Extrait du DHARMA DE LA MONTAGNE de Tseundru Gyamtso
Enseignements
d'ermitage (instructions aux pratiquants en retraite), donnés
par Tchagmé Rinpoché.
Cet enseignement fut donné par Lama Guendune Rinpoché
à DHAGPO KAGYU LING en novembre 1981
Karma Tchagmé
est une émanation d'Amithaba, le Bouddha de Lumière
Infinie. Il fut le disciple du 6e Shamarpa, Tcheukyi Ouangtchouk.
Il est réputé comme Erudit et Accompli. Il est à
l'origine de la branche Namdok Kagyu de la lignée Karma
Kagyu. Il fut « Maître de Dharma » de Namicheu
Mingyour Dordje, qui reçu des « enseignements révélés
» à travers ses expériences méditatives,
Tchagmé Rinpoché donnait depuis sa retraite des
instructions de méditation à son disciple Tseundru
Gyamtso. Ces instructions rassemblent et précisent de nombreux
points de l'enseignement et sont autant de moyens de méditation
et d'application concrète.
Tseundru Gyamtso, grand méditant, a compilé toutes
ces instructions reçues en une succession de chapitres,
chacun d'eux traitant d'un point particulier et développant
les méditations qui y sont associées.
Le Fruit de l'Arbre des Souhaits
Une claire explication sur les façons de mourir des pratiquants
du Dharma selon: leurs capacités (supérieure, moyenne,
ordinaire ou inférieure).
"Hommage
au Gourou indifférencié de Dordjé Tchang"
J'ai exposé dans ce chapitre, de manière facilement
compréhensible ; tout ce que j'ai pu réunir, d'après
les Soutras et les Tantras des deux traditions, ancienne et moderne,
et dans ce qui m'a été transmis d'anciennes instructions
orales, sur les différentes façons de mourir et
les accomplissements ainsi obtenus. Je n'ai pas d'expérience
personnelle du sujet, mais Je me suis basé sur ma propre
compréhension théorique des explications reçues
et sur le sens des Tantras anciens, et modernes. Les trois thèmes
sont : Immortalité, Transcendance et Mort.
1. IMMORTALITÉ
Ceux qui parviennent
à l'état ultime de réalisation, le corps
d'arc-en-ciel immortel, le Vadjrakaya (1), comme Gourou Rinpoché,
sont dits immortels jusqu'à la fin de l'espace.
Le deuxième type d'immortalité est obtenu par la
conjonction des pratiques du Mahamoudra et du Dzoktchen (2). La
réalisation de ces pratiques permet d'actualiser le corps
d'arc-en-ciel, appelé alors le « Corps du Grand 'Transfert»
pour la durée d'un kalpa (3), Tel est le cas du Pandit
indien Vinamitra. Lorsque s'épuise ce kalpa, leur apparence
se dissout en lumière dans l'espace.
Ensuite, vient
un autre degré d'immortalité qui est celui qu'on
atteint par la pratique d'un Yidam. L'influence spirituelle de
cette divinité de méditation permet d'expérimenter
un état d'immortalité. Pour une période de
plusieurs milliers d'années. Comme ce fût le cas
pour le grand Siddha indien Mitradzoki. Ce type de réalisation
est appelé : « La Maîtrise sur le Pouvoir de
la Longévité », Ultimement, un être
qui a obtenu cette maîtrise, lorsqu'il passe au-delà
du cycle des existences, ne laisse aucun reste conditionné,
aucun cadavre, Le corps physique périssable est transformé
en Corps de Sagesse indestructible, et pendant quelques dizaines
de milliers d'années, cet être demeure sous cette
forme et agit comme chef des assemblées des dakas et des
dakinis (4), tout en restant invisible pour les êtres ordinaires.
On peut citer comme exemples de cette réalisation Saraha
ou Tilopa, Le terme appliqué à ces accomplis est
; « Ceux qui sont passés dans l'Activité Céleste
», Les êtres qui n'ont pas cette maîtrise dans
sa plénitude agissent parmi les rangs des dakas et des
dakinis.
D'autres,
par la pratique d'une divinité de méditation, réalisent
l'indissociabilité de leur essence et de ce yidam. Gardant
l'apparence d'un grand siddha, ils ne passent pas en l'au-delà
de la souffrance mais demeurent dans le cycle des existences,
pour manifester une activité au service : des êtres.
Ainsi, ceux qui les prient peuvent recevoir leur influence spirituelle,
leurs siddhis. Cependant, le commun des mortels ne peut voir leur
Corps de Sagesse. Dans la sphère de l'espace, il réside
dans un palais précieux, à la tête des légions
de dakinis.
Un exemple de ce type de réalité est le grand pratiquant
Nagabodhi. Tout ceci est, entre autres, expliqué dans les
commentaires du Kalachakra Tantra et dans la biographie du Sakya
Pandita.
Ensuite, par
le pouvoir du mantra de gnose de certaines divinités de
sagesse, il est possible de prolonger la vie de façon incommensurable.
Par exemple, par l'accomplissement du mantra de « La Grande
Paonne », NagarJouna parvint à vivre 600 ans. De
la même façon, Aryadéva obtint une longévité
de 400 ans et Lopeun Asanga de 200 ans. Par de semblables pratiques
de divinités de longue vie, il est dit que la Dame Sogyal
vécut 200 ans, Padampa Sangyé 515 ans et Sangyé
Yéshé 150 ans. Tous ont maîtrisé «
La Suprême Longévité ».
En ce qui
concerne les non bouddhistes, on sait que les rishis indiens croient
prolonger leur vie par la pratique de Brahma. Cependant, au bout
de 300 ans, ce pouvoir se résorbe et leur longévité
diminue d'autant. Un certain Djarikapa proclamait qu'il demeurerait
immortel jusqu'à la venue du Bouddha Maitreya, grâce
aux pratiques alchimiques.
Sur ces dires, Panitapa Vairocana, employant ces méthodes,
parvint à une longévité de 300 ans, après
quoi il manifesta un parinirvana au Tibet. Toutefois, ces maîtrises
sont classées comme «Longévité Ordinaire
» bien qu'incluses dans la catégorie de l'Immortalité.
Ceux qui atteignent la parfaite Bouddhéité dans
le cours de leur vie ne laissent aucun reste physique au moment
de la mort, mais se fondent dans l'espace comme un arc-en-ciel.
A ce moment-là, leur esprit devient indissocié de
celui de tous les Bouddhas. En Inde, Garab Shri Sing obtint cette
réalisation, et au Tibet, Gomtchoung Arochoro.
On dit qu'ils
ont atteint « la Bouddhéité sans reliques
». L'explication de ces phénomènes peut être
trouvée dans les récits de la tradition du Dzoktchen.
Pour ceux qui obtiennent ce corps d'arc-en-ciel au moment de la
mort, on explique que les cinq constituants physiques de base
se dissolvent en les cinq lumières ou éléments
subtils du corps. Ces lumières sont alors réalisées
comme étant l'expression des cinq sagesses fondamentales.
Elles se résorbent au niveau du nombril et, les extrémités
des canaux subtils, à ce point, se transforment en le mandala
de Dordje Phagmo. Celui-ci se réduit en la syllabe-germe
HRI ou BAM selon les différentes visualisations, Cette
syllabe, à son tour, fond de bas en haut jusqu'à
se dissoudre en la vacuité, Un tel être ne se dirige
pas vers une sphère d'existence spécifique. Comme
l'espace lui-même, sa place est indéfinie. A ceux
pourvus d'un karma suffisant, il apparaît dans le ciel sous
une forme insubstantielle semblable à l'arc-en-ciel et
il enseigne le pur Dharma. On dit qu'il manifeste " L'Activité
du Corps d'Arc-en-ciel" selon la tradition des Tantras-Mère.
Des explications de ceci peuvent être trouvées dans
les œuvres de Matchik Labdreun.
Pour celui qui a accompli la pratique d'un yidam (6) ou qui a
obtenu la maîtrise des méditations du Mahamoudra
ou du Dzoktchen, la forme illusoire avec ses éléments
grossiers de chair, de sang et d'os se transforme en corps d'arc-en-ciel
parfaitement purifié, transparent, immaculé, capable
de produire toutes sortes de miracles. Sous un aspect semblable
à celui qu'il avait avant le transfert, il se dirige vers
des terres pures comme Déouatchène pour y demeurer.
C'est ce que firent Rechungpa, Djetsun Tsemo et Khachcn Namkha
Gyaltsen. Ceci est « L'Activité du Corps d'Arc-en-ciel
» selon les Tantras- Père.
Ceux qui ont
atteint la perfection dans la réalisation du « yoga
au corps illusoire » et les pratiques sur les « tsas
» et les "loungs » (7) agissent comme des saddhous
et errent dans les lieux de crémation. Là, ils ont
la vision pure d'être parmi une assemblée de dakinis.
Alors qu'ils absorbent les offrandes qui leur sont consacrées
et qui sont, en essence, nectar de sagesse, leurs composants impurs
de chair et de sang sont transmutés en composants immortels
sous la forme d'un corps d'arc-en-ciel insubstantiel. Bien que
ce processus soit parfaitement réel, il ne peut pas être
perçu par les êtres ordinaires. Comme exemples de
cette réalisation, on peut citer tous les grands siddhas
indiens et, au Tibet, Tangtong Gyalpo. Ils ont réalisé
« L'Activité Céleste du Corps d'Arc-en-ciel
» et on les désigne comme Ceux qui sont passés
dans l'Activité. Tous ces exemples procèdent d'une
catégorie qui est celle d'un certain type d'immortalité.
2. TRANSCENDANCE
Il y a aussi
ceux qui, ayant déjà atteint cet état d'immortalité,
manifestent néanmoins pour le bienfait des êtres
ordinaires des signes de mort physique. Ayant réalisé
la Bouddhéité, bien qu'au-delà des conditions
du devenir, ils se manifestent sous des formes tangibles pour
les êtres impurs et semblent mourir, c'est-à-dire
qu'ils laissent derrière eux des restes physiques. Pour
les etres pourvus d'un karma suffisamment purifié, ils
apparaissent au même moment et donnent des enseignements
et des initiations. Certains les voient, chevauchant un lion ou
un étalon, se diriger vers les terres pures à la
tête d'un cortège de dakinis. En fait, ces etres
sont immortels, mais ils démontrent un processus de mort
qui apparaît comme pur ou impur selon le mérite de
chacun. Tout ceci est expliqué dans les biographies de
Naropa et Milarépa et rapporté par Karmapakshi.
Dès
qu'un individu atteint la Bouddhéité dans le cours
de sa vie, son esprit devient indifférencié de celui
de tous les Bouddhas et il réalise le stade avancé
de « non-méditation » (8), Une telle personne
ne reste pas absorbée en Toukdam (9), puisqu'il n'y a plus
matière à le maintenir, qu'il n'y a plus de souillures
a purifier, plus le moindre objet de méditation, plus de
méditation ni de méditant. C'est ainsi que les Bouddhas
et Bodhisattvas ne demeurent pas en Toukdam mais laissent derrière
eux une dépouille mortelle et des reliques sacrées,
pour le bienfait de tous les êtres. On nomme cette réalisation
à La Parfaite Bouddhéité avec des reliques
».
Si, dans le
cours de sa vie, un être n'a pas réalisé le
Stade avancé de « non-méditation » mais
a expérimenté néanmoins, jour et nuit, l'état
de réalisation inférieur qui se situe entre le stade
intermédiaire de « non-méditation »
et le stade avancé de « une seule saveur", (exactement
comme la lune dans la nuit, lorsqu'elle n'est pas voilée
par les nuages), et s'il maintient l'absorption tant qu'il respire,
à son dernier souffle, l'expérience est dispersée
(10), et il est dans la claire lumière.
Il reste là,
en toukdam, pour une durée de trois jours, ce qui a pour
effet de faire progresser sa réalisation jusqu'au stade
avancé de « non-méditation », Ceci est
appelé « La Parfaite Bouddhéité dans
le Dharmakaya au moment de la mort ». Les expériences
du Bardo n'apparaissent pas et il devient indissocié de
tous les Bouddhas, uni à eux en une seule saveur.
Quelqu'un
qui pratique les méditations du Dzoktchcn et qui, par elles,
a atteint les confins de la conscience, voit continuellement les
lumières d'arc-en-ciel et les sphères multicolores
irradiées par les divinités de méditation.
Au moment où son souffle cesse, il perçoit un rayon
qui jaillit du cœur de Dordje Sempa, résidant dans la terre
pure d'Ogmin, et qui pénètre dans son œil. Par ce
tube de lumière, sa conscience est invitée à
monter et se dissout dans le cœur de Dordje Sempa dont elle devient
indifférenciée. Pour un tel être, il n'y a
pas de Bardo et l'on dit qu'en signe de sa réalisation
d'innombrables arcs-en-ciel apparaissent.
Un yogi exercé
pratique avec puissance le " Transfert de conscience »,
dès que tous les signes de sa mort sont présents.
S'il accomplit ce transfert avant d'être saisi par les défaillances
physiques liées à cet instant, et s'il a maîtrisé
la « respiration du vase », il renaît dans une
terre pure comme Déouatchène. Il n'y a pas dans
ce cas d'expérience du Bardo pour lui. Les signes en sont
des arcs- en-ciel qui prennent la forme de son corps.
Ceux qui ont
atteint les stades intermédiaire et inférieur d'une
seule saveur, restent en toukdam une ou deux semaines et leur
réalisation progresse alors jusqu'au stade inférieur
ou intermédiaire de " non-méditation".
Le Bardo leur apparaît mais pas les corps des divinités
et de tels pratiquants ont le pouvoir de renaître la où
ils le souhaitent.
Ceux qui ont
réalisé les stades intermédiaire et inférieur
de « libre de projections » ont contrôle sur
leur toukdam et peuvent y rester absorbés ou non selon
leur volonté. Dans tous les cas, à cause de l'extrême,
clarté et brillance de leur perception, il leur est facile
de rester en cet état. Tous ceux qui ont atteint au moins
ce stade n'ont aucun besoin d'être exhortés à
rester en toukdam. Leur grand entraînement dans cette méditation
fait qu'ils la maintiennent par leur seule énergie.
S'ils demeurent,
ainsi pour une durée allant de trois semaines à
quarante neuf Jours (la durée maximum du Bardo), leur réalisation
progresse jusqu'au stade inférieur ou intermédiaire
d'«une seule saveur». Ces instructions particulières
me furent données par mon guide suprême, le Vénérable
Kunga Narngyai.
Les yogis
des stades avancé, intermédiaire et inférieur
de « libre de proférions » gardent le contrôle
de leur méditation pourvu que leur pratique soit suffisamment
puissante et qu'ils souffrent peu au moment de la mort. Des qu'ils
meurent et que la claire lumière de base luit, ils restent
absorbés en elle pendant une semaine. Ceci est «
La Méditation dans le Dharmakaya au moment de la mort ».
A cet instant, ils éjectent leur conscience par l'ouverture
de Brahma. Cela signifie que, dès que leur esprit et leur
corps sont séparés, ils reconnaissent les visions
du Bardo et pratiquent alors le stade de développement
de la méditation sur leur yidam : ils émettent des
rayons lumineux en offrande aux Bouddhas et Bodhisattvas... qui,
en retour, purifient les souillures de tous les êtres, etc.
Ils appliquent ainsi toutes les visualisations pratiquées
antérieurement. Le corps mental du Bardo se transforme
et devient le Corps authentique de la divinité de méditation.
C'est "La Maîtrise du Mahamoudra », « Le
Mahamoudra du Corps Divin ».
La compassion et les accomplissements sont les mêmes que
ceux du yidam. Cette méditation, si elle dure une semaine
est connue comme « L'Union dans le Samboghakaya du Bardo
»,
Le méditant
se visualise clairement sous la forme du yidam en yabyoum (11),
des rayons lumineux émanent de la syllabe-germe à
son cœur et recueillent les bénédictions de tous
les Bouddhas des dix directions. Cette lumière, ensuite,
entre par la bouche de la divinité en union, se dissout
en essence de Bodhicitta et, par le chemin de vadjra, descend
dans le lotus de la youm. Ceci prend la forme d'un OM blanc dans
lequel sont réunies toutes les qualités du Corps
de tous les Bouddhas et Bodhisattvas. Etant en possession du pouvoir
de clairvoyance, il voit immédiatement le lieu précis
où se trouvent des personnes susceptibles de devenir ses
disciples s'il reprend naissance et de tirer un bienfait de son
incarnation. Il émane donc sa conscience sous la forme
d'une syllabe blanche OM dans la matrice d'une femme de lignée
pure. Cette pratique conduit à la naissance d'une émanation
du Corps des Bouddhas, Ces tulkous sont particulièrement
beaux, attrayants et c'est par le moyen de ce corps qu'ils attirent
les êtres ; quiconque les voit, les entend ou les touche,
se sent naturellement incliné à les suivre et a
devenir leur disciple. Suivant le même processus, ayant
projeté un AH réunissant toutes les bénédictions
de la Parole des Bouddhas, naît un corps d'émanation
de la parole de tous les Bouddhas. Sa voix est pure et mélodieuse
et il est habile à expliquer les Soutras et les Tantras
et tous les textes, iI accomplit le bienfait des êtres qui
l'écoutent ou réfléchissent sur la signification
de ses enseignements ou encore de ceux qui étudient avec
lui. Par la même pratique, projetant un HOUNG dans la matrice
de sa future mère, naît un tulkou qui est une émanation
de l'Esprit de tous les Bouddhas. Son esprit est vaste et puissant
et il atteint rapidement un niveau très élevé
de réalisation. Il aide les êtres par ses conseils
sur la pratique de la méditation. De la même manière,
de l'union des Qualités de tous les Bouddhas dans la syllabe
SVAHA est émané un tulkou qui est un aspect de toutes
les qualités des Bouddhas. Il est expert en toutes les
sciences et particulièrement habile à accroître
ce qui est bénéfique ; par exemple, à multiplier
le nombre de ses disciples, leurs richesses, leurs réalisations,
etc. De l'union des bénédictions relatives à
l'Activité des Bouddhas, focalisées sous la forme
d'une syllabe HA de couleur verte, s'émane un être
qui représente l'activité de tous les Bouddhas.
Ce tulkou est donc d'une grande puissance et compétence
dans toutes les actions qu'il entreprend, et en particulier, il
peut manifester, durant sa vie, de grandes vagues d'activité
du Dharma pour le bien de tous les êtres. Ensuite, l'individu
à l'origine de ces émanations se résorbe
dans le corps de son yidam de telle sorte qu'il n'y a plus aucune
différence entre sa conscience et le yidam. Il goûte
cet état de « saveur unique » indissocié
de sa divinité de méditation. Il se rend ainsi dans
les terres pures sous la forme d'une entité qui est l'union
des cinq différents aspects.
Ceux qui ont
atteint la plus grande maîtrise de ce processus qui dure
sept jours, peuvent multiplier ces émanations ; c'est-à-dire
que, des cinq corps de base décrits plus haut, ils peuvent
en créer cinq autres et, de chacun de ceux-ci, trois autres
et ainsi, diffuser ces émanations dans l'espace en nombre
illimité, Néanmoins, cette potentialité appartient
aux êtres dont la sphère d'activité est celle
des Terres de Bodhisattvas. Ceux qui n'ont pas eu la capacité
d'atteindre ces niveaux, n'ont pas la possibilité de multiplier
ainsi leurs corps d'émanation. Ceux-là, après
avoir achevé les Stades de développement et de dissolution
de la visualisation du yidam, demeurent un instant dans l'expérience
de vacuité dont ils émergent d'abord sous la forme
de la syllabe-germe ou de l'un des attributs de la divinité,
et ensuite sous sa forme complète. Ils se projettent vers
les terres pures comme une étoile filante, et y naissent
miraculeusement sur les étamines d'un lotus. Là,
ils continuent à progresser sur le chemin de la Bodhicitta
jusqu'au moment où ils sont capables de s'émaner
à nouveau.
Ceux qui ne
transmigrent pas vers les terres pures mais qui décident
de s'incarner pour le bienfait des êtres, renaissent selon
leurs souhaits, dans une famille appropriée. S'en remettant
aux prières d'aspiration et à l'Esprit d'Eveil des
Lamas de la lignée et des Protecteurs, gardiens des enseignements,
ils ne peuvent pas naître dans une famille au karma impur,
et, si cela advenait, les Gardiens du Dharma les en libéreraient.
Ceci est la signification de "La Grande famille qui accomplit
des Merveilles », Néanmoins, il est signalé
que certains Bodhisattvas particulièrement courageux et
compassionnés peuvent se .manifester dans des familles
qui ont accumulé de nombreux actes négatifs ou qui
sont pauvres pour les protéger par la puissance de leur
compassion. C'est ainsi que des Bodhisattvas naissent comme mendiants
ou dans des familles qui agissent de façon préjudiciable
et qui sont parfois même des formes démoniaques.
C'est afin de les subjuguer qu'ils naissent alors parmi eux. Il
y a aussi des parents à l'aspect extérieur ordinaire
mais qui sont en réalité des dakas et des dakinis
qui créent des conditions favorables au développement
du tulkou. Il peut arriver aussi que ces parents pratiquent le
Dharma, et même, qu'ils aient maîtrisé les
techniques avancées des « tsas » et des «
lungs », par exemple, de telle sorte que le tulkou dès
sa naissance est en contact avec les enseignements. Ceci est ce
qu'on appelle « naître conformément à
ses souhaits ».
Pour celui
qui choisit de se réincarner, et donc d'expérimenter
l'état du Bardo, il est nécessaire de générer
la parfaite motivation de l'Esprit de l'Eveil. Lorsque s'élève
la vision du père et de la mère en union, il la
médite sous la forme du yidam en yab-youm. La matrice de
la mère est visualisée comme un palais précieux
au centre duquel il vient demeurer, sur un siège de soleil
et de lune (les deux aspects de la Bodhicitta, blanc et rouge),
grâce à son aspiration sincère à recevoir
l'initiation secrète. Dans cette pratique, il visualise
ensuite sa conscience sous la forme de la syllabe-germe du yidam.
De cette syllabe sont diffusés des rayons lumineux qui
vont toucher toutes les terres pures, tous les Bouddhas des. dix
directions, susciter leur compassion et rassembler leurs bénédictions.
Une fois celles-ci réintégrées dans la syllabe-germe
ainsi pourvue de toute leur influence spirituelle, elle se transforme
en un vadjra à cinq pointes. Cette figure prend la forme
complète de la divinité selon le choix du pratiquant
; s'il décide de devenir un maître du Dharma, il
médite sur Shakyamouni, s'il choisit de se manifester en
tant qu'erudit, il visualise Manjoushri, s'il veut accomplir une
grande activité pour le bien de tous les êtres, il
médite sur Tchenrézi, s'il souhaite montrer la puissance
et les potentialités de l'état de Bouddha, il le
fait comme Vadjrapani, enfin, s'il a la volonté d'agir
de façon miraculeuse, avec des pouvoirs supra-normaux,
il médite sur Gourou Rinpoché. Quelque soit son
choix, il commence par bénir ses trois centres par les
trois syllabes de Vadjra, ainsi, son corps, sa parole et son esprit
sont protégés. D'autre part, chacune des portes
du palais est gardée par une forme d'Ayagriva, Complètement
absorbé dans cette création méditative, il
demeure ainsi. Puis se produit une perte de conscience, un évanouissement
qui dure jusqu'à ce que les éléments physiques
soient complètement formés. Cependant, il est dit
que certains lamas particulièrement éminents gardent
cette conscience et sont capables de réciter des mantras
(tel celui de Tchenrézi) dans le ventre de leur mère,
Pour les autres, il n'est pas dit qu'ils se souviennent à
l'instant même de la naissance mais qu'une fois nés,
ils ont des réminiscences jusqu'au moment où ils
commencent à marcher ; ensuite, on dit que leur mémoire
devient intermittente et qu'ils oublient.
Les tulkous de haute réalisation ne perdent pas le souvenir
de ce qu'ils étaient mais en parlent même parfois.
En fait, on distingue deux catégories de tulkous qui ont
des réminiscences de leur condition ; il y a ceux qui ont
gardé cette mémoire grâce à la puissance
de leurs prières de souhaits et d'autres grâce à
leur grande réalisation. De façon générale,
les tulkous ont des souvenirs lorsqu'ils sont encore jeunes, mais
ils les perdent en grandissant et leur conscience d'être
éveillé se recouvre de voiles. Néanmoins,
même s'ils n'ont aucun signe de leur condition antérieure
pendant leur enfance, cette mémoire leur revient lorsqu'ils
commencent à pratiquer la méditation en retraite.
Ceci est intitulé : « La Purification des voiles
de la matrice ». En effet, pour certains tulkous qui étaient
pourtant dans leur précédente existence des méditants
accomplis, cette conscience et cette réalisation peuvent
se trouver obscurcies, voilées par l'impureté des
constituants masculin et féminin, de sperme et de sang,
qui ont présidé à leur naissance. Au premier
abord, dans leur enfance, il peut sembler qu'ils soient dépourvus
de toute qualité ou de toute réalisation méditative,
néanmoins, plus tard, lorsqu'ils commencent à pratiquer
sous la direction d'un lama compétent qui sait créer
les conditions de leur reconnaissance, ils parviennent à
se souvenir, Tous ces types de tulkous font partie de «
Ceux qui produisent un Corps".
3. MORT
Pour ceux
qui sont arrivés, dans les niveaux du Mahamoudra, au stade
supérieur ou intermédiaire de « un seul point
», la qualité de la reincarnation dépend des
circonstances rencontrées au moment de la mort. En effet,
si ces circonstances sont défavorables, s'ils éprouvent
delà souffrance ou s'il n'y a personne pour les exhorter
à rester en toukdam, il se peut qu'ils commettent des erreurs
ou que leur pratique dévie. Les explications de ceci sont
tirées des instructions du Djordrouk. Pour les pratiquants
de ce niveau qui n'ont pas atteint la complète réalisation
de cette méditation "en un seul point ", mais
qui en ont seulement expérimenté un état,
il y a danger de rester attaché aux sensations de félicité
et de clarté qui s'élèvent alors. Même
si leur toukdam est clair et stable, ils renaîtront dans
les royaumes du « désir » ou de la " forme"
(deux mondes divins).
S'ils restent
absorbés dans l'autre aspect de la méditation, l'expérience
de vacuité, ils prendront naissance dans l'un des quatre
royaumes « sans forme" (où les sensations existent
mais où il n'y a pas de corps). Tous ces lieux sont des
états défavorables à la pratique car les
êtres qui y tombent deviennent des dieux de longue vie.
Donc si ces circonstances surviennent, il faut lui signaler ce
danger en lisant et relisant à l'oreille du mourant les
instructions contenues au début du Bardo Theudreul. Cela
a pour effet de purifier son attachement aux expériences
de félicité, clarté, vacuité et lui
permet d'atteindre le stade supérieur de la méditation
qui est nommé : libre de projections.
Ceux du niveau
inférieur de « un seul point » ne parviennent
pas à maintenir le toukdam. Cependant, si leur fierté
de la divinité dans le stade de développement de
la méditation est stable, ils peuvent maintenir longtemps
cette stabilité. Il est dit dans les Tantras qu'il est
possible de commettre cent erreurs si le stade de développement
de la méditation est constamment dépourvu des expériences
de clarté et de vacuité. Ainsi, la méditation
d'une divinité paisible mène à une renaissance
dans les royaumes divins, du désir ou de la forme.
La méditation
d'une divinité courroucée conduit à une renaissance
infernale comme Rakshasha (démon cannibale). Si l'on médite
sur une divinité cornue, on devient Tshamenma (goule).
Il est dit que laisser l'esprit reposer en la syllabe HOUNG tout
en pensant qu'elle est réellement existante, substantielle,
provoque une renaissance dans un corps.
Quelqu'un
dont le samaya a été endommage, et qui se visualise
sous une forme irritée, renaîtra dans le corps d'un
démon, avec la forme de cette divinité. Il y a d'innombrables
récits qui relatent ceci. Si ce type de Toukdam solidifié
s'élève, il détruit la véritable réalisation
du yidam quel qu'il soit. Aussi, il ne faut pas le voir de façon
substantielle, concrète, mais, au contraire méditer
son apparence comme étant vide, de la même manière
que le reflet de la lune dans l'eau ou un arc-en-ciel, Une visualisation
répétée dissipera cet obstacle. Certains
développent un noir et dense shiné, mais cela n'est
pas compté comme toukdam. Il est cité le cas de
consciences qui restent dans leur corps une semaine. Dans ce cas,
il faut leur dire : « regarde l'essence de cette stabilité,
il n'y a pas dans cet état la moindre trace de clarté
vacuité ». Cette remarque peut être légèrement
bénéfique.
Tous ceux-là
ont franchi la porte du Dharma ; Il ne sert à rien de donner
les instructions de reconnaissance aux personnes ordinaires. Pour
eux, il faut réciter les noms des Bouddhas et s'appliquer
à la visualisation de powa (12), Bien que certains pensent
qu'il suffit de faire powa une seule fois à la tête
du mort, après que son pouls se soit arrêté,
il vaut mieux le faire pendant 3 ou 7 Jours et éjecter
la conscience cent fois a chacune des quatre sessions Journalières.
Il faut abandonner tout espoir de bonheur et toute crainte de
souffrance en ce qui concerne la personne morte, lorsqu'on accomplit
la récitation à la tête du lit.
Il faut faire
powa toute la Journée. Cela est plus important que tout
autre rituel et que tout autre acte religieux. A part la visualisation,
les prières ne sont pas nécessaires. Ensuite, une
fois que le corps et l'esprit sont séparés, il faut
accomplir toutes sortes de pratiques de purification des voiles
telles que détourner (13), et donner les instructions de
reconnaissance du Bardo Theudreul pendant toute la durée
du Bardo, en particulier entre la troisième et quatrième
semaine, car c'est le moment où la plupart des êtres
sont sur le point de reprendre naissance. Il faut montrer encore
et encore le chemin des mondes purs, parler des désavantages
du cycle des existences, de telle sorte que la conscience abandonne
toute saisie et attachement. En état de claire absorption
méditative, projeter la conscience vers ces mondes.
Méditer
de façon détaillée, pendant quatre sessions
journalières le cycle des « visualisations à
projeter », comme cela est expliqué dans ce texte.
Pour autant qu'il n'est d'aucune utilité de méditer
sous l'influence du désir, il faut le faire avec un amour
et une compassion ardents, en état de claire absorption
dans l'union des stades de développement et de perfectionnement.
Cela guidera les êtres de façon positive pourvu que
ce ne soit pas des personnes trop malfaisantes.
Quant à
celles-ci qui ont accompli dans leur vie des actes aux conséquences
incommensurables, si le transfert de conscience réussit
au moment où leur souffle cesse, elles seront guidées
et prendront naissance si ce n'est dans un monde pur, du moins
en tant que dieu ou être humain. Toutefois, dans l'éventualité
où la pratique de powa échouerait, dès que
la conscience est expulsée par le conduit anal, elle tombe
aux enfers comme une pierre jetée dans l'eau. Pour cette
personne, il n'y a pas de bardo. Ceci est connu comme «
la Chute libre ».
A part ces
cas extrêmes, tous les êtres passent par le bardo.
Beaucoup sont libérés par la récitation individuelle
des instructions de « reconnaissance » (13). Ils n'ont
pas besoin, alors, d'assister au jugement à la cour du
Seigneur de la Mort. Sinon, celui-ci pèse leurs actes positifs
et négatifs, prononce le verdict de leur lieu de renaissance,
et après avoir écrit la sentence pour la durée
de leur existence, les y envoie.
Les êtres
neutres qui n'ont accumulé ni bien ni mal, ne naissent
nulle part, ne reprennent pas de corps ; leur conscience erre,
sans fin, de façon inconcevable. Ils peuvent paraître
semblables aux êtres nés dans les royaumes sans formes
mais ce ne sont pas les mêmes. Bien qu'inconscients, leur
continuum de conscience ne se réincarne pas pendant 80
000 kalpas ; alors, ils prennent un corps et errent une fois encore
dans le cycle des existences. Tous sont des êtres samsariques.
Ceux dont
on dit qu'ils sont passés au-delà de la souffrance
et qui ont atteint la libération sont de deux sortes :
les Sravakas et les Pratyékas Bouddhas. Puisqu'ils ont
complètement conquis toutes les émotions perturbatrices
dans le cours de leur vie, on les appelle Arhats (conquérant
de l'ennemi) et ils n'ont plus aucune cause de renaissance. Lorsque
vient pour eux le moment de quitter leur corps conditionné,
ils s'élèvent dans le ciel et accomplissent des
miracles : leur corps produit des flammes et des trombes d'eau,
le feu embrase leur cœur et consume leur cadavre, une pluie de
reliques tombe, des bols d'aumône et des robes monastiques
descendent du ciel. Leur esprit reste absorbe en l'état
de vacuité, et pendant 80 000 kalpas, ils ne reprennent
pas de corps.
Ils retrouvent ensuite la mémoire grâce aux rayons
lumineux émis par les Bouddhas qui viennent les toucher.
Ils développent la Bodhicitta, et l'on dit qu'ils cheminent
graduellement jusqu'à l'accomplissement de l'insurpassable
illumination, Ceci est appelé « Libération
» ou « Etat d'Arhat ».
Tous les Bouddhas
sont le même Dharmakaya. Bien que sans forme, couleur ou
substance, ils émanent des formes pour que 'les êtres
puissent rassembler les accumulations. Le tout pur Dordje Tchang
et Youm Tchenmo, tous les Bouddhas, sont les cinq Samboghakayas.
Les cinq skandas (14) parfaitement purifiés sont les cinq
familles de Bouddhas; La sagesse primordiale dans le courant de
chaque être est comme l'espace à l'intérieur
d'un vase ; ce n'est pas un petit espace séparé
du grand espace. Lorsque le vase se brise, l'espace intérieur
apparaît comme indissocié de l'espace extérieur,
sans aucune possibilité de division. De la même manière,
lorsque les êtres sensibles atteignent la Bouddhéité,
ils deviennent tous les Bouddhas et le Dharmakaya unique.
Bien qu'à
chaque fois un arc-en-ciel apparaisse pour chacun, l'essence des
cinq couleurs est une. De la même manière, tous les
Samboghakayas sont un dans l'essence des cinq familles. Par exemple,
si, dans la nuit dans un grand temple, une centaine ou un millier
de lampes à beurre brûlent en même temps, la
présence individuelle de chaque lampe à beurre est
un exemple du Nirmanakaya. Le fait que ces lumières se
fondent en la même lueur est un exemple du Samboghakaya.
Et te fait
que l'espace à l'intérieur du temple les contienne
toutes est un exemple du Dharmakaya. Ainsi, des êtres nouveaux
apparaissent constamment en nombre illimité, quand ils
atteignent l'état de Bouddha ils sont liés indissociablement.
Les Bouddhas et leurs Fils, bien qu'ayant déjà atteint
la Libération, se manifestent en des centaines de millions
d'émanations.
Une nuit sans
nuages est une image du Dharmakaya. La pleine lune qui s'élève
est une image du Samboghakaya. La présence sur la terre
de nombreux petits lacs d'eau claire est une image des êtres
à discipliner. Le reflet de la lune dans ces lacs est une
image des millions et millions de Nirmanakayas. Lorsque la forme
de la lune n'apparaît pas dans l'eau parce qu'elle est troublée,
c'est une image du parinirvana d'un corps d'émanation.
Son passage en l'au-delà de la souffrance, sa naissance,
sa vie, etc..., n'existe pas en réalité. Tout cela
n'est que le reflet de la façon de voir des disciples.
Pour les mêmes raisons, les enseignements apparaissent et
déclinent à certains moments. Cela dépend
de la somme de mérite accumulé par la multitude
des êtres.
Notes
1 - Vadjrakaya
; corps adamantin - Réalisation de la nature immuable,
indestructible.
2 - Mahamoudra et Dzoktchen : « Grand Sceau » et «
Grande Perfection », voies de réalisation ultime
dans les traditions Kagyupa et Nyingmapa.
3 - Kalpa ; éon, ou ère cosmique.
4 - Daka : celui qui va dans l'espace (skt) ou Pao : héros
(tib),
Aspect masculin qui manifeste une activité céleste
comme messager ou protecteur.
- Dakini ; aspect féminin personnifiant la Compassion,
la Vacuité et la Sagesse, l'aspect dynamique et ludique
de l'esprit dans l'espace primordial d'où s'élèvent
Samsara et Nirvana, Plus généralement, messagère
ou protectrice.
5 - Siddhi ; accomplissements. Ils sont de deux sortes. Ordinaires,
ils se rapportent à certaines facultés supra-normales
(clairvoyance...) mais ne sont pas forcément l'indice de
réalisation spirituelle. Suprêmes, ils se réfèrent
au suprême accomplissement, à la réalisation
du Parfait Etat de Bouddha.
- Siddha : accompli.
6 - Yidam : Divinité tutélaire ou de méditation.
C'est une émanation des Bouddhas, personnifiant leur nature
sous de multiples aspects, correspondant aux particularités
des êtres. Par la conjonction de sa méditation (sur
le yidam par le Corps, la Parole et l'Esprit) et de l'influence
spirituelle détenue par le yidam, le pratiquant accède
à la reconnaissance de la nature de Bouddha. Le yidam est
la source de tout accomplissement.
7 - Tsas et loungs : Canaux et Airs subtils.
8 - Référence aux 12 niveaux du Mahamoudra :
- non méditation
- libre de projections
- un seul point
- une seule saveur
Chacun divisé en supérieur, intermédiaire
et inférieur
9 - Toukdam ; désigne ici une forme de méditation
par laquelle est obtenue la stabilité de la phase de développement
de la méditation. L'esprit est uni à la divinité
de méditation.
10 - Naglam : chemin noir ; état d'inconscience expérimenté
entre la cessation de la respiration intérieure et l'apparition
du bardo du Dharmakaya.
11 - Yab-Youm : Père/Mère. Aspects masculins et
féminins des divinités tutélaires : l'aspect
masculin symbolise l'énergie éveillée, les
moyens habiles et la félicité, l'aspect féminin
symbolise la compassion, la vacuité et la sagesse. L'union
des deux représente l'état de non dualité
qui donne naissance à l'Eveil.
12 - Powa ; pratique de transfert du principe conscient.
Attention ; pour pouvoir accomplir la pratique du Powa pour quelqu'un
d'autre, il est impératif d'en avoir obtenu une parfaite
maîtrise, c'est-à-dire d'en avoir reçu l'autorisation
d'un lama qualifié. Sans quoi cela peut être nuisible
pour soi-même et pour la conscience du mort. C'est pourquoi
on demande généralement à un lama expérimenté
de procéder à la pratique pour qu'elle ait des chances
de succès.
13 - Détourner ; instructions de reconnaissance ; exhortations
faites à l'intention de la conscience dans l'état
intermédiaire pour l'amener à reconnaître
l'expérience et atteindre la libération. Voir le
« Livre des morts tibétains », Trungpa Rinpoché,
Ed. du Courrier au Livre.
14 - Skanda ; constituants psycho-physiques du corps humain :
1-la forme 2-la sensation 3-la perception 4-1'intellect 5-la conscience.