir à développer la bodhicitta,
et pensez et repensez à la souffrance des autres pour développer
la compassion : ainsi, la compassion apparaîtra automatiquement.
Neutralisez l'influence de l'ego et développez la bodhicitta.
MESURE DE L'ENTRAINEMENT DE L'ESPRIT
Dans votre activité quotidienne, soyez attentif aux inconvénients
de la saisie de l'ego et à la nécessité de
pratiquer la compassion envers tous les êtres vivants. Quand
vous méditez, examinez la façon dont les schémas
de la pensée émotionnelle s'élèvent
dans votre esprit, regardez leur essence et dissolvez-les dans
la vacuité de leur réalité essentielle.
Usez de ces deux méthodes alternativement, comme des moyens
habiles et de la sagesse. Vous connaîtrez par vous-même
la mesure de l'entraînement de votre esprit. En vous examinant,
vous direz : "oui, un peu d'orgueil". Si par exemple,
quelqu'un vous dit quelque chose de désagréable,
vous ne vous mettez pas en colère, ou si l'on fait votre
éloge, vous ne ressentez pas de vanité. C'est signe
d'une bonne pratique de l'entraînement de l'esprit. Continuez
jusqu'à ce qu'il en soit ainsi.
Quels sont les avantages d'une bonne maîtrise de l'entraînement
de l'esprit ?
Chaque fois que les émotions s'élèveront,
vous les dompterez et ainsi vous ne tomberez plus dans l'existence
cyclique et deviendrez libres. Vous ne serez plus la victime des
imperfections du samsara ou des émotions négatives,
vous ne serez plus entravés par les obstacles qui vous
empêchent de progresser vers l'illumination.
Quand un serpent se fait un nud, par sa propre force il
peut se désenrouler. De la même façon, dès
qu'une émotion s'élève, vous saurez aussitôt
vous en libérer par vous-même. Alors l'esprit est
vraiment heureux, car ni les inconvénients provenant des
émotions perturbatrices ni la souffrance qu'elles causent
ne peuvent jamais lui nuire. Lorsque cette attitude est produite
naturellement, c'est le signe de la réussite de l'entraînement
de l'esprit. L'esprit est continuellement paisible, calme et heureux.
Ce n'est pas un état produit par quelque chose, mais un
bonheur naturel et spontané qui ne connaît aucune
souffrance. Telle est la vraie mesure de l'entraînement
de l'esprit.
ENGAGEMENT DE L'ENTRAINEMENT DE
L'ESPRIT
L'engagement représente ce à quoi vous devez vous
exercer dans votre vie quotidienne jusqu'à ce que votre
personnalité en soit imprégnée complètement.
En général cela signifie convertir vos aspirations.
Au moment où nous aspirons à quelque chose de fondamentalement
négatif, nous exhorter : " Je dois m'améliorer
". Quand cette transformation s'est opérée,
nous pouvons traiter avec la souffrance d'autrui. Une fois que
l'esprit est fermement établi en la pratique, il n'est
pas nécessaire d'en faire la preuve ; les actions de notre
corps et de notre parole doivent peu à peu être bénéfiques
aux autres. Ne vous mettez pas en valeur, ne soyez pas en démonstration,
abandonnez l'espoir d'être reconnu par les autres.
" Ne critique pas les fautes d'autrui en ignorant les tiennes.
"
" Examine ton propre esprit et utilise l'émotion la
plus forte comme matériau de l'entraînement de l'esprit.
"
" Ne pratique pas l'entraînement de l'esprit pour être
un célèbre bodhisattva, siddha, Bouddha... Cette
motivation est impure ; tu deviendras un pur bodhisattva. "
" Quand on t'a blessé, n'aie pas de ressentiment.
"
" N'utilise pas de moyens malicieux pour prendre l'avantage
sur les autres. Si par exemple, un groupe possède des biens,
n'use pas de moyens et voies divers pour te les approprier. "
Tels sont les engagements de l'entraînement de l'esprit.
Observer ces engagements n'est pas la même chose qu'observer
une loi. Il faudrait plutôt dire qu'aller à leur
encontre, c'est aller à l'encontre du sens de la pratique
de l'entraînement de l'esprit - la pratique est souillée
-. L'essence de chaque engagement est d'être une aide pour
développer l'entraînement de l'esprit afin que l'on
ne transgresse plus l'entraînement lui-même.
II est aisé de s'en rendre compte par soi-même. Par
exemple, il est dit ; « Ne pratique pas l'entraînement
de l'esprit pour ton propre accroissement ou pour gagner le respect
des autres. » Si on agissait ainsi, n'irait-on pas
à l'encontre du véritable sens de la pratique de
l'entraînement de l'esprit ? Oui, bien sûr. Il découle
de l'engagement de l'éviter.
LES PRECEPTES DE L'ENTRAINEMENT
DE L'ESPRIT
On doit réfléchir à l'importance du bienfait
pour autrui et développer une motivation qui jaillisse
spontanément.
Tous les problèmes de tous les êtres vivant dans
tout l'univers ont été créés, par
eux-mêmes. Ils sont le résultat de leur fixation
égoïste et de leurs émotions. Développez
la compassion pour tous ces êtres.
Soyez toujours conscients que tous les plaisirs sensoriels et
le confort matériel sont illusoires et de la nature du
rêve, dénués de sens et impermanents. Réalisez
que s'y attacher si peu que ce soit est démoniaque.
Quelles que soient les idées ou émotions négatives
qui apparaissent dans votre esprit, commencez par en être
conscient dès qu'elles s'élèvent puis soyez
capable de les abandonner ; enfin neutralisez-les si elles apparaissent
de nouveau.
Jouissez du besoin de vous entraîner à la vertu,
soyez heureux de pratiquer des actions vertueuses et de la nécessité
de créer les conditions qui favorisent l'accomplissement
d'actions vertueuses. Vous savez maintenant comment utiliser cette
précieuse existence humaine, alors ne pensez pas que la
vie n'a pas de sens.
En bref, se réjouir chaque fois que quelque chose est bénéfique
pour autrui et l'accomplir, et ressentir de la tristesse à
ce qui blesse autrui, et l'abandonner, voilà la matière
de la pratique de l'entraînement de l'esprit.
Ces explications sont un condensé de la pratique de l'entraînement
de l'esprit. Des commentaires plus élaborés existent,
mais ceci en est l'essence. Que vous en obteniez ou non le fruit
ne dépend pas d'une explication plus détaillée
mais de la pratique que vous en faites.
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