| Le
Gyalwa Karmapa |
Tradition
et Actualité
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Activité
du 17ème Gyalwa Karmapa dans le monde
Quelle
est votre principale impression de l'Asie du sud-est ?
J'ai
été très impressionné par la profonde croyance qu'on les gens dans
les enseignements du Bouddha. Nous ne pouvons évidemment pas en
faire une généralité. Cependant, j'ai rencontré beaucoup de pratiquants
sincères, et beaucoup d'autres intéressés par le Dharma. Je suis
très heureux de cela, c'est agréable d'y repenser. Voilà ce qui
me revient principalement à l'esprit lorsque je pense à nouveau
à ce voyage.
Vous
avez déjà donné un grand nombre d'interview, autant pour la télévision
que pour la radio ou la presse écrite. Comment vivez vous cela ?
Les
interviews que j'ai données étaient à propos du bouddhisme. Depuis
que je suis le chef spirituel d'une des traditions majeures du bouddhisme
tibétain, j'ai été interrogé sur mes points de vue et mes activités.
Mon activité est d'enseigner le Dharma et, pour être en accord avec
cela, d'aider les gens. Les premières fois, je ne me sentais pas
vraiment à l'aise face aux caméras, mais je m'y suis peu à peu habitué.
À
certains endroits, vous étiez traité avec des honneurs très spéciaux,
presque comme un dieu, et non comme une personne normale. Comment
l'avez-vous ressenti ?
Il est totalement erroné de voir le lama comme une personne surhumaine.
Un lama est une personne qui montre le chemin vers l'éveil et c'est
tout. Il est simplement un enseignant. C'est identique avec les
Trois Joyaux: vous pouvez vous en remettre au Bouddha et à la Sangha
parce qu'ils sont allés au-delà de ce samsara; ils savent ce que
c'est et comment dépasser toute cette souffrance. Le Dharma est
le chemin vers ce but.
Ce
genre de traitement spécial que vous avez mentionné, je ne l'attend
vraiment pas et je ne le veux pas; ce n'est pas important pour moi.
La seule chose que je souhaite, c'est que les gens trouvent le bonheur
véritable. Et là, je ne parle pas seulement du bonheur dans ce monde
samsarique. Ce dont je parle, c'est du réel bonheur qui est atteint
dans l'état de libération. Moi-même, je poursuis une pratique spirituelle
afin d'être capable de guider les autres sur ce chemin. C'est pour
cette raison que je reçois l'enseignement de tous ces grands lamas,
ces enseignants et ces professeurs.
Comment
le Karmapa est-il reconnu ?
Les
deux principaux
détenteurs de la lignée karma kagyu sont les Karmapas à la coiffe
noire et les Karmapas à la coiffe rouge. Le premier fait référence
à ma propre lignée de réincarnation. Le dernier fait référence aux
Kunzig Shamarpas. Dans de nombreux cas, les Karmapas ont reconnu
respectivement le Shamarpa suivant et les Shamarpas, à leur tour,
le Karmapa suivant. C'est aussi ce qui s'est passé en ce qui concerne
ma reconnaissance : c'est le 14ème Kunzig Shamar Rinpoché qui a
confirmé que je suis l'incarnation du 16ème Karmapa.
Le
Dalaï-Lama ne vous a pas reconnu en tant que Karmapa. Une telle
reconnaissance est-elle importante pour vous ?
Le Dalaï-Lama est certainement un grand homme. L'école karma kagyu,
cependant, est une lignée indépendante et selon notre tradition,
les Karmapas doivent être confirmés au sein de cette lignée karma
kagyu et non par le Dalaï-Lama. Cela n'est pas nécessaire.
Quelle
est votre position concernant Urgyen Trinley ?
J'espère
qu'il pourra aider les gens en enseignant le bouddhisme.
Cela
signifie-t-il que vous ne voyez pas d'inconvénients à ce qu'il y
ait un autre Karmapa à côté de vous?
A
l'intérieur de la lignée, bien sûr, il ne peut y avoir qu'un Karmapa.
J'espère personnellement que ce sujet sera bientôt résolu.
Comment
cela va-t-il se passer de façon pratique maintenant qu'il y a deux
factions dans l'école karma kagyu ?
Qu'il
y ait une ou plusieurs communautés, là n'est pas la question. Ce
qui importe, c'est que chacun puisse bénéficier du dharma et pour
qu'il en soit ainsi, il est essentiel que les enseignements de la
lignée kagyupa soient préservés et transmis de façon authentique.
Ceux qui n'ont pas une compréhension suffisante du dharma pensent
en terme de division comme si l'école kagyupa était une institution.
Pour un pratiquant authentique du dharma, il n'existe rien d'autre
que le dharma.
Cette
interview a été faite et traduite du tibétain par Mag. Tina Draszczyk
(traductrice à l'Institut Bouddhiste International du Karmapa à
New Delhi, Inde).
La traduction en français a été réalisée par le bureau de presse
européen du Gyalwa Karmapa à Dhagpo Kagyu Ling, Dordogne, France.
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