Il est souvent
fait référence au karma, mais que sait-on exactement
de cette loi essentielle à la vie spirituelle ? Notre compréhension
en est-elle suffisamment profonde pour transformer notre existence
entière ? Les conseils pour la vie quotidienne, les techniques
pour apprendre la véritable dimension de cette loi universelle
et les pièges à éviter,dans la méditation,
tout ceci est développé dans cet enseignement que
Guendune Rinpoché donna à Dhagpo Kagyu Ling du 8
au 12 mai 1991.
L'ESPRIT
D'EVEIL
Lorsqu'on
s'engage dans la pratique des enseignements du Bouddha, il est
nécessaire de développer une motivation correcte
et de pratiquer pour le bienfait des êtres des six royaumes,
en ayant conscience qu'à un moment ou à un autre
tous ces êtres ont été nos parents. Afin de
développer cette attitude parfaitement pure, on commence
par cultiver l'aspiration à l'Eveil, que l'on met ensuite
en pratique dans tous les actes de la vie quotidienne.
L'aspiration
à l'Eveil est l'engagement associé au résultat.
On met ensuite cette aspiration en pratique et tout ce que l'on
fait devient l'engagement envers la cause qui produira le résultat
que nous voulons atteindre.
Quand on forme
le souhait d'atteindre l'illumination pour le bienfait d'autrui,
la motivation doit être pure et excellente : nous devons
avoir l'intention de pratiquer les enseignements du Bouddha non
pour nous-mêmes, mais de façon à développer
les moyens qui nous rendront capables de libérer tous les
êtres vivants de l'océan de souffrance qu'est le
cycle des existences, et dans lequel ils sont plongés.
On développe cette ferme intention de libérer tousles
êtres sans exception et de les établir en l'état
de bouddha, et l'on s'engage à déployer tout moyen
d'y parvenir. Telle est l'intention de base que l'on met ensuite
en pratique.
Afin de développer
une aspiration correcte, nous avons besoin d'une méthode
qui nous permette de générer l'attitude juste dans
notre esprit. Pour cela, il faut tout d'abord être conscient
que l'espace est sans limite et qu'il couvre toute l'étendue
de l'univers. Partout où se trouve l'espace, existent des
êtres sensibles de différentes sortes. Tous ces êtres
sont totalement imprégnés des différentes
émotions perturbatrices et soumis aux conséquences
de leurs actions passées. De ce fait, leur expérience
de vie est caractérisée par des souffrances variées,
sans nombre et sans limite dans le temps. C'est pourquoi on parle
d'un océan de souffrance dans lequel sont immergés
tous les êtres.
Ces êtres
ont tous été nos parents au cours d'incarnations
précédentes, c'est pourquoi ils sont très
proches de nous. Et ceci n'est pas arrivé seulement une
fois, mais un nombre incalculable de fois. Lorsqu'ils étaient
nos parents, ils nous ont témoigné la même
attention et la même affection que nos parents actuels.
Si nous n'analysons pas de près à quel point nos
parents, en particulier notre mère, ont été
attentionnés à notre égard, nous pouvons
penser qu'ils sont responsables de nos souffrances, et nous les
blâmons pour toutes celles que nous avons traversées
depuis l'enfance.
Mais si nous examinons plus attentivement la réelle bonté
de notre mère, nous constatons que même avant notre
naissance, au moment de notre incarnation à l'intérieur
de son corps, elle a dû affronter beaucoup de souffrances,
de difficultés et de douleurs qu'elle a acceptées
par amour pour nous. Après la naissance, elle a pris soin
d'éloigner de nous la maladie, la mort, de nous protéger
de toutes sortes d'accidents tels que tomber, être brûlés,
etc. Elle a fait tout cela sans tenir compte ni des difficultés
qu'elle pouvait rencontrer, ni de sa fatigue. Maintenant nous
sommes adultes, et notre aptitude à nous nourrir, à
travailler, à nous déplacer est issue de l'affection
de nos parents durant notre enfance. Quand nous sommes venus au
monde, nous étions totalement sans défense, les
mains vides, sans nourriture, sans vêtement, sans argent.
Nous ne connaissions personne ; nous n'avions pas d'ami qui puisse
s'occuper de nous, honnis notre mère.
Nous devons
prendre conscience que tous les êtres vivants ont été
nos parents à un moment ou un autre du passé. Ils
nous ont alors témoigné la même attention
et la même bonté que notre mère nous a prodiguées
dans cette vie.
Tous ces êtres sont prisonniers de l'océan de souffrance
qu'est le cycle des existences. Tous veulent être heureux
et essaient d'éviter la souffrance, mais cette recherche
échoue par ignorance. L'individu ignore que, pour être
heureux, il faut accomplir des actes vertueux et que, pour éviter
la souffrance, il faut abandonner les actions négatives.
Du fait de leur ignorance, les êtres s'autorisent à
agir sous l'influence des poisons de l'esprit - les émotions
perturbatrices - qui deviennent les bases de leurs actions. Les
résultats s'accumulent et ne sont que souffrance. L'ensemble
de ces résultats additionnés les uns aux autres
constitue le cycle des existences, l'océan de souffrance
sans fin et sans limite. Notre intention, au cours de cette réflexion,
est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour libérer
ces êtres de leur souffrance et les faire accéder
à l'état de bouddha. Avec cette intention première,
nous rassemblons les moyens qui nous permettront de réaliser
ce souhait.
Tout d'abord, nous écoutons les enseignements du Bouddha
pour recevoir des instructions. Nous réfléchissons
ensuite sur ces enseignements afin de dissiper les doutes, les
confusions et les hésitations.
Nous les mettons enfin en pratique dans la méditation,
avec pour motivation de réunir les moyens d'établir
tous les êtres dans l'état de bouddha. Pratiquer
l'étude, la réflexion et la méditation est
un engagement que l'on prend envers chaque être vivant.
Une fois développée l'attitude d'esprit éveillée,
il faut l'étendre à tous les êtres de tous
les univers sans exception et sans favoritisme.
Cette aspiration altruiste n'est pas générée
à l'égard d'une seule personne ni à l'égard
de la population d'un seul pays ou d'un seul univers, mais inclut
avec équanimité tous les êtres des royaumes
d'existence et toutes les formes de vie. On ne doit pas considérer
certaines personnes comme étant nos amis et agir en premier
lieu pour elles, pas plus qu'on ne doit considérer d'autres
êtres comme étant nos ennemis ou constituant des
obstacles à notre égard, et vouloir les rejeter.
Toutes nos activités et nos intentions sont tournées
de façon impartiale vers tous les êtres qui emplissent
l'espace. Souhaitant tous les établir en Fêtât
de bouddha, nous promettons d'utiliser nos corps, parole et esprit
pour mettre en pratique les enseignements du Bouddha. Cette intention
ne doit pas être un engagement superficiel, ni une simple
idée. Nous la mettons en pratique dans la vie quotidienne
: c'est quelque chose de profond qui se manifeste de façon
efficace dans toutes nos activités.
Quand on parle des enseignements, et des méthodes utilisées
pour les mettre en pratique, on les divise souvent en trois véhicules
ou trois yanas, ce qui ne signifie pas qu'il y ait trois voies
différentes ; seule diffère la manière dont
chacun suit le chemin, selon l'ouverture d'esprit dans la pratique.
Quand on parle d'un pratiquant du petit véhicule, on fait
référence à un individu qui pratique les
enseignements du Bouddha de façon très limitée
et qui est essentiellement concerné par son propre intérêt.
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