| |
Lama Jigméla
LE
CHEMIN VERS L'ETHIQUE - Stage
ados avril 1999
- #2
La jalousie
L'attitude
juste vient de l'état d'esprit. Celui-ci doit être
fondé sur les deux bienfaits, le mien et celui des autres.
A partir de là, beaucoup de ressources sont disponibles
en nous. La jalousie est un autre élément important;
cest comme un terroriste qui détourne un avion. La
jalousie crée du "détournement de compréhension".
C'est une émotion qui dénature notre vision. Il
ne s'agit pas alors seulement du sentiment que l'autre a quelque
chose que l'on n'a pas et que l'on voudrait avoir. C'est aussi
une émotion qui teinte notre façon de réagir.
Nous ne sommes pas satisfaits de ce que nous avons, de ce que
nous faisons, nous détournons la réalité
à cause de notre manque de compréhension. C'est
dans de telles situations que la jalousie prend place. Une fois
qu'elle imprègne notre esprit, tout est faussé.
Nous comprenons mal les choses, nous ne les voyons pas telles
qu'elles sont, et nos réactions sont injustes. Il faut
être attentif à ne pas se laisser prendre par les
attitudes que génère la jalousie.
Evidemment, on ne voit pas tout d'un seul coup. Mais, dans la
vie quotidienne, on peut s'exercer. Par exemple, s'entraîner
à ne pas se laisser détourner par la jalousie. Au
fur et à mesure, il s'agit d'être de plus en plus
précis, de plus en plus profond, et on se rend compte alors
que tout cela fonctionne.
L'éthique
Quand on parle
des six paramitas, de l'éthique, on ne dit à aucun
moment "il faut", "il ne faut pas", "on
doit", "on ne peut pas". L'éthique, c'est
essayer de comprendre ce qui est nécessaire pour être
juste. Il y a une réflexion par laquelle il faut passer,
pour savoir exactement ce dont on a besoin pour soi et pour les
autres. Cela va s'acquérir peu à peu, et notre action
en devient alors l'expression. On va être l'expression de
cette attitude intérieure.
A aucun moment, on n'a dit, par exemple, qu'il ne fallait pas
mentir parce que c'est mal. L'approche consisterait plutôt
à voir dans notre quotidien l'effet des mensonges. Pourquoi
est-ce que je mens ? Pourquoi est-ce que je me trompe moi-même
? Pourquoi est-ce que je trompe les autres ? En réfléchissant
aux effets, on va se rendre compte qu'ils sont de deux types.
Si je commence à mentir, il va falloir que je continue,
que je m'enferme dans quelque chose.
Puis, il y a l'effet sur les autres: une parole peut avoir des
conséquences sur plusieurs personnes, il va y avoir une
réaction en chaîne, positive ou négative.
Il est important d'y réfléchir, car il y a un côté
séducteur dans le mensonge, dans la mesure où cela
facilite la situation, dans un premier temps. Par exemple, on
peut sortir plus facilement dans une soirée parce qu'on
n'a pas dit aux parents où l'on va. Mais, dans un deuxième
temps, les choses sont plus compliquées. La situation est
plus difficile. Si l'on ne réfléchit pas sur le
long terme, on peut croire que le mensonge ne cause pas de difficultés.
En réfléchissant par soi-même, on se
rend compte de l'attitude juste à avoir sans être
piégé par son ignorance ou par une solution (celle
de l'habitude ou de la croyance qu'on a : si je mens, tout ira
mieux). Si on réfléchit, on va se rendre compte
qu'il y a de nombreuses solutions possibles.
On parle des émotions, des v ceux, de soi et des autres.
Cela fait beaucoup de mots. Ces mots, on les retient, puis on
va y réfléchir. Ensuite, on va essayer de combiner
cela avec sa vie quotidienne, que ce soit au lycée, au
collège, avec les amis ou la famille. Puis, peu à
peu, cela va nous permettre de découvrir comment réagir.
Les conseils entendus à Dhagpo vont devenir comme une référence,
une idée qui va nous inspirer des solutions. Et les solutions
sont nombreuses. A chaque situation il peut y avoir des possibilités
différentes; c'est pour cela qu'il faut développer
un esprit positif et créatif. Positif, car l'esprit est
tourné vers soi et les autres, créatif, car il est
rempli de solutions. Aussi, il est nécessaire de faire
fonctionner la réflexion. Quand on se demande comment réagir
au mieux pour soi et pour les autres, beaucoup de solutions se
présentent.
Par exemple, lorsqu'on a un conflit avec son frère, sa
sur, ses parents ou des amis, il faut tout de suite se demander
ce qui est bon pour les deux. Comment résoudre la difficulté
de sorte que les deux s'y retrouvent ? C'est alors moins confus,
il y a moins d'émotions. Si on réagit uniquement
pour soi, on essaie de se protéger. La peur surgit, et
on agit de façon erronée. Cela augmente les émotions,
la souffrance, les conflits. On obtiendra alors le résultat
inverse de celui souhaité.
Par exemple,
votre mère peut dire des choses erronées. Plutôt
que de réagir par la colère, nous essayerons de
comprendre pourquoi elle a tort. Si c'est le cas, il faudra alors
lui expliquer pourquoi. Même si on n'explique rien, on peut
se demander comment l'aider. II s'agit de voir les deux: soi et
l'autre. En changeant d'attitude d'esprit, on n'est plus dans
le conflit, mais dans la recherche de solutions et de clarté.
D'abord, dites-vous : "reste calme" ; ensuite, demandez-vous
comment faire évoluer la situation, comment aider les deux
parties. Alors, on est plus ouvert, plus disponible. On trouve
en soi les réponses et on a l'attitude juste. Cela demande
un effort dans un premier temps, mais on verra très vite
que cela fonctionne et on aura envie de continuer. II faut accepter
que nous et les autres soyons imparfaits. Nous faisons des erreurs,
et, sachant cela, nous pouvons nous détendre. Si l'on part
du principe que rien n'est possible, on reste coincé dès
le départ. Si, au contraire, on se dit que tout est possible,
alors il est évident qu'il y a un potentiel et des possibilités
à portée de main. L'idée est de rester qui
l'on est tout en se laissant inspirer par les exemples autour
de soi. Alors, il n 'y a plus de place pour la jalousie. Souvent,
on veut être différent de ce que l'on est. Si on
s'inspire des autres, on fait siennes leurs qualités en
les digérant. Ainsi, copier les autres pour s'inspirer
prend un sens. Comprendre comment les choses se passent nous pacifie.
L'important, c'est d'atténuer la souffrance et l'insatisfaction.
|