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AIDER LES
MOURANTS #6
Comment venir en aide aux personnes qui vont mourir
Gyaltrul Rinpoché
Questions-réponses
- Lorsqu'une
personne va mourir, est-il bénéfique de lui parler
de la vie éventuelle qu'elle reprendra dans tel ou tel
royaume ?
-
On ne sait absolument pas quel type de renaissance cette personne
aura. Il est donc difficile de lui en parler. Au moment de la
mort, il est sans doute préférable de focaliser
l'attention du mourant sur le fait de ne pas développer
de peur ni d'attachement par rapport aux expériences qu'
i va traverser juste après le passage de la mort. Il est
fort probable que, lors du bardo, la personne devra traverser
toutes sortes d'expériences. Le mieux est de la préparer
à faire face à ces expériences, en lui expliquant
qu'il ne faut se laisser emporter ni par la peur, ni par l'attachement.
Cela est sans doute beaucoup plus efficace que de parler d'une
vie future dans un contexte que l'on ne connaît pas.
- Ce
que vous avez expliqué est valable pour une mort progressive,
mais comment le processus se déroule-t-il à l'occasion
d'une mort brutale. D'autre part, y a-t-il une cause spécifique
au fait de mourir accidentellement ou en tout cas brutalement
?
-
Votre question est effectivement intéressante, car on est
en vie et, d'un seul coup, on se retrouve devant cette porte de
la mort en un laps de temps très court. Mais, du point
de vue bouddhiste, toutes les étapes décrites lorsqu'on
parlait d'une mort naturelle seront franchies l'une après
l'autre, d'une manière très rapide, mais effective.
L'aide que l'on peut apporter à une personne qui meurt
rapidement est différente, car on n'a pas le temps de préparer
la personne en développant de l'amour et de l'attention
à son égard. On ne peut pas non plus partager les
derniers instants ni préparer cette personne aux difficultés
qu'elle rencontrera. Mais on a toujours la possibilité
deffectuer la pratique de powa puisque, si le souffle extérieur
est arrêté brusquement par laccident, le souffle
intérieur, lui, continue. Il y a donc, à ce niveau,
une réelle possibilité daide. Tout le processus
est très rapide. Au lieu dexpérimenter les
phases préliminaires à la mort, la personne se retrouve
presque immédiatement face à des expériences
de lumières de différentes couleurs. Le processus
est identique, mais le départ est évidemment brusque
et rapide.
Quant à la cause dune mort subite, elle peut être
évidente ou pas. Souvent, derrière cela, il y a
beaucoup déléments dont on nia pas conscience;
c'est un système très complexe. Il y a peut-être
une cause évidente, celle de navoir pas suffisamment
prêté attention ou d'avoir omis quelque chose, qui
fait que lion se retrouve dans la situation de faire face à
la mort. Mais il existe aussi des causes cachées, tout
un mûrissement karmique qui s'opère. Il peut y avoir
également des esprits présents, qui font obstacle
à la poursuite de la vie que nous avons dans ce corps.
Il y a donc une cause évidente, plus toutes sortes de choses
en arrière-plan, dont il est difficile de parler du fait
même de leur complexité.
- Quelle
est la possibilité pour un animal d'obtenir une meilleure
renaissance après sa mort. Et comment pouvons-nous l'aider
dans cette perspective ?
-
On peut utiliser les mantras d'Amitabha, d'Akshobya, spécialement
quand le souffle intérieur nest pas encore terminé.
Sil est achevé, il est possible encore de réciter
des mantras et d'en dédier tous les mérites à
lanimal. Les animaux peuvent effectivement retrouver des
conditions de naissance plus favorables.
Conclusion
Pour ramener
à l'essentiel tout ce qui a été dit à
propos de la mort et de l'aide que l'on peut apporter aux mourants,
il faut se rendre compte que le moment de la mort est un moment
clé, un moment très puissant. Beaucoup de choses
découlent de la façon dont on aborde cet instant.
Même si l'on a, durant toute sa vie, effectué un
cheminement avec une pratique correcte, il y a de fortes chances
pour que notre esprit se dirige dans la mauvaise direction et
aille vers des royaumes inférieurs si, au moment de la
mort, on est emporté par des émotions ou des pensées
négatives, et cela se passera ainsi malgré tout
le potentiel positif que l'on aura pu accumuler durant sa vie.
La mort est donc un moment très important, qu'il ne faut
pas rater. A l'inverse, une personne qui n'a pas trop pratiqué
et a poursuivi une vie qui n'était pas très positive,
mais qui aborde le moment de la mort avec un esprit clair et détaché,
et a en même temps la chance d'entendre des enseignements
ou des mantras du Bouddha Amitabha, aura la possibilité
de prendre une direction bien meilleure que celle que sa vie courante
aurait dû l'amener à prendre. Elle pourra accéder
à une renaissance favorable, dans des conditions qui faciliteront
son cheminement. L'instant de la mort est donc un moment clé
qu'il ne faut pas manquer.
Mais il faut bien se rendre compte que le moment de la mort n'est
pas tout. Evidemment, lorsqu'on aborde mal cet instant, même
en ayant bien pratiqué toute sa vie, on peut renaître
dans des conditions difficiles. Néanmoins, tout le karma
positif accumulé dans la vie passée reste présent.
La nouvelle vie est donc difficile, mais un mûrissement
karmique positif s'effectue petit à petit et se fait jour
malgré tout. Il ne faut pas croire que c'est simplement
le choix que l'on fait au moment de la mort qui demeure. De la
même manière, si une personne a développé
une activité négative tout au long de sa vie et
qu'au moment de la mort elle se trouve dans un état d'esprit
détendu et favorable pour prendre une direction bénéfique,
elle sera toujours porteuse de son karma négatif, prêt
à mûrir à un moment ou à un autre.
Même si elle a repris naissance dans un milieu favorable,
elle aura tôt ou tard à expérimenter le fruit
de ses négativités. Mais, du fait de cette renaissance
favorable, elle aura beaucoup plus de chances de pouvoir purifier
ses négativités antérieures.
Pour résumer,
il est important de contribuer à ce que le mourant demeure
dans un état de pacification, à ce qu'en lui ne
s'élèvent pas d'émotions violentes, notamment
la colère. Il faut faire tout ce que l'on peut pour préserver
l'environnement du mourant et empêcher qu'il y ait de l'agitation
ou de l'inquiétude. Tout ce qui est étrange ou un
peu fort, par exemple une odeur trop forte, peut suffire à
irriter le mourant. Et, du fait de cette colère, on peut
l'entraîner dans des expériences difficiles à
affronter.
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