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Chant de Naropa,
père de la lignée
Le
samsara est un organe sensoriel par lequel l'on perçoit les fautes
d'autrui.
C'est un puits de braise insupportable,
C'est une matrice totalement obscure,
C'est un profond marécage empli des trois poisons,
C'est un effrayant ressac d'êtres damnés,
C'est un insecte recouvert de salive,
C'est une créature prise au piège,
C'est être plongé dans une fosse à purin,
C'est un animal à la poursuite d'un mirage,
C'est le filet du karma,
C'est une abeille prisonnière du miel,
C'est traire en vain la vache de la vie,
C'est être touché par l'ombre de la naissance et de la mort,
C'est un animal pris au filet,
C'est un chasseur dénué d'amour,
C'est une captivité sans fin,
C'est un chemin incertain longeant un précipice,
C'est une vaste prairie de dualité,
C'est la course de l'étalon aux huit dharmas mondains,
Un tambour perforé par une lance,
C'est une réjouissance semblable au fil de l'épée,
C'est un joug de bois mort gonflé d'eau,
C'est l'insaisissable reflet de la lune dans l'eau,
C'est une bulle d'air éphémère,
Une ride sur l'océan, de la vapeur d'eau,
Un serpent venimeux victorieux par la fascination qu'il exerce,
C'est le goût du miel sur le fil du rasoir,
C'est un arbre empoisonné au riche feuillage,
C'est le lancer d'une flèche empoisonnée par les émotions perturbatrices,
C'est un lieu plein de fautes, semblable à la tromperie du poison,
C'est le vent faisant vaciller la flamme d'une lampe,
C'est l'erreur, le rêve de grande béatitude,
La cascade du plaisir et de la mort,
Ce sont les émotions perturbatrices démoniaques nous guidant trompeusement,
Ayant médité
ainsi, comment n'irai-je pas à la recherche du Maître ?
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