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AIDER LES
MOURANTS #5
Comment venir en aide aux personnes qui vont mourir
Gyaltrul Rinpoché
Questions-réponses
- Est-il
bénéfique de poser un autel dans la chambre d'un
mourant non bouddhiste ? Est-il
également bénéfique de lui faire écouter
des cassettes de puja ou de lui parler du dharma ?
-
Si le mourant n'a pas l'habitude du dharma, poser un autel dans
sa chambre le troublera peut-être, car cela ne lui est pas
familier; donc ce n'est pas vraiment nécessaire. Par contre,
il est excellent de faire écouter à ce mourant des
enseignements, notamment sur l'impermanence ou la réincarnation,
qui l'aideront à comprendre que tout être à
un certain moment termine sa vie. On pourra lui expliquer que
des êtres prient pour les mourants, afin que ce processus
se déroule de la façon la plus positive possible.
Tous ces enseignements peuvent être donnés au mourant
dans la mesure où celui-ci ne fait pas un rejet envers
la spiritualité ou envers le dharma.
- Quand
on se trouve auprès d'un mourant, il arrive que celui-ci
nous demande de prendre certaines responsabilités, lorsqu'il
ne sera plus là. Mais il est difficile de s'engager ainsi.
Quelle attitude adopter dans le cas où l'on pense ne pas
pouvoir faire face à ces responsabilités ? Vaut-il
mieux les accepter tout à sachant qu'on ne pourra pas les
assumer, ou bien les refuser ?
-
Cela dépend de la situation. Si le mourant a confiance
en nous, que c'est la raison pour laquelle il nous demande d'accepter
cette responsabilité et si nous sommes la seule personne
en qui il a confiance, c'est un cas. Si le mourant a confiance
en d'autres personnes, il est peut-être possible de répartir
les responsabilités ou au moins de faire comprendre que
l'on ne pourra pas forcément les prendre en charge. Mais
si l'on est la seule personne en qui le mourant ait confiance,
il vaut mieux accepter, car il a besoin d'amour et de compréhension.
Si l'on accepte sa requête, cela sera un soulagement pour
lui. C'est le principal.
Une
fois que la personne sera décédée et que
l'on devra faire face à ces responsabilités, on
fera du mieux que l'on pourra. Dans le futur, on trouvera peut-être
un juste milieu entre ce que l'on peut faire et ce qui nous a
été demandé. Ce qui importe, c'est d'accepter
et d'essayer de faire du mieux que l'on peut. Le fait d'accéder
à requête d'un mourant est un grand soulagement pour
lui et lui permet de partir détendu.
- Il
y a de plus en plus de gens accidentés et maintenus en
état de vie artificielle. On ne compte plus non plus les
dons d'organes et les problèmes qui les accompagnent. Dans
les hôpitaux, on est souvent confronté au problème
de l'euthanasie, pour éviter que les gens souffrent. Que
pense Rinpoché de tous ces problèmes et notamment
de l'euthanasie ?
-
Du point de vue du dharma, il n'est pas correct de prendre un
organe sur une personne morte sans qu'elle ait donné son
accord avant. La famille n'a aucune autorité pour ce choix
qui revient uniquement à la personne concernée.
D'autre part, il est bon de soutenir une personne médicalement,
en utilisant tous les moyens possibles, quand cette personne a
des chances de survivre. Mais s'il s'avère certain qu'elle
se trouve dans le processus de la mort, comme la mort est tout
à fait normale, il n'est pas nécessaire d'entretenir
cette personne outre mesure. Le point clé ici est de savoir
si la personne est véritablement engagée dans le
processus de mort ou pas. Si l'on arrête de donner des médicaments
à une personne vraiment engagée dans la mort, il
ny a pas de problème. Mais si l'on arrête de
soigner quelquun qui pourrait sien sortir, on commet une
action criminelle.
- Quand
le souffle intérieur vient à s'arrêter, quest-ce
qui survient pour un pratiquant et quest-ce qui arrive pour
un non pratiquant ?
- La
seconde période dite de coma est vécue par les gens
ordinaires comme une absence de perception. Cette période
est plus ou moins longue. Pour ceux qui pratiquent, elle est très
courte, car ces êtres passent beaucoup plus de temps dans
la phase dabsorption méditative, dans la phase de
luminosité.
- Quelle
posture adopter au moment de mourir ?
-
Pour celui qui ne pratique pas le dharma, il ny a pas de
règle à proprement parler. Pour un pratiquant moyen,
il est bon quil adopte la position couchée du Bouddha,
sur le flanc droit, faisant face à louest. Le pratiquant
de grande qualité peut quitter cette vie en demeurant dans
la posture de la méditation.
- Quand
on est face à des personnes âgées qui ne connaissent
pas le dharma, mais qui veulent connaître le point de vue
du bouddhisme sur la mort, quelles explications simples et claires
peut-on leur donner ?
-
Le principal est de parler à ces personnes de la continuité
de la vie et du fait qu'après la mort il y a une renaissance,
de leur dire que tout ne s'arrête pas au moment de la mort,
mais qu'au contraire les choses suivent leur cours selon un processus
de vies successives. Toutes les explications associées
à ce point de vue de continuité des naissances et
des renaissances sont bonnes à donner à ces personnes.
On peut aussi essayer de montrer que cette continuité n'est
pas simplement un postulat, mais qu'il s'agit d'une chose que
l'on peut observer. Par exemple, il n'est pas nécessaire
de montrer au nouveau-né comment s'allaiter : il se dirige
spontanément vers le sein de sa mère, ce qui prouve
qu'il y a expérience préalable. Tout n'a pas besoin
d'être enseigné, car il y a les fruits du passé.
Il est bien d'expliquer aussi que toute chose a une cause. S'il
n'y avait pas de causes, rien ne surviendrait. Même la naissance
d'un être est subordonnée à un ensemble de
causes préalables, antérieures à sa naissance.
Et si l'on analyse cette situation, la cause qui amène
à la naissance d'un enfant est le terme d'une vie antérieure.
C'est parce qu'une vie a cessé que cette continuité
se manifeste maintenant par une naissance. Il faut être
très attentif à la capacité de compréhension
et de réception des personnes en face de soi. Leur faculté
de compréhension dépendra en grande partie de l'ampleur
et de la profondeur des discours que l'on tiendra. Il ne s'agit
pas de noyer les gens dans des flots d'explications. Mieux vaut
être plus attentif à ce que les personnes peuvent
recevoir.
Il est bon également de leur parler d'Amitabha et de la
Terre pure de Déouatchène, du bienfait d'accomplir
une pratique simple du Bouddha Amitabha et de réciter son
mantra.
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