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Gyalwa Karmapa |
Tradition
et Actualité
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Les lignées
d'incarnation dans la lignée Kagyu
L'origine
des lignées d'incarnations
Khenpo
Tcheudrack Rinpoché
Le
phénomène d'une lignée d'incarnations est basé
sur le principe bouddhiste de réincarnation.
Ce principe est accepté par tous les bouddhistes sans exception,
dans la mesure où c'est l'un des principes fondamentaux du
bouddhisme.
D'un
autre côté, le phénomène des lignées
d'incarnations détentrices de lignée n'a eu lieu qu'au
Tibet parmi tous les pays bouddhistes. Si l'on regarde de près
le processus, on se rend compte qu'un lama donné se réincarnera
automatiquement au sein d'une lignée ou d'un groupe de disciples
du précédent lama qui s'occuperont de son incarnation
et l'éduqueront.
Et au fur
et à mesure que cette incarnation grandira et mûrira,
elle guidera ces étudiants.
Si l'on se pose la question de savoir si le phénomène
des incarnations existe, depuis le début du bouddhisme
tibétain, la réponse est "non". Le bouddhisme est
arrivé au Tibet au septième siècle, et à
cette époque là il n'y avait pas encore de lignée
de ce type. En fait, cette tradition a émergé au
douzième siècle et commença avec le premier
Karmapa. Elle s'est largement répandue au Tibet, au travers
des siècles, à tel point qu'aujourd'hui on peut
parler de près de mille lignées d'incarnations.
Le processus
de recherche et d'identification d'une incarnation peut se faire
de trois manières.
Par la première, le lama laisse des instructions derrière
lui qui permettront de rechercher son incarnation et de la retrouver.
La seconde façon est différente : c'est un autre
lama qui, ayant atteint un haut niveau de réalisation,identifie
l'incarnation ; étant donné sa propre réalisation,
il a la capacité de le faire.
Enfin, il
y a la troisième approche selon laquelle on invoque les
protecteurs du dharma, grâce à qui on peut identifier
l'incarnation Si nous considérons la lignée des
Karmapa, la plupart d'entre eux ont laissé des instructions
permettant de retrouver et d'identifier leur incarnation.
Toutefois,
dans certains cas, il n'y a pas eu d'instructions laissées.
La
reconnaissance des Karmapa
Les
instructions laissées par les Karmapa sont aussi bien
orales qu'écrites.
Dans certains cas, ces instructions orales ou écrites
sont laissées à un disciple ou à un groupe
de disciples.
Considérant les seize Karmapa, nous pouvons nous rendre
compte que sept d'entre eux laissèrent des instructions
écrites, quatre des instructions orales, et cinq n'en
laissèrent aucune.
Lorsqu'un lama ou un maître bouddhiste identifie l'incarnation
d'un autre maître bouddhiste, cette capacité leur
vient de leur pratique du bouddhisme, de leur accomplissement,
ce qui fait du processus d'identification d'une incarnation
une pratique spirituelle. Celui qui est capable d'identifier
une réincarnation a donc obtenu cette capacité
grâce à sa mise en pratique des enseignements du
bouddha. Cela suppose d'autre part que la personne en question
a pratiqué de manière authentique et sincère
ces enseignements ; il en résulte alors l'acquisition
des qualités nécessaires à l'identification
d'une incarnation.
Encore une fois, le processus de recherche et d'identification
d'une réincarnation est une pratique spirituelle en tant
que telle. Ce n'est jamais un processus selon lequel on agirait
suivant un schéma pré-établi, ou selon
un plan d'action ordinaire.
Détenteur
de lignée et accomplissements
Les hiérarchies
religieuses dans le bouddhisme tibétain d'un côté
et les détenteurs de lignée de l'autre sont deux
choses complètement distinctes. Il y a un grand maître
bouddhiste et érudit qui s'appelle Golo Shon Pal que j'ai
choisi de citer, afin d'expliquer ce que signifie une lignée
détenue et préservée par des maîtres
sur la base de leur haut niveau de réalisation. Ce maître
bouddhiste dit qu'une personne devient détentrice de lignée
à partir du moment où, ayant pratiqué la
voie du dharma, elle atteint un haut niveau de réalisation.
Dans la lignée Karma Kagyu, le maître du troisième
Karmapa, Khédrub Urgyenpa, n'avait pas un statut religieux
élevé au sein de la hiérarchie du bouddhisme
tibétain ; il devint le lama du troisième Karmapa
parce qu'il avait atteint la réalisation. Khédrub
Urgyenpa était l'un des principaux disciples du deuxième
Karmapa, Karma Pakshi. Celui-ci l'a amené à la reconnaissance
de la vraie nature de la réalité, et il transmit
à son tour ces instructions au troisième Karmapa.
Pour comprendre la hiérarchie religieuse au sein du bouddhisme
tibétain et les différentes positions qu'elle implique,
il faut revenir au temps de l'empire Mongol, car c'est à
cette époque qu'a été établie cette
hiérarchie.
Un maître comme Milarépa n'avait aucune position
spécifique en termes de hiérarchie religieuse. Malgré
cela, il est l'un des détenteurs de la lignée Kagyu.
Toutefois, il existe toujours au sein de la lignée Kagyu
une hiérarchie religieuse avec les différentes positions
qu'elle entraîne. On n'octroie pas une place au sein de
la hiérarchie religieuse en fonction du haut niveau de
réalisation de quelqu'un, ni en raison de sa pratique ou
de son étude du bouddhisme.
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