Science de l'esprit  

Du deuil psychologique au deuil spirituel #1

Lama Puntso et Christophe Fauré

Conférence du 25 janvier 2005 à Paris, Maison de la Chimie

Lama Puntso : La conférence de ce soir est organisée par L'Institut de Dhagpo Kagyu Ling. C'est un institut bouddhiste d'étude et de méditation reliée à une tradition tibétaine, qui déploie quatre types d'activité, bien sûr spirituelles, des enseignements bouddhistes y sont donnés, ainsi qu'un aspect culturel, il y a une bibliothèque particulièrement riche maintenant, cela fait plusieurs années que cette bibliothèque rassemble des textes de toutes les traditions bouddhistes, il y a une activité qui est centrée sur les questionnements de notre société, c'est ce qui fait que je me retrouve avec Christophe ce soir. Bouddhsime et éducation, bouddhisme et accompagnement, il y a également toute une activité avec les adolescents, une réflexion sur bouddhisme et psychothérapie, bref un champ de réflexion qui se fait et enfin une activité humanitaire avec une association qui s'appelle l'Ecole Dans le Ciel qui soutient des enfants au Ladakh dans l'élaboration d'un projet pédagogique et la construction d'une école. Donc cet institut déploie différentes activités, il est centré en Dordogne, entre Sarlat, Brive et Périgueux pour ceux qui connaissent, mais comme vous pouvez le constater ce soir, il déploie son activité un peu partout. Il y a quelques mois nous avons organisé une conférence avec Jigmé Rinpoché, le directeur spirituel de cet Institut, qui a fait une conférence sur le courage spirituel, il revient dans deux mois, le 29 mars pour enseigner sur la méditation et l'action, et d'autres conférences sont prévues.

Nous avons décidé de nous présenter bien que dans l'assemblée je connaisse beaucoup de personnes. Je suis lama Puntso, j'ai eu la chance de faire sept ans de retraite avec un maître qui est décédé, qui s'appelle Guendune Rinpoché, un vieux tibétain, maître de méditation, qui a passé toute la fin de sa vie, environ 20 ans, à transmettre aux occidentaux ce qu'il avait expérimenté. Il a fait de plusieurs occidentaux des lamas, c'est-à-dire des personnes qui sont à même de transmettre, à leur tour, l'enseignement du Bouddha. Cela fait vingt ans que je suis moine, je suis en charge de ce que nous appelons le département Echanges et Action, c'est tout le "bouddhisme et quelque chose..." Je ne sais pas si c'est comme cela qu'on se présente, mais je suis quelqu'un d'assez curieux, et j'ai beaucoup de plaisir, à chaque fois, de se faire rencontrer les différentes disciplines pour voir ce qu'il en sort, avec le risque peut être de trop de nouveauté, on prend le risque de mettre une tradition en question, mais si on ne fait pas cela, je crois que cette tradition risque de ne pas s'enraciner. Une tradition doit rencontrer la modernité du temps dans laquelle elle est , comme cela s'est passé lorsque le bouddhisme a quitté l'Inde et s'est retrouvé au Tibet. Vous savez qu'il y a autant de différence entre la culture de l'Inde et le Tibet, qu'entre la culture du Tibet et la notre. Donc, il y a là un défi et il y a des risques à prendre.

Christophe Fauré : Moi je suis le pendant laïc, je m'appelle Christophe Fauré, je suis psychiatre, et depuis plusieurs années je travaille dans le domaine des soins palliatifs, l'accompagnement de fin de vie, et également l'accompagnement du deuil, tant professionnellement que dans le cadre d'associations comme "Apprivoiser l'absence", "Vivre son deuil" et je trouve que c'est très important que l'on puisse avoir ce soir la possibilité de faire écho à ces différentes associations qui existent pour l'accompagnement du deuil, avec toutes les associations dont vous trouverez les brochures sur une table au fond de la salle.

LP : Vivre son deuil, Naître et Vivre, François-Xavier Bagnoud, Phare Enfants-Parents, JALMALV, les Pompes Funèbres Générales et l'association Semdrel, association bouddhiste d'accompagnement, nous sommes heureux que toutes ces gens qui sont sur le terrain de l'accompagnement puissent être là et partager ce qu'ils font et l'aide qu'ils peuvent apporter.

CF : c'est important de voir qu'il y a un psychiatre qui est là et un lama représentant d'une tradition spirituelle bouddhiste. J'ai parfois à côté de moi un prêtre et là il se trouve que ce n'est pas un prêtre mais un lama et donc les pluridisciplinaires, et l'important c'est de bien se positionner. Nous n'allons pas tenter de psychologiser la spiritualité ni tenter de spiritualiser la psychologie. Le propos n'est pas de faire un mélange des deux, ni une espèce de soupe un peu indigeste, c'est de bien délimiter les deux propos qui peuvent avoir des relais et des échos l'un l'autre, qui sont complémentaires, mais la fusion n'est pas du tout le propos recherché dans cette rencontre entre une tradition occidentale psy et une tradition spirituelle orientale.

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