Science de l'esprit  

AIDER LES MOURANTS #4
Comment venir en aide aux personnes qui vont mourir
Gyaltrul Rinpoché

Lorsque cette personne est un ami du dharma et qu'elle pratique avec nous, il existe des méthodes complémentaires qui peuvent être utilisées. Si la personne nia pas d'autel en face d'elle, il est bien d'en disposer un rapidement avec des offrandes, de manière à ce que cette personne soit en contact avec les trois Joyaux. Il est bon d'y placer des représentations des bouddhas, des bodhisattvas, ainsi que du maître avec lequel elle a pratiqué. Il est également très bénéfique de faire écouter à cette personne une cassette sur laquelle est enregistrée la récitation d'un rituel, ou de pratiques qu'elle a l'habitude de faire. On peut également lui rappeler certains enseignements, comme celui du processus de fonctionnement de l'esprit. Mais il faut faire soit l'un, soit l'autre; il ne faut pas en même temps mettre la cassette et parler.
Très important aussi est le respect que l'on développe auprès du mourant. Quoique l'on fasse, quoique l'on dise, il importe de toujours rester dans cette attitude de respect. Si l'on est en train de parler du fonctionnement de l'esprit, comme il était conseillé juste avant, il ne faut pas le faire avec une attitude d'enseignement, mais avec un grand respect, juste comme un rappel adressé au mourant.
Lorsque le moment véritable de la mort survient, il n'est pas bon de laisser la personne s'accrocher à la vie ou s'enfermer dans la souffrance. Quand il est inéluctable que la personne parte, qu'elle sente qu'elle peut le faire. Il arrive parfois qu'une personne qui devrait déjà physiquement être morte s'accroche désespérément à la vie, prolongeant ainsi une souffrance intense qui n'est pas nécessaire. Vient un temps où il est bon de franchir le cap et de quitter ce corps. Si quelqu'un a du mal à franchir ce cap, c'est sans doute parce qu'il demeure un attachement très fort à quelque chose de précis. Il est nécessaire d'aider la personne à s'en détacher, pour qu'elle puisse continuer son cheminement. Il est important de trouver la cause, objet ou personne, qui fait que le mourant s'accroche ainsi à la vie. On parle ici du moment où le mourant devrait normalement déjà être mort. Il faut alors lui dire qu'il est possible pour lui de partir, que tous les êtres autour de lui l'aiment beaucoup, et qu'ils ont très envie de continuer à lui prêter attention, mais qu'ils ne veulent pas non plus qu'il continue à souffrir de la sorte. On lui donne en quelque sorte la permission de quitter cette vie. C’est important, sinon il y a une souffrance qui risque de continuer outre mesure. Si lion découvre le dernier lien qui retient la personne à la vie et si cette personne est un pratiquant du dharma, peut-être pourrons-nous faire en sorte qu’elle comprenne que cette chose à laquelle elle s’attache doit être consacrée et dédiée à la pratique du dharma.
Tous ces conseils, ces moyens et ces méthodes qui font partie du dharma sont extrêmement utiles, sauf si lion se trouve auprès d’une personne qui a une répulsion vis-à-vis du dharma. Une fois que la personne a franchi le seuil de la mort, il est alors bénéfique, pour toute personne, de mettre en place les méthodes du dharma telles qu’elles sont décrites et enseignées. Cela est bénéfique non seulement pour les personnes qui sont proches du dharma, mais également pour celles qui n’ont pas de lien avec le dharma ou qui y sont opposées.
Lorsque des animaux sont en train de mourir, il est bon de leur réciter des mantras, notamment ceux d’Akshobya et d’Amitabha, ainsi que les différents noms du Bouddha.
On doit se rappeler qu’au moment de la mort et après la mort, il faut absolument éviter de dire des choses négatives sur le défunt, car cet esprit est très sensible avant et après la mort. Il est tout à fait conscient de ce qui est dit à son intention. Si donc on prononce des négativités à son égard, il développe beaucoup de colère, ce qui peut le projeter dans des situations très difficiles et douloureuses.
Lorsque le souffle extérieur s’arrête, il est alors nécessaire d’entreprendre la pratique de powa, ou transfert de conscience. Et au bout de trois jours et demi, on peut effectuer la pratique de Djang Tchok, un rituel spécifique pour les défunts.
Toutes les choses vertueuses qui pourront être consacrées aux mourants leur seront d’une grande aide. Si lion accomplit une action positive, il est excellent de la leur dédier. Pour résumer l'essentiel de l’aide que lion peut apporter à une personne qui va mourir, il s’agit de ne pas laisser la possibilité à cette personne de penser des choses négatives, de faire tout ce que lion peut pour éviter cela, et de contribuer au contraire à ce que l’esprit de cette personne soit le plus serein possible.

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